Désirs d'avenir UK - Ségolène Royal 2007

Le Blog d'Outre-Manche de soutien à Ségolène Royal

02 octobre 2006

Discours de Vitrolles: Déclaration de candidature


Segolene candidate - Vitrolles
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Jack Lang annoncera sa décision mardi

20060817L'ancien ministre attend de consulter la fédération socialiste du Pas-de-Calais avant d'officialiser sa candidature.

Jack Lang a annoncé dimanche 1er octobre qu'il officialiserait mardi matin sa décision quant à sa candidature à l'investiture du PS pour la présidentielle.
"J'officialiserai ma décision mardi", a dit l'ancien ministre sur Canal+. Alors que certains laissaient sous-entendre que l'ancien ministre de la Culture n'avait pas réuni les 30 parrainages des membres du conseil national nécessaires pour présenter sa candidature, Jack Lang a assuré sur Canal+ qu'il avait obtenu "la poignée" de parrainages qu'il lui manquait.
"J'ai rempli une première mission importante à mes yeux: obtenir que le premier secrétaire du PS François Hollande tienne l'engagement qu'il avait pris à l'égard des leaders: obtenir que des parrainages me soient accordés pour être en mesure d'être candidat", a expliqué le député PS du Pas-de-Calais.
Les parrainages obtenus, sa décision d'être candidat "n'est pas encore officielle". "Depuis (samedi), j'ai obtenu les parrainages (...) Maintenant, j'ai besoin de consulter mes amis du Pas-de-Calais", a expliqué Jack Lang.

"Mon seul adversaire, c'est Sarkozy"

"Ma décision est en voie d'être prise", a-t-il ajouté en précisant qu'il allait consulter les dirigeants de la fédération socialiste du Pas-de-Calais avant d'annoncer sa décision.
Le premier secrétaire de la fédération du Pas-de-Calais Serge Janquin, qui a apporté à Jack Lang son parrainage, note dans Le Journal du Dimanche que "Jack a fait une pré-campagne interne très digne. Mais je lui ai recommandé de prendre en compte le vote des militants du Pas-de-Calais, qui vont chercher à voter utile, avant de prendre sa décision. Ce serait fâcheux qu'il ne fasse pas un bon résultat dans sa circonscription".
Selon Jack Lang, "il peut le dire". Mais, "je n'ai aucun doute" sur le vote des militants du Pas-de-Calais. Et de marteler: "Ma volonté est d'être candidat, si je suis en pleine harmonie avec mes amis du Pas-de-Calais".
Interrogé sur un éventuel ralliement à un autre candidat, Jack Lang a précisé que pour l'instant, sa volonté, "c'est que la gauche gagne au mois de mai (...) Mon adversaire, ce n'est pas tel ou tel camarade (...) Mon seul adversaire, c'est Sarkozy, c'est la droite et je veux la battre par tous les moyens".

(Avec AP)

© Le Nouvel Observateur

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Officiellement candidate!

segocandidateSégolène Royal a officiellement annoncé vendredi soir sa candidature à l'investiture du Parti socialiste pour l'élection présidentielle, à l'occasion de son premier grand meeting de campagne à Vitrolles (Bouches-du-Rhône).

"Ici, au milieu des militants et des Français, je réponds à ta question avec simplicité, avec gravité aussi: consciente du poids des mots et de l'importance de l'acte, oui j'accepte d'assumer cette mission de conquête pour la France et les épreuves, dont je veux protéger ma famille, et donc de me présenter au vote des socialistes, puis je l'espère au jugement des Français en gagnant par le mérite leur confiance en avril 2007", a-t-elle répondu à une question posée par le président du conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini.

AP

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Après DSK, Ségolène Royal entre dans la danse de la candidature

«J'accepte cette mission de conquête», a-t-elle lancé depuis Vitrolles en officlalisant sa candidature à l'investiture socialiste à la présidence •

Par P.Q.

