20 octobre 2006

Ségolène Royal dresse un bilan mitigé des 35 heures

LEMONDE.FR Avec Reuters | 05.06.06 | 09h29  •  Mis à jour le 20.10.06 | 10h31

près son pavé dans la mare sur le thème de la sécurité, Ségolène Royal dresse un bilan mitigé de la semaine de 35 heures, mesure phare du gouvernement de "gauche plurielle" de Lionel Jospin et sujet tabou au Parti socialiste.

Dans le chapitre 2 du "livre en ligne" qu'elle publie sur son site Internet, "Désirs d'avenir", la députée socialiste estime que "la répartition de l'effort et des avantages" liés aux 35 heures "a été fortement inégalitaire". La contrepartie de cette réduction du temps de travail a été "un spectaculaire assouplissement du droit du travail (...) et une flexibilité accrue (annualisation, réduction des délais de prévenance, etc.)", écrit Ségolène Royal, aujourd'hui favorite des sondages dans la course à l'investiture socialiste pour l'élection présidentielle de 2007.

La réduction de la semaine de travail, officiellement de quatre heures, s'est en fait "bornée en moyenne à 2 h 30, voire 1 h 30 pour les ouvrières du textile", poursuit la compagne du premier secrétaire du PS, François Hollande. "La proportion des salariés en horaires flexibles est passée de 10 % à 40 %, soit plus que les salariés américains", souligne-t-elle. "Pour ceux-là, les rythmes de travail ont été intensifiés, les amplitudes horaires étendues et la segmentation de la journée de travail accentuée." C'est essentiellement au bas de l'échelle des qualifications et des statuts que la flexibilité a été accentuée, constate la présidente de Poitou-Charentes.

"RÉSULTAT NON VOULU"

Elle cite l'exemple du groupe de pneumatiques Michelin, où "les cadres ont bénéficié de jours de congé supplémentaires et les ouvriers sont venus travailler le samedi". La semaine de 35 heures a ainsi abouti, selon elle, à un résultat "non voulu" : "Une dégradation de la situation des plus fragiles, notamment les femmes ayant des emplois peu qualifiés, pour lesquelles la flexibilité s'est traduite par un empiètement accru sur leur vie personnelle et familiale, alors que les femmes cadres y ont trouvé, elles, des jours de respiration bienvenus."

"Malgré l'intensification du travail et du stress, malgré la difficulté à joindre les deux bouts pour ceux qui s'en sortaient en cumulant les heures supplémentaires, l'appréciation globale des 35 heures par les salariés reste positive", note cependant Ségolène Royal. "Sans doute parce que le désir est fort d'avoir un peu de temps pour soi ou pour sa famille (...) et parce que l'espoir de créations d'emploi était largement partagé." Enfin, l'ancienne ministre de Lionel Jospin estime que la loi Fillon, votée par la droite pour assouplir les 35 heures, a en réalité "figé les inégalités et cassé la dynamique de création d'emplois", objectif initial de la réduction du temps de travail."En termes de qualité de vie au travail, les résultats des 35 heures sont donc mitigés", conclut-elle.

Posté par Didier Delsol à 10:39 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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