23 août 2006
Les "éléphants" du PS lancent la bataille sur le projet
LE MONDE | 23.08.06 | 13h29 • Mis à jour le 23.08.06 | 13h29
ne nouvelle fois, François Hollande est intervenu pour rappeler à l'ordre des dirigeants socialistes énervés par la course à l'investiture pour l'élection présidentielle de 2007. Le premier secrétaire du PS a réclamé, mardi 22 août, lors du bureau national du parti, le "respect du calendrier, respect des militants et de leur choix, et respect des personnes, sans dénigrement, sans abaissement et sans disqualification". Alors que s'ouvre, vendredi 25 août, l'université d'été du PS à La Rochelle (Charente-Maritime) "regardée par les Français", M. Hollande a rappelé, aussi, que "le rassemblement des socialistes est la condition de la victoire" en 2007.
"Ce qui m'intéresse, c'est les positions de fond", a asséné Laurent Fabius, invité du journal télévisé de TF1, mardi soir. "J'en ai un peu assez, a-t-il ajouté, de ces généralités parfois sympathiques, parfois antipathiques." Pour appuyer son propos, l'ancien premier ministre rend public, mercredi, une liste de "sept engagements". Ainsi, le smic serait-il augmenté dès 2007 de cent euros en cas de victoire de la gauche. En contrepartie, les cotisations sociales des entreprises de moins de 50 salariés seraient allégées. M. Fabius promet également la création d'une "prime de transport" pour les salariés, afin de compenser la hausse du prix des carburants et la suppression des stock-options "qui ont donné lieu à beaucoup d'abus de la part de certains dirigeants", sauf pour les nouvelles entreprises pendant leurs cinq premières années. Parmi les autres engagements, figurent la création d'un poste de ministre d'Etat ou de vice-premier ministre chargé du développement durable, l'instauration d'une "concertation sociale obligatoire avant l'examen de toute loi portant sur les principes fondamentaux du code du travail et de la Sécurité sociale", ou bien encore le principe d'une défense européenne proposé aux autres Etats membres de l'Union. Confronté à des sondages qui le placent en très mauvaise position - derrière José Bové selon une enquête à paraître dans Le Nouvel Observateur -, M. Fabius se débat.
De son côté, Jack Lang multiplie les initiatives. Mardi, il a rendu visite aux personnes expulsées du squat de Cachan (Val-de-Marne), avant de lancer, le soir, sur France 2, un "SOS écoles de la République en danger". "Nous devons nous mobiliser (...) La rentrée scolaire se présente sous les pires auspices, a affirmé l'ancien ministre de l'éducation. Pour tous les enfants, 130 000 postes par rapport à la rentrée 2002 manqueront au rendez-vous, il y aura de grandes difficultés dans les collèges en particulier et dans les lycées." M. Lang publie aussi un livre Faire la révolution fiscale (Plon, 19, 90 euros).
Dominique Strauss-Kahn n'est pas en reste. Dans une tribune publiée ce mercredi dans nos colonnes, l'ancien ministre des finances lance des pistes d'action publique : préparer l'après-pétrole, combattre l'alimentation "malsaine", concevoir une "politique d'immigration positive" et réformer les institutions d'une "démocratie malade".
"L'action politique retrouve son sens à condition que nous nous débarrassions d'un populisme qui nourrit sa domination de nos échecs", écrit M. Strauss-Kahn. Le prochain président de la République, ajoute-t-il, "pour réussir face aux nationalismes qui s'exacerbent et au capitalisme qui se dévoie, aura besoin de l'Europe. Il y aura donc besoin de faire l'Europe".
Tous ces candidats à la candidature, y compris Lionel Jospin, toujours "disponible", se confronteront devant les militants à La Rochelle, du 24 au 27 août, à l'invitation des jeunes socialistes.