LIBERATION.FR : Vendredi 29 septembre 2006 - 20:49

C'était attendu. Comme annoncé par son entourage, Ségolène Royal a officialisé vendredi soir lors d'un meeting à Vitrolles sa candidateure à l'investiture socialiste pour la présidentielle de 2007.

«Ici, au milieu des militants et des Français, je réponds à ta question avec simplicité, avec gravité aussi: consciente du poids des mots et de l'importance de l'acte, oui j'accepte d'assumer cette mission de conquête pour la France et les épreuves, dont je veux protéger ma famille, et donc de me présenter au vote des socialistes, puis je l'espère au jugement des Français en gagnant par le mérite leur confiance en avril 2007», a-t-elle répondu à une question posée par le président du conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini

Auparavant c'est DSK qui avait fait la même chose.  «Je suis candidat. Aujourd'hui les choses commencent. Nous sortons du virtuel, nous rentrons dans le réel», a-t-il lancé depuis sa commune de Sarcelles, dans le Val d'Oise,

Ségolène Royal devrait l'imiter vendredi soir lors d'un meeting à Vitrolles (Bouches-du-Rhônes). Laurent Fabius attendra lui dimanche. Il se déclarera officiellement en marge du rendez-vous «Sauver la recherche» organisé ce week-end à Fleurance (Gers) où il a été invité avec d'autres présidentiables à s'exprimer.

Jack Lang, lui, poursuit pendant ce temps sa quête de parrainages: le député du Pas-de-Calais  n'a semble-t-il pas encore recueilli les 30 signatures de membres du conseil national nécessaires pour pouvoir se présenter. Le secrétaire national aux élections du PS, Bruno Le Roux, a annoncé vendredi en fin d'après midi que les quatre présidentiables auront les parrainages nécessaires, ce qui laisse entendre que Jack Lang pourra concourir. Les candidats ont jusqu'à mardi pour se déclarer.

Alors que le retrait de Lionel Jospin  favorise a priori la présidente de la région Poitou-Charentes, Dominique Strauss-Kahn a affirmé ce matin qu'il fallait «s'attendre à des surprises» et que «les choses ne sont pas jouées d'avance». Les sondages réalisés «des mois avant, ne donnent jamais le vainqueur», a observé celui qui s'assume depuis quelques semaines comme le candidat «social-démocrate» .

Tandis que Ségolène Royal reste en tête dans les enquêtes d'opinion et continue d'engranger des soutiens au sein du PS, DSK a «la conviction que les socialistes d'abord et les Français ensuite se rendront compte que je suis le meilleur rempart contre la politique de la droite». Son entourage plaidait il y a quelques semaines qu'il était le «meilleur candidat anti-Sarko».


http://www.liberation.fr/actualite/politiques/207584.FR.php

© Libération

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Candidate déclarée, Ségolène Royal exalte la nation

h_9_ill_818716_00970053LE MONDE | 30.09.06 | 14h22  •  Mis à jour le 30.09.06 | 14h22

VITROLLES (Bouches-du-Rhône) ENVOYÉE SPÉCIALE

mmobile, statufiée, "habitée" comme elle se décrit parfois, Ségolène Royal reste plantée à la tribune, sans mot dire, derrière son pupitre, pendant quatre minutes. Elle fixe la foule qui lui fait face avec ses panneaux "Pour nous, c'est elle", et ne sait pas trop en retour comment réagir.

Au terme de son discours, la présidente de la région Poitou-Charentes est devenue officiellement, vendredi 29 septembre, à Vitrolles (Bouches-du-Rhône), candidate à l'investiture présidentielle du PS pour 2007. "Avec simplicité, avec gravité aussi, consciente du poids des mots et de l'impact de l'acte, oui, j'accepte d'assumer cette mission de reconquête pour la France et les épreuves qui vont avec, et dont je veux protéger ma famille", a-t-elle lancé.

Une ovation l'interrompt. Elle reprend : "Oui, j'accepte d'assumer cette mission, et donc de me présenter au vote des militants, puis, je l'espère, au jugement des Français en gagnant par le mérite leur confiance en avril 2007."

