03 octobre 2006
Montebourg invite Lang à rallier Royal
Le porte-parole de la candidate a invité Jack Lang à rejoindre l'équipe de campagne de Ségolène Royal.
Arnaud Montebourg a invité mardi 3 octobre Jack Lang, qui vient de se retirer de la course à l'investiture socialiste, à rejoindre l'équipe constituée autour de Ségolène Royal.
"Il devrait venir travailler avec nous", a estimé le porte-parole de la candidate sur LCI. Selon lui, après le retrait de Jack Lang, "c'est peut-être le moment de converger".
L'ancien ministre de la Culture "a une sagesse et une expérience qui ne se dément pas", a jugé Arnaud Montebourg. "Il a dans son bagage, dans son parcours, beaucoup de choses qui peuvent nous aider".
Ségolène Royal a d'ailleurs déjà "envoyé quelques signes" à Jack Lang, qu'elle a appelé au téléphone, a rapporté Arnaud Montebourg. Le député du Pas-de-Calais n'a pas précisé lequel des trois actuels candidats socialistes il soutiendrait.
Débat
Quant à Lionel Jospin, qui a lui aussi renoncé à briguer l'investiture socialiste tout en affirmant qu'il ne se rangerait pas derrière Ségolène Royal, il est nécessaire qu'il "nous aide à la victoire commune" plutôt que d'employer "des formules désagréables ou acides".
Arnaud Montebourg a par ailleurs affirmé que sa favorite "n'a jamais fui le débat" avec les socialistes, mais qu'elle estime "inutile" de débattre avec des gens avec qui elle est d'accord sur l'essentiel. Interrogé sur la faiblesse supposée de Ségolène Royal face à Nicolas Sarkozy, le très probable candidat de l'UMP, Arnaud Montebourg a assuré que "non seulement elle l'affrontera, mais je crois qu'elle en triomphera". (AP)
François Hollande : "Une candidature s'est incontestablement installée"
LE MONDE | 03.10.06 | 11h50
ourquoi avez-vous renoncé à être candidat ?
Comme premier secrétaire, j'ai toujours veillé au rassemblement des socialistes et je n'ai jamais confondu ma responsabilité à la tête du parti avec la préparation d'une candidature. Celle-ci n'avait de sens que si elle permettait le rassemblement de tous, car je suis au service du PS, et pas l'inverse. Mon seul objectif, c'est la victoire de la gauche en 2007, pas mon destin personnel.
Cette décision vous a coûté ?
Bien sûr qu'on pense toujours être le mieux qualifié, le plus légitime. Moi-même je pensais en avoir fait la démonstration pour avoir redressé le PS après le 21 avril 2002, gagné les élections régionales et européennes de 2004, réussi la synthèse autour du projet. Dès lors que d'autres solutions pouvaient se présenter et que je n'étais pas en situation d'être le candidat dans les conditions que je m'étais fixées, cette décision s'imposait. J'ai compris que mon rôle n'était pas d'être un de plus, mais celui qui devrait encore permettre le rassemblement des socialistes après leur vote le 16 novembre et, si c'est nécessaire, le 23. Ma mission sera, avec le ou la candidate, de conduire la gauche à la présidentielle, aux législatives, et de passer le moment venu la main comme premier secrétaire du PS.
N'aviez-vous pas votre légitimité de premier secrétaire ?
Le congrès du Mans aurait dû être le congrès d'investiture à la présidentielle à travers le choix du premier secrétaire. Mais, dès lors que ce congrès a été celui de la réconciliation nécessaire entre le"oui" et le "non" [à la Constitution européenne] au sein du PS, la question des candidatures a été laissée ouverte. La synthèse était à ce prix. J'observe que le seul premier secrétaire qui ait été investi comme candidat, c'est François Mitterrand, en 1974 puis en 1981. Il n'y a donc pas d'automatisme. Je pense néanmoins que le quinquennat nous oblige à changer nos procédures. La logique devrait être en effet que le congrès précédant l'élection soit celui de la désignation. Cela évitera à l'avenir cette interminable campagne interne.
Ségolène Royal avait dit que vous prendriez votre décision en couple. Cela a-t-il été le cas ?
Non et cela n'avait pas à l'être. Il y a eu des discussions, comme avec d'autres. Mais j'ai toujours considéré que nous devions, elle et moi, chacun agir en responsabilité et en liberté.
S'effacer au profit de sa compagne, c'est moderne ?
Je ne me suis jamais posé la question ainsi. Je me détermine en fonction de ce que je crois être l'intérêt général. Je n'ai jamais fait prévaloir un choix individuel ou personnel. Il n'y a là ni bravoure ni humilité.
Mais auriez-vous fait ce même choix si elle n'avait pas été en lice ?
