20 octobre 2006

Le PS à Clermont ferraille

file_211884_47350Après le débat télévisé de mardi, les trois postulants à l'investiture pour 2007 se sont retrouvés hier soir face aux militants d'Auvergne.

Par David REVAULT D'ALLONNES

QUOTIDIEN : Vendredi 20 octobre 2006 - 06:00

Clermont-Ferrand envoyé spécial

Le «socialo show» s'est arrêté dans le Puy-de-Dôme. Quarante-huit heures après s'être confrontés sur les chaînes parlementaires, les trois prétendants socialistes à l'investiture s'offraient, hier, aux militants de la région Auvergne, venus ­ officiellement à 3000 ­ à la Maison des sports de Clermont pour le premier des trois débats régionaux face aux militants. Entre les représentants des concurrents, la négociation préparatoire à ce «débat régional d'investiture» fut nettement moins épineuse que celle précédant le premier débat télé. Mais la séance se rapprocha davantage d'un cérémonial à l'albanaise adapté au pays de Michelin que d'un libre-échange total entre camarades. Ni caméras ni appareils photo (hormis pour une séance de pose de trois minutes). Un quart d'heure de présentation par candidat, puis trois questions pour chacun, posées par des militants triés sur le volet. Les trois compétiteurs sont rentrés groupés, sur une musique electro. Ségolène Royal, première oratrice, a centré le renouveau sur sa personne. «La politique moderne, c'est d'abord écouter pour agir juste. 2007 sera aussi une révolution démocratique», a-t-elle entamé. Avant de rappeler que, sondages obligent, elle semble la mieux placée pour gagner, atout maître aux yeux de militants qui nourrissent «une farouche envie de battre la droite». «Combattre sans relâche les inégalités» et les «excès de la mondialisation libérale et financière», fustiger un «système bancaire qui s'enrichit sur le dos de pauvres pour pouvoir redistribuer aux riches» : face aux militants, Ségolène Royal a soigné le profil gauche. Non sans glisser, à l'adresse de Laurent Fabius, la nécessité d' «accomplir ce que les socialistes ont toujours promis mais jamais vraiment réalisé : changer le rapport de force entre capital et travail».

Des terres où la candidate ne s'était pas aventurée aussi franchement lors du débat de mardi, et sur lesquelles Dominique Strauss-Kahn a semblé lui aussi chasser. Citant Malraux : «La France est grande quand elle parle à tous les hommes.» Prenant le parti des immigrés «pourchassés, poursuivis, mis de côté parce que la couleur de leur peau n'est pas la couleur dominante de notre pays». Un DSK social et égalitariste, donc, qui, fort de son expérience sarcelloise, l'assure : «Il faut que la République revienne dans les cités, qu'elle y apporte l'égalité. Il faut plus que de l'argent, il faut du respect.»

L'argent, il en fut évidemment question dans l'intervention de Laurent Fabius tonnant contre ce «capitalisme, financier, mondial, en train de tout envahir». Et qui, face à ces incursions, a rendu coup pour coup. Côté DSK : «Je suis pour le contrat, mais je demande qu'avec la même force l'Etat intervienne pour le gouvernement de la gauche.» Côté Ségolène Royal, ensuite : «La politique de l'immigration et les universités n'ont aucun besoin d'être régionalisées.» Et de conclure, habilement : «La seule force que nous ayons avec nous, c'est vous, les militants.» Pour leur plus grand plaisir politique.


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Posté par Didier Delsol à 06:01 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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