Orchestre de la Banda du dock, écrans géants, la première grosse fédération ralliée à Mme Royal avait fait les choses pour bien accueillir le 38e déplacement, décisif, de la favorite des sondages depuis le début de sa précampagne commencée en février. Pendant trente-cinq minutes, devant quelque 1 800 militants et sympathisants et de nombreux élus locaux réunis dans la salle des fêtes d'une ville "symbole", reconquise par la gauche à l'automne 2002 sur l'extrême droite, elle s'est adressée aux "millions d'ouvriers, de salariés, d'employés et de petits commerçants", aux "anciens et aux jeunes" qui attendent un "vrai changement".

Tout au long de son discours, Mme Royal a exalté la nation et appelé à "refonder le pacte républicain". "Plus les insécurités quotidiennes et sociales et les précarités gagnent du terrain, a-t-elle déclaré, plus les Français ont mal à la France et plus ils s'inquiètent de la pérennité de la nation, moins ils sont portés à la vouloir généreuse avec les siens et hospitalière avec les autres."

"LE NATIONAL ET LE SOCIAL"

Elle poursuit : "Le drapeau tricolore et la sécurité sociale, l'emblème de la République et les outils de solidarité, voilà ce qui cimente en premier lieu l'appartenance commune (...). Car chez nous, on le sait, le national et le social marchent ensemble, et c'est l'Etat qui est garant de cette alliance."

Pour cette "nation remplissant son devoir", qu'elle appelle de ses voeux, "innovante et non pas bridée de trop de lourdeurs bureaucratiques", Mme Royal a soulevé la question de son identité, en appelant la France à "reconnaître tous ses enfants". "Jusqu'à quand parlera-t-on de deuxième, troisième, quatrième génération ? Jusqu'à quand parlera-t-on de Français de souche comme si les autres étaient de feuillage ou de branchage ?", s'est-elle exclamée.

L'éducation, "la réussite scolaire, la récompense de l'effort", la sécurité, avec le projet de proposer "aux jeunes qui dérapent autre chose que la prison pour les recadrer", font partie des priorités de Mme Royal, pour qui "être fidèle au patrimoine vivant des socialistes, c'est faire ce qu'ont fait nos prédécesseurs : inventer des droits nouveaux, des libertés nouvelles".

"Le socialisme, a-t-elle ajouté, ce n'est pas une momie enveloppée de bandelettes doctrinales. Nous avons des idées directrices, mais nous sommes un parti vivant."

Mme Royal a ensuite ouvert le chapitre de la France dans le monde. "Je m'oppose à une diplomatie rhétoricienne, sans crédit. Je veux une diplomatie de partenariat", a-t-elle souligné. "Dans un monde divisé, hanté, de Bagdad à Kaboul ou Guantanamo, par les conflits de civilisations", elle veut "mettre le développement, la santé, l'éducation au coeur de notre politique étrangère." Lundi, elle devrait rencontrer Nicolas Hulot pour parler de "l'excellence environnementale", citée dans sa "feuille de route".


Isabelle Mandraud


"DSK" : "Rien n'est joué"

A Sarcelles, Dominique Strauss-Kahn a annoncé, vendredi 29 septembre, sa candidature en présence d'une cinquantaine de personnes. Il s'est présenté comme "le meilleur rempart contre la droite". Malgré les sondages favorables à Ségolène Royal, il estime que "rien n'est joué". "Je ne vais pas lui faire peur, a-t-il assuré, et elle ne me fait pas peur. Tout commence." Cinq cents militants et élus du PS ont lancé un appel en sa faveur. M. Strauss-Kahn tiendra son premier grand meeting à Alfortville (Val-de-Marne) le 4 octobre.




Jack Lang ne sera pas "empêché" d'être candidat

"La question des parrainages (...) est réglée", a assuré, vendredi 29 septembre, Bruno Le Roux, secrétaire national du PS chargé des élections. La signature de 30 membres du conseil national ne peut "être, a-t-il expliqué, le prétexte à mettre à terre" l'un des candidats potentiels.