Oui exactement le même. Il n'est pas lié aux personnes, mais au contexte. Une candidature s'est incontestablement installée.
C'est donc l'opinion qui a tranché ?
En démocratie elle compte forcément. A partir du moment où le Parti socialiste n'offrait pas une cohérence de candidature autour de son premier secrétaire, il était assez prévisible que ce que l'on appelle faussement l'opinion – c'est-à-dire nos sympathisants, nos militants – s'empare d'une personnalité correspondant à leur volonté de victoire. Paradoxalement, c'est la multiplication des candidatures qui a permis à l'une, moins prévue que d'autres, de surgir.
Cela affecte t-il la nature du Parti socialiste ?
Elle n'est pas en cause. Ce n'est pas parce qu'il y a 80 000 nouveaux adhérents que nous serions menacés de je ne sais quelle dérive. Ceux qui nous rejoignent sont depuis longtemps nos sympathisants, beaucoup nous ont suivi dans les campagnes électorales et certains ont eu le remords de ne pas l'avoir fait plus tôt. Ils appartiennent à notre culture politique. Il n'y a aucun risque quant à notre orientation. L'ouverture du Parti socialiste c'est sa chance. Non pas pour une candidature présupposée, mais pour un succès collectif en 2007. Je serai, comme premier secrétaire, le garant non seulement de l'unité des socialistes, mais de leur projet et de la ligne de leur parti.
C'est la date de clôture des candidatures. Appellez-vous au rassemblement derrière Ségolène Royal ?
Non. J'appellerai au rassemblement des socialistes derrière celui ou celle qui sera désigné. Je ne ferai pas connaître mon choix durant la période où les militants devront faire le leur. Et j'interviendrai comme premier secrétaire si l'essentiel me paraît en cause. Mon rôle, c'est d'être le garant de la clarté du débat et du respect : respect des candidats, du projet, des adhérents et, j'insiste, respect de leur vote. La démocratie ne doit pas être une procédure, mais une propulsion. J'ajoute qu'il n'y a pas trois socialismes en débat, mais trois conceptions de l'action politique. Les trois candidats en compétition ont siégé dans le même gouvernement, signé parfois les mêmes motions de congrès derrière moi, et ils ont approuvé le même projet. Le rassemblement, après le vote, en sera facilité.
Mais, dans la campagne, quel va être votre rôle ?
La référence, c'est celle de François Mitterrand en 1981. Le candidat peut avoir sa propre équipe, mais la définition stratégique de la campagne devra se faire autour du Parti socialiste pleinement impliqué dans la perspective du rassemblement de la gauche.
Si Ségolène Royal est désignée, ce ne sera pas la campagne des comités Désirs d'avenir ?
Non, dans l'intérêt même de la candidate si c'était elle qui était choisie. Le parti est une force majeure dont nul ne peut se passer et le projet socialiste n'est pas un boulet à traîner mais un atout pour convaincre. Celui ou celle qui l'oublierait commettrait une faute : rappelons que le premier tour est avant le second.
Les jeux seront-ils faits au soir du premier vote des militants, le 16 novembre ?
Le vote doit être clair, voilà ce que je demande.
Ne craignez-vous pas de disparaître en cas de victoire de Ségolène Royal ?
Je suis député depuis 1988 et maire depuis 2001. Ce seront les électeurs qui décideront de mon futur.
Propos recueillis par Isabelle Mandraud et Caroline Monnot
PS : Hollande commente la candidature de Ségolène
Pour le premier secrétaire du PS, "c'est la multiplication des candidatures qui a permis à l'une, moins prévue que d'autres, de surgir". Renoncer lui "a coûté".
François Hollande se confie un peu. Dans un entretien au Monde daté de mercredi 4 octobre, le premier secrétaire du PS revient sur sa décision de ne pas se porter candidat pour l'investiture socialiste à la présidentielle et observe que parmi les présidentiables socialistes, "une candidature s'est incontestablement installée" dans une allusion à celle de sa compagne Ségolène Royal.
"C'est la multiplication des candidatures qui a permis à l'une, moins prévue que d'autres, de surgir", ajoute François Hollande.
Alors que Ségolène Royal avait dit il y a un an qu'elle-même et François Hollande prendraient leur décision en couple, le premier secrétaire du PS précise que cela n'a pas été le cas. "Et cela n'avait pas à l'être", affirme-t-il.
"Il y a eu des discussions, comme avec d'autres. Mais j'ai toujours considéré que nous devions, elle et moi, chacun agir en responsabilité et en liberté", insiste François Hollande.
"On pense toujours être le mieux qualifié"
Le numéro un du PS précise qu'il ne fera "pas connaître (son) choix durant la période où les militants devront faire le leur", les 16 et éventuellement 23 novembre.