Isabelle Mandraud
Article paru dans l'édition du 24.08.06
François Hollande tente de ramener le calme au sein du PS
LEMONDE.FR | 23.08.06 | 09h14 • Mis à jour le 23.08.06 | 09h14
trois jours de l'université d'été du Parti socialiste, qui se tiendra à La Rochelle du 25 au 27 août, les rivalités sont plus âpres que jamais au sein du PS en vue de la désignation du candidat socialiste à la
présidentielle de 2007. A tel point que le premier secrétaire du parti, François Hollande, s'est vu contraint de lancer un rappel à l'ordre:"Le débat sur les candidatures doit se faire [...] dans le respect des militants et du choix des militants" et dans le "respect des personnes : chacun a le droit d'exprimer ses préférences, mais sans dénigrement, abaissement ou disqualification", a déclaré M. Hollande devant le bureau national du PS réuni, mardi 22 août, dans la soirée.
Michèle Sabban, vice-présidente de la région Ile-de-France, proche de Dominique Strauss-Kahn, avait regretté lundi le "silence troublant" de François Hollande, dont la position est particulièrement inconfortable puisqu'il porte la triple casquette de premier secrétaire, compagnon de Ségolène Royal et candidat plausible.
JACK ET DOMINIQUE : "PLUS QUE JAMAIS" CANDIDATS
Pour l'heure, la pression de François Rebsamen semble avoir eu l'effet inverse de ce qu'il recherchait et a attisé la volonté des autres postulants à se maintenir coûte que coûte : ainsi, Jack Lang s'est dit "plus que jamais candidat".
Quant à Dominique Strauss-Kahn, il a, selon le député européen Pierre Moscovici, "le bon profil de président" pour 2007. Dans un entretien au Parisien daté du 23 août, l'ancien ministre des affaires européennes déclare que Strauss-Kahn "est le meilleur candidat anti-sarkoziste, capable d'opposer à la rupture libérale un nouveau compromis entre justice sociale et efficacité économique et d'inspirer une société de confiance".
"Il n'y a pas, comme aux Etats-Unis, de ticket possible président/vice-président", poursuit Pierre Moscovici. "C'est bien à la fonction présidentielle que Strauss-Kahn est candidat. A rien d'autre." Dominique Strauss-Kahn devrait déposer sa candidature devant les militants socialistes le 28 septembre, "sans attendre la fin de la période de dépôt des candidatures" prévue le 3 octobre, annonce Moscovici, avant de conclure :"Ce dont notre parti a besoin, ce n'est pas d'une sélection prématurée sur des critères d'opinion mais d'un véritable débat politique."
FABIUS ET JOSPIN MONTENT AU CRÉNEAU
Laurent Fabius, invité au 20 heures de TF1 mardi 22 août, a commencé à dévoiler sept propositions "de fond" de sa candidature, promettant notamment d'augmenter le smic de 100 euros par mois dès son éventuelle arrivée au pouvoir. "Ce qui m'intéresse, c'est les positions de fond [...] parce que j'en ai un petit peu assez de ces généralités, parfois sympathiques, parfois antipathiques", a expliqué tout sourire Laurent Fabius. Une manière de critiquer Ségolène Royal, à qui certains reprochent de ne pas détailler son projet.
Lionel Jospin, de son côté, s'est déclaré "disponible", lundi, à l'occasion d'un déplacement à Santander en Espagne. Il rejette implicitement la place d'héritière de François Mitterrand revendiquée par Ségolène Royal dans son discours dimanche à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire). "François Mitterrand a participé à tous les combats, tous les débats de la gauche, il n'était pas le leader parce que cela lui avait été confié religieusement... Il considérait le parti comme essentiel", explique l'ancien premier ministre.
LES CARTES SONT SUR LA TABLE
Pour Lionel Jospin, les cartes sont déjà sur la table et ce ne sont pas les débats internes ou publics, revendiqués par des postulants, qui vont modifier la donne : "Les militants ont tous les déterminants du choix, s'ils savent regarder", dit-il.
Pour le sénateur de l'Essonne, Jean-Luc Mélenchon, le discours de Ségolène Royal dimanche à Frangy-en-Bresse, où elle a appelé au rassemblement dans la perspective de 2007, était de toute façon tellement "creux" et se situait à un tel "degré de généralités", qu'"il n'y a pas de débat possible".
Toutefois, l'université d'été du parti, qui se tient ce week-end à La Rochelle, promet d'être animée. Du vendredi 25 au dimanche 27 août, 3 000 participants sont attendus, contre près de 2 000 l'an dernier.
