19 octobre 2006

Les candidats PS face aux militants

Après le débat télévisé, les trois présidentiables socialistes sont attendus à Clermont-Ferrand où ils devront débattre face aux adhérents et en l'absence de la presse.

Deux jours après une triangulaire télévisée inédite en France, les présidentiables socialistes se retrouvent jeudi 19 octobre au soir face aux militants, à Clermont-Ferrand, pour un débat presque aussi corseté.
Côté adhérents, la rencontre a été bâtie sur le modèle du "grand oral" de Lens, mi-septembre: un comparateur de programmes in vivo grâce à des interventions parallèles à la tribune mais aucune confrontation directe.
Pour la presse, le rendez-vous ressemblera à un Conseil national, le "Parlement" du PS, pendant lequel caméras, appareils photo et enregistreurs sont bannis de la salle des débats. But du jeu: éviter de fixer sur papier glacé tout dérapage éventuel.
Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn et Ségolène Royal ont rendez-vous à 20h30 à la Maison des Sports de Clermont-Ferrand, une salle qui peut accueillir jusqu'à 2.000 personnes devant qui ils disposeront successivement du même temps de parole.

Pas de thème précis

Contrairement aux trois vrais-faux débats télévisés, les trois rencontres régionales de la campagne interne - à Clermont-Ferrand puis à Paris et Toulouse - n'ont pas de thème précis.
Après un propos liminaire de 20 minutes à la tribune, qu'ils occuperont tour à tour, ils devraient répondre à trois questions chacun mais différentes. Leur ordre de passage sera tiré au sort.
La sélection parmi les questions soumises par les militants du Puy-de-Dôme fera l'objet d'une ultime réunion jeudi matin entre représentants de candidats.
C'est la garantie pour que l'exercice ne se transforme pas en "lynchage de l'un ou de l'autre", estime Pierre Savary, l'un des porte-parole de Ségolène Royal.
Malgré ce corsetage, le député européen parie que la rencontre sera "beaucoup moins formelle" que celle de mardi soir, les trois prétendants ayant "tout le loisir" selon lui pour "faire des digressions".

"Plus vivant et plus libre

Le premier secrétaire fédéral du Puy-de-Dôme promet également une soirée "plus vivante et plus libre" que la retransmission télévisée.
"Quand vous êtes sur une tribune et pas un plateau, vous pouvez chercher et trouver l'approbation de la salle", explique Pierre Sabatier, à la tête d'une fédération forte de quelque 2.800 militants.
L'an dernier, à l'occasion du congrès du Mans, les adhérents avaient voté à 44% pour le programme défendu par le courant majoritaire dirigée par François Hollande, auquel appartenaient Dominique Strauss-Kahn et Ségolène Royal.
Un peu plus de 38% s'étaient portés sur la "motion" présentée par Laurent Fabius, soit presque le double du score national de l'ancien Premier ministre (21%). Le Nouveau Parti socialiste (NPS) avait recueilli 15% des voix contre 23 au niveau national.

"Beaucoup d'inconnues"

S'il soutient Laurent Fabius, Pierre Sabatier estime que "les jeux ne sont pas faits" dans le Puy-de-Dôme, qu'il décrit surtout comme une "vraie fédération mitterrandienne".
"Il reste beaucoup d'inconnues. Les militants attendent des clarifications pour faire leur choix", assure-t-il pour tordre le cou aux récriminations des "Ségolénistes" qui dénoncent trois débats régionaux organisés dans des "fiefs".
Clermont serait à leurs yeux acquise à la cause de Laurent Fabius, Paris à Dominique Strauss-Kahn et Toulouse bénéficierait d'une forte influence jospinienne.
Aucun des trois présidentiables n'a prévu de rester à Clermont-Ferrand après le débat jeudi soir. Les proches de Ségolène Royal rapportent que la présidente de Poitou-Charentes n'entend pas "sacrifier sa région" à cause d'un "nombre excessif de débats". (Reuters)

© Le Nouvel Observateur

Posté par Didier Delsol à 13:50 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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