Si M. Lang ne les possédait donc pas encore, ces précieux sésames, "il les aura", a-t-il ajouté. L'ancien ministre, qui en appelait à François Hollande pour sortir de cette difficulté, en insistant sur les "engagements" pris à son égard par le premier secrétaire du PS, aurait aussi reçu le renfort de partisans de M. Jospin.

Après Dominique Strauss-Kahn, Ségolène Royal et Laurent Fabius, il serait le quatrième candidat à l'investiture du PS. Sa déclaration, a-t-il confirmé, devrait intervenir lundi 2 octobre. M. Hollande a, lui, annoncé, samedi, dans un entretien au Dauphiné libéré qu'il ne sera pas "un candidat de plus" à l'investiture. Il annoncera sa décision officiellement le 3 octobre.


Article paru dans l'édition du 01.10.06

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Vincent Peillon invite Jack Lang à abandonner

peillon2Le co-animateur du NPS, soutien affiché à Ségolène Royal, appelle l'ancien ministre de la Culture au "rassemblement" en renonçant à sa candidature.

"C'est le moment du rassemblement au PS". Invité sur Canal +, Vincent Peillon, partisan de Ségolène Royal, a invité implicitement Jack Lang à ne pas entrer en lice pour l'investiture, lundi 2 octobre.
Tout en soulignant "l'énergie" de l'ancien ministre de la Culture, " porte-parole dans beaucoup de campagnes" électorales", le co-animateur du Nouveau Parti socialiste (NPS) l'a présenté comme quelqu'un d'"utile collectivement". Mais il s'est dit "pas convaincu" du bien-fondé d'une candidature.
Jack Lang doit faire part de sa décision concernant sa candidature mardi. Dominique Strauss-Kahn, Ségolène Royal et Laurent Fabius ont déjà officiellement annoncé leur candidature.

"Pas une Bécassine de la politique"

En cas de désignation de Ségolène Royal, Vincent Peillon souhaite que François Hollande garde son poste de premier secrétaire du PS pendant la campagne présidentielle.
L'animateur du NPS a par ailleurs répliqué au jospiniste Claude Allègre qui avait affirmé que Ségolène Royal n'était "capable ni de gagner ni d'être président de la République".
"Elle est préparée (...) Ce n'est pas une Bécassine de la politique, c'est quelqu'un qui fait de la politique sérieusement depuis vingt ans", a plaidé Vincent Peillon, en observant que Claude Allègre, lui, n'avait jamais été devant le suffrage universel.
En outre, Nicolas Sarkozy va avoir un "vrai problème" face à Ségolène Royal, selon Vincent Peillon. "Je me demande comment Sarkozy va faire vis-à-vis de Ségolène Royal", a-t-il estimé.

© Le Nouvel Observateur

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Les sympathisants PS soutiennent Royal

La présidente de la région Poitou-Charentes est créditée de 49% des intentions de vote au premier tour de l'investiture.


Les sympathisants socialistes continuent de plébisciter de Ségolène Royal. La présidente de la région Poitou-Charentes est créditée de 49% des intentions de vote au premier tour de la primaire organisée par le PS pour désigner son candidat à l'élection présidentielle, selon un sondage IFOP paraissant dans Le Journal du Dimanche du 1er octobre.
Ségolène Royal, en baisse de deux points par rapport au précédent sondage réalisé du 31 août au 8 septembre par le même institut, devancerait Dominique Strauss-Kahn (14%, +4), Jack Lang (8%, +1), François Hollande (8%, +5), Bernard Kouchner (8%, +3) et Laurent Fabius (6%, +3). Un pour cent des personnes interrogées n'ont pas exprimé d'intention de vote. (AP)

Sondage réalisé le 28-29 septembre auprès d'un échantillon de 308 sympathisants du PS, issu d'un échantillon national de 961 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Ces chiffres doivent être interprétés avec précaution dans la mesure où seuls les adhérents du PS, et non l'ensemble des sympathisants, seront autorisés à participer au vote du 16 novembre.