Avec AFP et Reuters
Investiture au PS : Hollande calme le jeu
Le premier secrétaire s'est porté «garant» du respect des règles et du calendrier.
Par Paul QUINIO
QUOTIDIEN : Mercredi 23 août 2006 - 06:00
Ni «dénigrement», ni «abaissement», ni «disqualification». Ce sont les trois mots utilisés hier par François Hollande lors du bureau national de rentrée du Parti socialiste pour mettre fin à la polémique provoquée lundi par son numéro 2, François Rebsamen. Ce dernier avait provoqué la colère de Jack Lang et de Dominique Strauss-Kahn, candidats à la candidature dans la course à l'investiture pour la présidentielle, en leur suggérant de se retirer au profit de Ségolène Royal, favorite des sondages. Le premier secrétaire a estimé que «l'incident était clos». Il s'est porté «garant» du respect des règles et du calendrier de désignation : le dépôt des candidatures est prévu du 27 septembre au 3 octobre, le vote des militants le 13 novembre. Il a demandé à «chacun à sa place, d'y contribuer», a rapporté son directeur de cabinet Stéphane Le Foll.
Satisfait de cette mise au point, Jack Lang a souligné que «le respect, le respect, le respect, c'est la règle d'or». Michèle Sabban, proche de DSK, s'est dite «satisfaite, en espérant que chacun respecte» les consignes du premier secrétaire.
A quelques jours de l'ouverture de l'université d'été de La Rochelle, le patron du PS a également rappelé que «le rassemblement des socialistes est la condition de la victoire» en 2007.
Fabius se pose en candidat du "concret"
Le présidentiable PS prévoit une hausse du SMIC de 100€, s'il est élu. Il doit en dire plus aujourd'hui.
Un coup de pouce de cent euros au Smic, un rabotage des stock-options, un référendum institutionnel en
septembre 2007: étrillant les "généralités" du discours de rentrée de Ségolène Royal, Laurent Fabius s'est posé mardi 22 août en candidat du "concret" en n'hésitant pas à s'aventurer déjà sur le terrain des promesses électorales.
Son leitmotiv: apporter des "réponses concrètes" là où sa rivale est accusée d'entretenir le flou sur ses propositions. "Ce qui m'intéresse, ce sont les positions de fond" parce que "j'en ai un petit peu assez de ces généralités, parfois sympathiques, parfois antipathiques", a-t-il tancé sur TF1, où il faisait sa rentrée politique. "Les gens demandent ce que nous allons faire, ce que le futur président de la République va faire pour changer leur vie".
"On doit gagner"
Sans attendre, Laurent Fabius a donc levé le voile sur certains des "sept engagements pour 2007" qu'il doit détailler mercredi à la presse. Sa première préoccupation? Le problème "massif" de pouvoir d'achat des Français. "Si je suis investi et élu, la première décision du gouvernement sera d'augmenter le Smic de cent euros", a-t-il promis.
A sa demande, le projet du PS pour la présidentielle prévoit déjà de porter le Smic à 1.500 euros brut d'ici 2012 (1.254,28 euros actuellement). Soucieux de sa crédibilité, il a précisé que ce coup de pouce de cent euros serait compensé par une "baisse des charges sociales salariales" pour les "petites entreprises". "A l'autre bout de l'échiquier des revenus", le député de Seine-Maritime s'est aussi engagé à "supprimer les modalités extravagantes des stock-options".
Des promesses "tout à fait en ligne" avec le projet du PS et "clairement engagées à gauche". "On doit gagner, mais on ne gagnera que rassemblés sur une ligne clairement de gauche et pas sur une ligne mi-chèvre mi-chou", a-t-il lancé à l'attention de Ségolène Royal, accusée par ses détracteurs de lorgner à droite après ses propos sur la délinquance des mineurs et les 35 heures.
Derrière Ségolène Royal
Largement distancé par la présidente de la région Poitou-Charentes dans les sondages, Laurent Fabius reste "offensif et serein". Et compte bien occuper le terrain en cette rentrée. Outre son intervention sur TF1 et une tribune à L'Express de jeudi, il doit dévoiler mercredi ses "sept engagements". Vendredi, en marge de l'université d'été du PS à La Rochelle, il débattra avec les jeunes socialistes du MJS. Il vient aussi de lancer son site internet de campagne.