Il admet qu'avoir renoncé à se porter candidat lui "a coûté". "On pense toujours être le mieux qualifié, le plus légitime", dit-il en rappelant "avoir redressé le PS après le 21 avril 2002, gagné les élections régionales et européennes de 2004, réussi la synthèse autour du projet".
Il réaffirme que sa mission sera, "avec le ou la candidate, de conduire la gauche à la présidentielle, aux législatives, et de passer le moment venu la main comme premier secrétaire du PS".
"Mon seul objectif, c'est la victoire de la gauche en 2007, pas mon destin personnel", souligne-t-il.
Il suggère toutefois de modifier à l'avenir le processus de désignation du candidat socialiste. "La logique devrait être en effet que le Congrès précédant l'élection soit celui de la désignation" du candidat, pour éviter "cette interminable campagne interne".
"Le projet socialiste n'est pas un boulet"
Interrogé sur la campagne, il déclare que "le parti est une force majeure dont nul ne peut se passer" et que "le projet socialiste n'est pas un boulet à traîner mais un atout pour convaincre". "Celui ou celle qui l'oublierait commettrait une faute", selon lui.
"Le candidat peut avoir sa propre équipe, mais la définition stratégique de la campagne devra se faire autour du PS", prévient-il.
Investiture au PS :la course est lancée
NOUVELOBS.COM | 03.10.06 | 11:24![]()
Après l'abandon de Jack Lang, il reste trois candidats déclarés : Ségolène Royal, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn. Fin du dépôt des candidatures à 15h.
J ack Lang se retire de la course à la présidentielle. "Dans un esprit de discipline collective, je consens à accomplir ce sacrifice", a-t-il annoncé lundi 2 octobre au soir à quelques heures de l'expiration du délai pour le dépôt des candidatures à l'investiture socialiste.
L'ancien Premier ministre Lionel Jospin et le Premier secrétaire François Hollande ayant également renoncé à se présenter, les militants socialistes devront donc départager le 16 novembre prochain trois candidats à la candidature déclarés: Dominique Strauss-Kahn, Ségolène Royal et Laurent Fabius. Ils doivent déposer leur candidature officiellement d'ici mardi 15h, le bureau national du PS devant ensuite se réunir dans la soirée pour faire le décompte des 30 parrainages nécessaires pour valider leur candidature.
Jack Lang a expliqué sur TF1 avoir renoncé à la demande du Premier secrétaire du PS. "Ce matin encore, François Hollande m'a demandé explicitement de ne pas ajouter la division à la division en multipliant les candidatures", a-t-il expliqué. 
"Ma ligne de conduite, c'est d'assurer plus que jamais l'unité des socialistes, car il n'y aura de victoire qu'à travers un rassemblement des énergies et des capacités des uns et des autres".
"Amicalement"
"Il faut éviter toute forme de déchirement", a-t-il insisté, en se présentant en "serviteur de cette unité des socialistes". Jack Lang s'est défendu "d'obéir à une instruction, à une injonction". François Hollande "me l'a demandé à plusieurs reprises, amicalement, sans me donner aucun ordre".
Le député socialiste a refusé de préciser quel candidat à la candidature il pourrait désormais soutenir, préférant se "donne(r) un peu de temps". En tout état de cause, il choisira "celui d'entre nous qui incarnera le mieux une gauche authentiquement révolutionnaire". Car "plus que jamais je vais me battre, je serai en première ligne", a-t-il assuré. Et "je choisirai le moment venu celui qui me paraîtra le mieux incarner cet idéal de transformation".
"Mon obsession, la seule, c'est faire gagner la gauche en mai prochain", a-t-il affirmé, récusant le "tout sauf Ségolène" pratiqué par certains au PS.
Lui prône plutôt le "tout sauf la droite, tout sauf Sarkozy, tout sauf l'échec en mai prochain, tout pour gagner".
"Bon chiffre"
Jack Lang plafonnait à 8% d'intentions de vote des sympathisants socialistes dans les sondages et subissait de nombreuses pressions pour qu'il renonce à se présenter. "Je ne pense pas que Jack Lang ait vocation à représenter le Parti socialiste", avait ainsi estimé lundi matin le député PS Bruno Le Roux, proche du Premier secrétaire François Hollande. "Trois (candidats à la candidature), ça semble un bon chiffre", avait-il ajouté.
Le doute avait même plané sur sa capacité à réunir les 30 parrainages nécessaires. Dimanche, il avait toutefois assuré avoir obtenu "la poignée" de parrainages qu'il lui manquait.
En 1995 déjà, Jack Lang, après avoir songé à se porter candidat à la candidature pour la présidentielle, avait dû renoncer. Il s'était effacé avant le scrutin, cédant la place à Henri Emmanuelli et à Lionel Jospin. En 2001, il avait également renoncé in extremis à briguer la mairie de Paris, convoitée par Bertrand Delanoë. (AP)