© Le Nouvel Observateur

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Les nouveaux visages du parti socialiste

file_208002_37160Ils sont 89 000 à avoir adhéré au PS depuis six mois. Pour effacer le 21 avril et pour désigner le candidat à la présidentielle. Un afflux qui bouleverse déjà le parti.

Par Marie-Dominique ARRIGHI, Gilbert LAVAL, Salomé LEGRAND, Charlotte ROTMAN

QUOTIDIEN : Lundi 2 octobre 2006 - 06:00

à Toulouse

Combien sont-ils ? Près de 90 000. Pourquoi ont-ils adhéré ? Pour effacer le 21 avril 2002, barrer la route à Nicolas Sarkozy et gagner en 2007. Avec qui ? Ségolène Royal pour la plupart. Les nouveaux adhérents, qui ont rejoint le Parti socialiste via la campagne d'adhésion lancée sur l'Internet en mars, représentent un poids non négligeable dans la désignation du candidat socialiste à la présidentielle. Pour pouvoir voter les 16 et 23 novembre, ils ont dû rallier le PS avant le 1er juin. Au-delà de leur influence, ils sont le symbole d'un parti en pleine mutation (lire page 4), une formation dont le nombre de militants a toujours été ridiculement bas au regard des millions de voix qu'il rassemble dans les urnes, mais un parti qui tente, enfin, de se mettre à la page en ouvrant portes et fenêtres. Enquête.

Raz-de-marée. C'était jeudi soir dans le Xe arrondissement de Paris. La section locale fait salle comble. Trois cents militants l'an dernier, mille aujourd'hui. Les nouveaux ont répondu au courrier qui leur enjoignait de «se présenter» à cette réunion mensuelle de «débat sur l'actualité politique». Faute de quoi ils n'auraient pas le droit de voter le 16 novembre. Débat il y eut. Tant bien que mal. D'un côté, les vieux militants, plutôt tendance rocardienne reconvertie Strauss-Kahn, et donc favorables au «TSS», le «tout sauf Ségolène». De l'autre, les novices, «TSS» eux aussi, mais «tout sauf Sarkozy». Les premiers balisent le terrain en prenant d'emblée le micro. Comme s'ils étaient effrayés par le raz-de-marée. «Je regrette Jospin», commence une dame qui dénonce «l'intoxication des sondages». A quelques mètres, un participant souffle : «J'aurais jamais dû adhérer, je croyais qu'il y aurait un débat!» La dame poursuit son couplet anti-Ségolène Royal qui «n'est qu'une image». Applaudissements diffus. Halte-là ! Première règle : «On n'applaudit pas», notifie Rémi Féraud, secrétaire de section. Il devra le redire cinq, six fois, avant que l'assistance se fasse au B.A.BA du bon militant à l'écoute des camarades. Deuxième règle à intégrer fissa : ici, on tutoie. «Le quidam comme le ministre, tous au même plan», glisse une pimpante quadra à une jeunette qui la vouvoie. «Le débat, ce n'est pas d'abattre Ségolène, c'est d'abattre Sarkozy», lance Michel, nouveau et trentenaire. «Une popularité, c'est une chose, un mandat, c'en est une autre», réplique un vieux de la vieille.

Débordés. Autre lieu, même moeurs. Toujours à Paris, mais dans le XIVe arrondissement cette fois. D'habitude, seules les cinq premières rangées de chaises trouvent preneurs. Là, il y a du monde partout, devant la porte, sur les estrades. On a dû attendre pour émarger. Les militants qui «tiennent» la section sont débordés : «On pensait pas qu'il y aurait autant de monde.» La section est passée de 400 à 900 adhérents. L'AG a de quoi faire fuir tous les nouveaux. «C'était lamentable, rapporte l'un d'eux. Les gens qui ont pris la parole s'étaient inscrits à l'avance. Ils ne nous l'ont pas dit, mais c'était des leaders des grands courants. Des fabiusiens ont répété que les sondages se trompent...» «C'est pas comme ça qu'on va débattre», soupire une nouvelle à la sortie.