Reste que l'ancien Premier ministre aura fort à faire pour inverser la vapeur. Selon un sondage CSA publié lundi, seuls 11% des Français jugent qu'il serait le meilleur candidat pour le PS, 43 points derrière Ségolène Royal. Petite consolation, en invitant Dominique Strauss-Kahn et Jack Lang à se retirer et en excluant tout recours à Lionel Jospin, le N2 du PS Frangois Rebsamen l'a implicitement posé comme le seul challenger au PS de la députée des Deux-Sèvres. (AP)
22 août 2006
"Le Parti socialiste a une culture du compromis"
Est-ce que la prolifération de candidats au Parti Socialiste est le signe d'un manque de "leadership" au sein du parti, comme l'a dit Lionel Jospin ?
- Chaque candidat croit avoir une chance de l'emporter. Certains sont des poids lourds qui essaient de jouer leur avenir politique, comme Dominique Strauss-Kahn ou Laurent Fabius. Ségolène Royal est la favorite, l'outsider. Et puis il y a ceux qui essaient de peser dans le parti comme Jack Lang. Mais aucun n'est un leader réclamé par tous. Un tel cas de figure ne s'est jamais produit par le passé. Des candidats ont certes pu être concurrents à l'investiture, comme en 1981, François Mitterrand et Michel Rocard, ou en 1995, entre Henri Emmanuelli et Lionel Jospin...
Quel rôle endosse la direction du Parti socialiste vis-à-vis de ses courants ? Est-ce que l'avènement de la présidentielle a toujours été l'occasion de la réaffirmation d'une ligne unifiée du parti ?
- Pendant quatre ans, la question du leadership est restée en suspend, les militants ne s'accordant qu'autour d'une personnalité connaisseuse des affaires internes du parti: François Hollande. Il a été reconduit en tant que Premier secrétaire du Parti mais n'a pas réussi à s'imposer comme leader naturel. En 1995, Henri Emmanuelli n'avait pas non plus réussi. Et les autres secrétaires de Parti avant lui furent surtout au service de François Mitterrand. Aujourd'hui, tous les représentants des courants essaient de proposer leur candidat sauf Arnaud Montebourg qui s'est allié à Ségolène Royal. Le Parti socialiste donne l'image générale d'un parti qui se divise mais les courants existent depuis très longtemps et ont toujours essayé d'obtenir le pouvoir. Leur existence est le signe d'une véritable démocratie interne qui permet d'obtenir un débat. Ce n'est pas le cas de l'UMP où plusieurs leaders peuvent cohabiter mais où il n'y a pas de courant.
Le Parti Socialiste a une culture du compromis contrairement aux Verts, par exemple, qui eux aussi sont divisés mais n'ont pas le sens de la synthèse propre au Parti Socialiste.
Les courants n'altèrent en rien la chance du parti d'accéder au pouvoir. Il n'y a jamais eu de candidature dissidente au Parti socialiste, par exemple. Et Chevènement n'avait plus sa carte depuis dix ans quand il s'est présenté. Les socialistes ont conscience des enjeux.
Le Parti socialiste a innové avec la désignation des candidats par les militants. Maintenant, tous les partis le font, y compris à l'UMP. Avec le cas de Ségolène Royal et les nombreux sondages dont elle fait l'objet, la désignation s'assimile à un résultat de primaires ouvertes, à l'américaine. C'est-à-dire que les électeurs, et non les militants, témoignent de leur préférence. Avec l'ouverture de l'opinion publique, la démocratie partisane évolue en prenant en compte la volonté des sympathisants.
Est-ce que la popularité de Ségolène Royal, telle que l'affirme les sondages, est le signe de l'avènement d'un nouvelle gauche ?
