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23 septembre 2006

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Ségolène Royal et les journaux people


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"Il doit y aller au piolet"

NOUVELOBS.COM | 22.09.06 | 12:34

Par François Bazin,
journaliste au service
politique du Nouvel
Observateur

Lionel Jospin paraît décidé à se présenter aux primaires socialistes. Quelle tactique met-il en œuvre ?

- Claude Allègre, en effet, indique dans Le Nouvel Observateur que tout laisse penser que Lionel Jospin s’est lancé dans la course à la candidature. Mais pour affirmer que sa décision est prise, il faudrait être dans sa tête. Ce qui est certain, c’est qu’il n’est plus dans la disponibilité mais dans le désir fort.
Il fait le raisonnement selon lequel pour être élu, il faut par défintion être candidat. Il souhaite que sa candidature ait un sens. Or, il ne peut qu’observer la faiblesse de ses soutiens. Lionel Jospin n’a pas à ce jour créé de dynamique. Son raisonnement est le suivant: en un mois et demi de campagne, il peut démontrer que Ségolène Royal n’est que du vent et qu’il n’est pas dans la tradition du parti socialiste d’imposer à son organisation une créature médiatique, imposée par l’extérieur. Il pense qu’elle n’est pas à la hauteur.
Il croit à la politique à l’ancienne, à l’efficacité du débat qui va permettre de déchirer le rideau. Il compte, à l’issue du premier tour, mettre Ségolène Royal en ballotage et être ainsi le candidat anti Ségolène.


Comment expliquez-vous l’agressivité de Lionel Jospin, notamment vis-à-vis du premier secrétaire ?

- Ne faisons pas de psychologie. Il est obligé d’être agressif pour se créer un espace. Ses arguments sont frustres. Il doit y aller au piolet. L’opération est difficile. Il ne peut aller dans la bataille avec des pincettes. Il nourrit sans doute une certaine amertume vis-à-vis de François Hollande. Ce dernier ne lui a pas préparé le terrain. Au contraire, il a tenté de favoriser sa propre candidature. Il y a eu beaucoup de non-dits entre eux. Lionel Jospin n’imaginait pas qu’Hollande aurait la force de s’imposer et le premier secrétaire ne croyait pas au retour de l’ex-Premier ministre. Alors que Jospin voit en François Hollande un premier secrétaire délégué, celui-ci lui rétorque qu’il a été par quatre fois élu par les militants.

Disposant de faibles soutiens, Lionel Jospin, en se présentant ne prend-il pas un risque démesuré ?

- C’est peut-être pour cela qu’il hésite encore. Dans sa candidature, on peut voir soit la force de ses convictions et sa vitalité, soit de la déraison, une passion aveugle.
Il est persuadé de pouvoir inverser le rapport de force en sa faveur. Je pense qu’il sous-estime le phénomène Ségolène et qu’il surestime ses capacités.
Il espère que d’autres candidats se retireront de la course s’il se présente. Il serait en effet paradoxal qu’il ajoute sa candidature sur une liste qu’il estime trop longue. Depuis septembre, les sondages indiquent que rien ne bouge. Les jeux semblent faits. Lionel Jospin pense le contraire.

Propos recueillis par Bernard Javet
(le vendredi 22 septembre)

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