Elle, elle a eu envie de devenir adhérente après «les propos misogynes des éléphants du PS et de la classe politique contre Ségolène. Je me suis dit qu'il fallait la soutenir.» Mais, quand Ségolène Royal a prôné «l'encadrement militaire des jeunes délinquants», je me suis dit «c'est pas pour moi», explique-t-elle. Finalement, l'idée «de barrer la route à Laurent Fabius» a été plus forte. «Quand je me suis présentée en disant que je n'avais jamais voté PS au premier tour mais que j'étais traumatisée, responsable et coupable, et que j'avais décidé depuis le 21 avril 2002 de ne plus voter inutile, j'ai entendu quelqu'un glisser : "On va l'avoir à l'oeil."» Dans la section, il y avait, avant, 36 % de fabiusiens. Après la réunion, sur le trottoir, tous les nouveaux se sont fait alpaguer par les pro-Royal. «Ils étaient trois pour me parler», se souvient la nouvelle venue. Message : «J'espère que tu es pour Ségolène.»

Anciens. Beaucoup de nouveaux sont aussi... des anciens militants PS qui, «toujours sous le choc du 21 avril», sont revenus pour contrer «la menace Sarkozy». C'est le cas de Pierre, 50 ans, proviseur d'un lycée dans l'Aisne. Il a milité au PS de la fin des années 70 à 1985, puis «en a eu marre des histoires de tendances. Je m'y suis remis cette année, même si ça me démangeait depuis un moment. Je pense voter Ségolène, parce qu'il faut changer un peu tout ça, faire évoluer les discours habituels». Il ajoute : «J'ai toujours en tête que l'objectif est de gagner les élections. J'ai longtemps hésité entre Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn, mais je pense qu'elle est la mieux placée pour gagner.»

Ce souci pratique l'emportait aussi la semaine dernière à Colomiers (Haute-Garonne). A tous les âges. Des 22 ans de Caroline Bourdeu aux 73 de Jean-Claude Langourou, la préoccupation des nouveaux est bien de se donner les moyens de gagner la course présidentielle sans mégoter sur la couleur du cheval. «C'est un président qu'on va élire en 2007, pas un chef de parti», résume Marie-Hélène, 48 ans. Frédéric Mazères, 31 ans, confirme en creux. Il était partisan, lui, d'une candidature de François Hollande, puis, par défaut, de Lionel Jospin, «pour en finir avec la monarchie UMP». Ces derniers ayant disparu de la compétition interne, Frédéric Mazères dit ne pas savoir encore vers qui son choix se portera. «Mais je soutiendrai sans état d'âme le ou la candidate que le PS se sera donné, rayonne-t-il. Je ne supporte plus la politique de la droite.»

«Sans illusion». Chez l'étudiante en informatique, le retraité de chez Dassault, le cadre supérieur de la fonction publique ou le salarié de l'éducation populaire, la crainte de revivre 2002 en 2007 sert de moteur à l'engagement. Jean-Claude Langourou est venu «pour comprendre le fonctionnement de la machine, et comment l'échec de 2002 avait été possible». «Sans illusion», il n'a pas voté le projet socialiste soumis aux militants, mais il lui importe de choisir le candidat. Il aimerait que «Ségolène perdure» en tête des sondages. «Dans ce cas, je pourrais croire à une victoire.» Marie-Hélène est, elle, fatiguée de ne voir que «des hommes blancs» monopoliser les tribunes politiques. «Il faut choisir cette femme», insiste-t-elle. Cette nouvelle adhérente internaute qui n'a connu du militantisme que celui de son grand-père, membre du PCF dès 1939, s'était toujours dit qu'elle s'y mettrait à 50 ans, une fois les enfants élevés. «Et m'y voilà ! Avec deux ans d'avance», s'amuse-t-elle. Marie-Hélène se dit «extrêmement optimiste : on donne l'impression de se bagarrer».


http://www.liberation.fr/actualite/politiques/208002.FR.php

© Libération

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