- Le début du phénomène Royal marque le renouvellement de la classe politique. Elle incarne physiquement une autre catégorie. Les Français demandent depuis longtemps plus de femmes, plus de jeunes et plus de personnes issues de l'immigration. Ségolène Royal est pourtant un pur produit de l'ENA et a participé à un gouvernement socialiste depuis plus longtemps que Dominique Strauss-Kahn. Les sondages ont fait d'elle une candidate possible face à Nicolas Sarkozy et la gauche était en attente d'un leader depuis très longtemps. Elle crée de l'espoir, de l'adhésion. Enfin, elle réussit à se maintenir. Mais de là à parler de sa popularité comme d'un potentiel électoral...
Propos recueillis par Justine Charlet
(mardi 22 août 2006) par Vincent Tibérj,
politologue au CEVIPOF
Lang mord, DSK ignore
Colère des deux socialistes, invités par Rebsamen, numéro 2 du PS, à s'effacer au profit de Ségolène Royal.
Par Muriel GREMILLET, Paul QUINIO
QUOTIDIEN : Mardi 22 août 2006 - 06:00
Visés tous les deux, mais manifestement pas touchés à l'identique. Hier dans le Parisien , François Rebsamen, numéro 2 du Parti socialiste, a suggéré à Jack Lang et Dominique Strauss-Kahn de se retirer de la course à la candidature interne au PS pour 2007. «Ma conviction, c'est qu'aujourd'hui, pour faire gagner la gauche, la mieux placée, c'est Ségolène Royal», déclare le maire de Dijon, présent dimanche à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire) lors de la rentrée politique de la chouchoute socialiste des sondages ( Libération d'hier). «J'appelle Dominique et Jack à se retirer... surtout pour provoquer la réflexion», continue François Rebsamen.
«Fatwa». Jack Lang n'a pas réfléchi longtemps ! Le sang du député du Pas-de-Calais n'a fait qu'un tour hier matin. Il a immédiatement pris sa plume pour s'adresser par courrier au premier secrétaire, François Hollande : «Quelle est la légitimité de celui qui profère une telle fatwa à l'égard de camarades ?» s'interroge l'ancien ministre de la Culture. Très colère, Lang rappelle aussi à Hollande que, «quand ils exerçaient les fonctions de Premier secrétaire, François Mitterrand et Lionel Jospin n'auraient jamais accepté que des camarades soient traités avec une telle désinvolture». En passant, le candidat à la candidature se fait mousser en écrivant que lui aussi bénéficie «depuis longtemps de la confiance populaire». Pas question donc pour lui de céder à «l'injonction caporaliste» de Rebsamen : «Nous ne sommes pas des toutous auxquels, sur un coup de sifflet, l'on pourrait intimer l'ordre de rentrer au chenil.» A la fin de sa missive au vitriol, l'ancien ministre de la Culture interpelle François Hollande : «Je te demande de rétablir au plus vite un climat de respect mutuel. Et de mettre un terme à ces dysfonctionnements s'il en est encore temps.»
A l'énervement de Lang, Strauss-Kahn a préféré le silence dédaigneux. L'ancien ministre de l'Economie a laissé ses proches réagir. «Je suis scandalisée, c'est une démarche opportuniste», a dénoncé Michèle Sabban, vice-présidente de la région Ile-de-France. Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris, confie, lui, que l'heure est plutôt à «garder ses nerfs» qu'à répondre à toutes les chausse-trappes qui paveront immanquablement le chemin qui mènera en novembre à la désignation du candidat. Comme DSK est le concurrent de Ségolène Royal résistant le mieux dans les sondages, Cambadélis met l'insistance de Rebsamen à limiter le nombre de candidats sur le compte de «la panique» du camp royaliste...
«Pas peur». Ségolène Royal a d'ailleurs flairé ce piège. Son entourage, hier, se refusait à commenter l'initiative de François Rebsamen. Mais il explique à demi-mot que personne dans les rangs de la présidente de la région Poitou-Charentes n'est demandeur d'une solution qui pourrait laisser croire qu'elle craint le débat interne au PS et la confrontation. «La concurrence, c'est sain, dit un proche. On n'a pas peur de la démocratie.»
A quelques jours de l'ouverture de l'université d'été de La Rochelle, où tous les présidentiables (Jospin compris) tenteront de tirer la couverture à eux, l'ambiance du premier bureau national de rentrée ce soir promet donc d'être animée. Les amis de Lang et de DSK ont annoncé qu'ils mettraient le sujet sur la table.
