12 septembre 2006
Dialogue avec Nolwenn
Segolene - Dialogue avec Nolwenn
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Ségolène Royal rend visite à Romano Prodi
Elle s'est entretenue avec le président du Conseil italien d'économie, d'énergie et des affaires européennes.
En visite en Italie, Ségolène Royal s'est entretenue mardi 12 septembre avec le président du Conseil italien Romano Prodi, avec qui elle a notamment parlé économie, énergie et affaires européennes.
La favorite à l'investiture du Parti socialiste pour l'élection présidentielle de 2007 en France a rencontré d'autres dirigeants de la coalition de centre-gauche au pouvoir, avant de s'entretenir en privé avec Romano Prodi lors d'un petit-déjeuner, selon le bureau du chef du gouvernement italien.
Selon Ségolène Royal, cette visite devrait l'aider à définir son programme en matière de politique étrangère avant son éventuelle investiture par le PS. Elle doit également se rendre à Bruxelles mercredi et à Madrid samedi.
Affaires européennes
Evoquant la nécessité de comprendre "tous les points de vue", elle a également expliqué que sa visite en Italie lui permettrait d'expliquer aux Français comment elle voit "l'avenir de l'Europe" et "le rôle de la France" sur la scène internationale.
Selon Ségolène Royal, ses entretiens avec Romano Prodi se sont concentrés sur l'économie, l'énergie et les affaires européennes. L'immigration et la sécurité de l'emploi étaient également à l'ordre du jour.
Les discussions ont également porté sur le projet de fusion entre Gaz de France (GDF) et la société Suez, qui ont décidé de s'allier en prévision d'une possible offre publique d'achat (OPA) de l'italien Enel sur Suez.
Ségolène Royal s'est déclarée favorable à des liens plus étroits entre entreprises françaises et italiennes pour créer des géants européens.
Unité de la gauche
Lundi soir, lors d'une visite à Pesaro, dans le nord-est de l'Italie, pour à la fête annuelle de l'Unita, Ségolène Royal avait salué l'unité de la gauche italienne. "Vous avez vaincu un empire médiatique, les financiers. Vous avez fait triompher la démocratie", a-t-elle déclaré devant 300 personnes, en présence de l'un des chefs de la gauche transalpine, Piero Fassino, secrétaire général de DS.
Elle a opposé le gouvernement Berlusconi, "aligné sur les Américains", au gouvernement Prodi qui "a su faire revenir l'Italie en Europe". "L'Italie s'est repositionnée au plan diplomatique d'une manière exceptionnelle, par le rôle qu'elle joue dans la Finul au Liban". "On a absolument besoin de l'Italie pour continuer à avancer en Europe", a poursuivi Ségolène Royal. (Avec AP)
Ségolène Royal, "comme une mère", corrige une jeune militante bretonne
LE MONDE | 11.09.06 | 14h30 • Mis à jour le 11.09.06 | 14h30
ur les bords de la Leita, près de Quimperlé (Finistère), la Fête de la rose, dimanche 10 septembre, s'achève sous un chaud soleil. Ségolène Royal est en pays sûr. Mais Nolwenn, 23 ans, quitte le pré le cœur gros. "Ce n'était peut-être pas nécessaire de m'humilier d'une façon aussi cassante", murmure cette militante du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), qui vient de recevoir, en public, une fessée.
C'est l'interpellation, au micro, de Nolwenn sur le "clivage gauche-droite essentiel pour gagner en 2007" qui a tout déclenché. "Pourquoi tu as un doute ? Vas-y... Dis ce que tu penses...", rétorque Mme Royal. La jeune femme répète sa question, mal assurée. "Mais vas-y..., la coupe la candidate. Aie le courage de tes opinions... Quand on est jeune, on peut tout se permettre... Pourquoi tu demandes au garçon qui est à côté de toi ? Tu es une femme, tu as ta liberté..." Nolwenn bredouille : "Tes positions sur la carte scolaire, les 35 heures..." "C'est trop général, ça... Tu es sûre qu'il n'y a pas les militaires ?", lui lance Mme Royal, tandis qu'une certaine gêne s'installe.
"Elle a raison, exulte Patrick Mennucci, qui organise les déplacements de la candidate. Le MJS, c'est l'école du vice, ils ne le referont plus !" "Sur la carte scolaire, c'est une vision de gauche que j'ai développée", finit par répondre Mme Royal. "Il ne suffit pas de s'autoproclamer à gauche pour gagner, ajoute-t-elle, En 2002, nous avons perdu au premier tour." Accusée d'avoir fuit le débat fin août à La Rochelle, devant les jeunes socialistes, elle a saisi l'occasion de régler des comptes avec le MJS, qui n'apprécie guère ses prises de position. "Je lui ai parlé comme une mère à un jeune...", assurait après coup Mme Royal, en promettant d'appeler Nolwenn. Lundi, Razzye Hammadi, président du MJS, a réagi avec colère : "Je ne censurerai pas mes camarades. (...) Ce sont des millions de Nolwenn qui ont fait reculer Villepin en 2006 et feront gagner la gauche en 2007."
Ce fut le grain de sable d'une belle journée que la candidate avait voulu placer sous le signe de "la réconciliation des Français et des entreprises". Mme Royal a plaidé pour aller "jusqu'au bout" de la décentralisation et transférer "toutes les aides économiques aux régions", un échelon qu'elle juge "indispensable" par rapport à la mondialisation.
I. M. (Quimperlé, envoyée spéciale)
Article paru dans l'édition du 12.09.06