«Souhaitable». Hier, le directeur de cabinet de François Hollande a tenté de calmer le jeu en déclarant que «chacun doit être respecté. [...] Le premier objectif est que la désignation se fasse dans la sérénité et ne soit pas l'occasion d'une division des socialistes». Prenant ses distances avec les propos de Rebsamen, Stéphane Le Foll a ajouté qu'il est «de la responsabilité de chacun de décider de ce qu'il doit faire le moment venu». Il a tout de même reconnu qu'une «décantation» des candidats serait «souhaitable avant la date limite du dépôt des candidatures le 3 octobre». A plusieurs reprises, François Hollande a lui-même évoqué la possibilité de réunir les présidentiables de l'axe majoritaire du congrès du Mans (autrement dit tout le monde sauf Laurent Fabius, puisque Lionel Jospin, même s'il constitue un cas à part, a soutenu cette motion) pour essayer de trouver un terrain d'entente. «On pourrait avoir une discussion ensemble. Rien ne s'y oppose», a déclaré le directeur de cabinet de Hollande hier, en précisant qu'aucune date n'a pour l'instant été fixée.
http://www.liberation.fr/actualite/politiques/199803.FR.php
© Libération
Lionel Jospin s'interroge sur la "légitimité" des candidats socialistes
LE MONDE | 22.08.06 | 13h51 • Mis à jour le 22.08.06 | 13h51
SANTANDER (ESPAGNE) ENVOYÉE SPÉCIALE
es confidences ne sont pas spontanées. Mais cette fois, en marge du séminaire sur l'Ouest et le monde arabe organisé lundi 21 août dans le cadre du Palacio de la Magdalena de Santander par le Club de Madrid, qui réunit d'anciens dirigeants de pays démocratiques, Lionel Jospin a fait une exception.
"J'ai appris à parler plus simplement", glisse en boutade l'ancien premier ministre. Non pas pour rendre officielle son éventuelle candidature à l'investiture du PS pour l'élection présidentielle mais enfin, il est toujours "disponible". "Si on a besoin de moi", assure-t-il, avant de reconnaître que "ça ne rend pas les choses faciles".
Détendu, souriant, Lionel Jospin se dit "serein, quelles que soient les hypothèses". Mais il se contient. L'ambiance, à la veille de la rentrée des socialistes lors de leur traditionnelle université d'été qui s'ouvrira à La Rochelle (Charente-Maritime) le 24 août, il la trouve "extrêmement feutrée". Car "si les gens disaient vraiment ce qu'ils pensent, ce le serait beaucoup moins". Lui-même... "Je me feutre", ironise-t-il. Tout en refusant de parler des candidats, à commencer par la favorite des sondages, Ségolène Royal, Lionel Jospin pose toujours le problème du "leadership" au PS et de la situation "inédite" dans laquelle se trouve le parti. Par le passé, raconte-t-il, il n'y avait qu'un candidat, voire deux comme pour l'élection de 1995, lorsque les militants avaient tranché en sa faveur contre Henri Emmanuelli. Mais les deux hommes avaient la "légitimité" d'avoir dirigé le parti. Aujourd'hui, affirme M. Jospin, "on ne sait pas qui peut incarner ce leadership. Quelque chose ne s'est pas fait".
Il a "vu", entendu des "références à François Mitterrand" qui l'exaspèrent. "François Mitterrand a participé à tous les combats du PS, à tous les grands débats stratégiques, que ce soit sur l'Europe, les négociations avec le PCF ou sur la question des SS-20 et des Pershing, lance M. Jospin. Il n'était pas le leader parce que cela lui avait été religieusement confié." La charge est rude. Il la complète : "Il faut d'abord considérer que le PS est un grand parti, une grande formation politique et que ce qui s'y passe est précieux."
Pour l'ancien premier ministre, à trois mois de la désignation du candidat socialiste prévue en novembre, rien n'est joué. "On a le temps encore", affirme-t-il. Et puis, malgré les sondages - dont il refuse de parler - qui donnent un très net avantage à Mme Royal, le choix des militants ne lui paraît pas figé. Il y voit un "indice de cette situation particulière" qu'il décrit : "Personne ne peut dire ce qui va se passer" lors du vote, déterminant, des militants.
A ses yeux, les débats préliminaires qui devraient être organisés entre les candidats, s'ils sont bien dans la tradition "démocratique" du parti, auront quelque chose "d'académique", car "on ne va pas au fond de ce que l'on pense". "A mon sens, ajoute-t-il, si les militants savent regarder, s'ils savent lire, ils ont déjà tous les déterminants." Peut-être, ajoute avec une pointe d'acidité Lionel Jospin, "y a-t-il des problèmes de dosage, en termes d'enthousiasme d'un côté, de réticence de l'autre".
La situation de la gauche, toujours divisée, le "préoccupe". Depuis 2002, elle ne "semble pas avoir beaucoup avancé". C'est d'ailleurs sur ce thème que Lionel Jospin, attendu à La Rochelle, devrait s'exprimer. Devant le Mouvement des jeunes socialistes (MJS) il parlera du "rapport de la gauche avec le pouvoir", façon de cultiver sa différence. A droite aussi, précise-t-il, "les divisions sont réelles mais le problème (du leadership) semble réglé, tandis que le nôtre ne l'est pas encore..."
Dimanche, en Bourgogne, depuis Frangy-en-Bresse où Mme Royal a tenu son premier meeting de rentrée, François Rebsamen, numéro deux du PS, avait posé un peu différemment le problème. "Il faudrait qu'il y ait quelques candidats qui se retirent, un grand parti comme le PS ne devrait pas en avoir de trop", avait-il affirmé, provoquant des réactions indignées, lundi, parmi les concurrents de Mme Royal. Au sujet de Lionel Jospin, M. Rebsamen s'était montré encore plus cruel. "Pour le moment, avait-il déclaré, il n'est pas candidat. Personne ne conteste sa stature d'homme d'Etat, maintenant pour être un recours il faudrait qu'il y ait une raison."
Isabelle Mandraud
Article paru dans l'édition du 23.08.06
Jack Lang s'explique...
«Ils criaient "Jack président !"»
Par Alain AUFFRAY
QUOTIDIEN : Mardi 22 août 2006 - 06:00
Dans une interview «Pourquoi il faut que ce soit moi !» publiée dans le Nouvel Observateur de cette semaine, Jack Lang raconte : «J'étais l'autre jour au Festival des Vieilles Charrues [...]. Je suis monté sur scène pour saluer Jamel Debbouze. Cinquante mille jeunes m'ont applaudi. Ils criaient "Jack président !" apparemment, ils ne lisent pas les sondages...» Plusieurs lecteurs sont tombés de leurs chaises. Ils ont vu le show de Jamel et jurent qu'ils n'ont jamais ovationné l'ancien ministre de la Culture. Qu'ils n'ont d'ailleurs jamais vu monter sur scène ! Explication : exaspéré par la ségolomania, Jack Lang a un peu forcé le trait, histoire de rappeler qu'il est le préféré des 15-25 ans. «Mes propos sont à lire comme un raccourci de l'enthousiasme qui m'a accompagné toute cette journée.» Il est monté sur scène par l'arrière, et seuls les spectateurs qui se trouvaient à l'avant ont pu l'apercevoir. Et éventuellement l'applaudir.
http://www.liberation.fr/actualite/politiques/199802.FR.php
© Libération
Lang, les Vieilles Charrues et la "ferveur"
A la suite de notre article mettant en doute la véracité des propos tenus par le candidat à la candidature au PS, Jack Lang, dans une interview au Nouvel Observateur, selon lesquels il avait été acclamé par 50.000 personnes en montant sur scène pendant le spectacle de Jamel Debbouze aux Vieilles Charrues, une personne accompagnant Jack Lang ce jour-là nous a fait parvenir le témoignage ci-après reproduit.
Si ce témoignage parle de la "ferveur" qui accompagnait la visite de Jack Lang lors de son passage au festival breton, il ne va cependant pas jusqu'à redire ce qu'avait dit le candidat dans les colonnes du Nouvel Observateur. A savoir: "Je suis monté sur scène pour saluer Jamel Debbouze. 50.000 jeunes m'ont applaudi. Ils criaient, 'Jack président!'". Scène qui a été l'objet des contestations reçues par nouvelobs.com.
Le témoignage
Voici le témoignage de l'accompagnateur de Jack Lang:
"Selon l’habitude qui est la sienne, Jack Lang s’est rendu, en simple festivalier, ce 22 juillet dernier au festival des Vieilles Charrues, à Carhaix en Bretagne. Il n’y avait, pour couvrir cette visite privée, ni journaliste, ni attaché de presse. Jeune amateur de musique, inconditionnel de ce festival, j’ai eu la chance de l’accompagner tout au long de son déplacement. Ainsi, je crois être le seul, si l’on excepte Jean-Philippe Quignon, co-président du Festival qui le guida toute la matinée et partagea avec nous la même expérience, à pouvoir témoigner avec exactitude de chacun des moments de sa visite, et de l’extraordinaire ferveur qui l’entoura.
A chaque instant, tous les participants (bénévoles, artistes, plus encore les festivaliers, et parmi eux surtout les jeunes) ne cessèrent de manifester à son égard une sympathie, et un soutien, qui allèrent croissant en intensité tout au long de son parcours, depuis tôt le matin jusqu’au soir. Partout, dans les allées du campement aux abords du festival, sur le terre-plein central face à la scène, spontanément, une multitude de mains se tendaient vers lui. Chacun voulait engager la conversation avec lui, pour le soutenir, lui souhaiter « bon courage pour 2007 », réclamer son retour au pouvoir, le remercier de ses actions passées et l’exhorter à en entreprendre de nouvelles au plus vite.
Au fur et à mesure que la journée passait, ces manifestations d’affection et de soutien se renforçaient encore. Des jeunes par dizaines scandaient à sa vue « Jack avec nous ! » ou bien « Jack président ! ». Sur le coup des trois heures, alors que nous traversions le terre-plein central, l’émeute euphorique provoquée par son passage contraignit même l’équipe de la sécurité à intervenir et Jack Lang dût alors, contre sa volonté, accepter une escorte, afin de contenir les innombrables manifestations de sympathie et la considérable affluence soulevées sur son chemin. A peine plus tard, tandis qu’il rendait visite aux spectateurs handicapés, installés sur une tribune surélevée qui le rendait soudain mieux visible, plusieurs centaines de jeunes tout proches, l’apercevant avec surprise et avec joie, l’acclamèrent et scandèrent pendant de plusieurs minutes « Jack président ! » ; ils furent bientôt rejoints par des centaines d’autres.
Cet enthousiasme, né spontanément dans le cœur du public, se manifesta aussi après le one man show de Jamel Debbouze, avec lequel Jack s’était entretenu auparavant dans sa loge. Pénétrant par l’arrière de la scène tandis que l’artiste venait d’en sortir par le côté, Jack Lang fut reconnu par les milliers de spectateurs qui se trouvaient à l’avant du public. Aussitôt ceux-ci se levèrent pour l’applaudir. Même s’il ne s’agit que d’un moment parmi tant d’autres, cette image d’une ferveur simple et spontanée, offre dans mon esprit une belle condensation, un bel « instantané », de cette longue et riche journée où tous les milliers de festivaliers que Jack Lang avait croisés sur son chemin, tous ceux qui l’avaient aperçu, n’avaient cessé de le fêter, de l’encourager et de lui manifester leur soutien pour l’année 2007."
"Mensonges électoraliste"
Après la publication de l'entretien dans les colonnes du Nouvel Observateur, nouvelobs.com avait en effet reçu plusieurs mails de lecteurs qui allaient à contresens des déclarations de Jack Lang.
Ainsi, Céline H.: "M. Lang n'est pas monté sur scène: il a salué Jamel Debbouze en coulisse, ce qui a été rapporté et photographié dans l'édition bretonne d'Ouest France. En aucun cas il n'a été acclamé par les 50.000 spectateurs (qui d'ailleurs ne sont pas tous jeunes...) aux cris de "Jack président". Pur mensonge électoraliste!!"
Même son de cloche chez Robin C., qui écrivait: " (…) il annonce dans son entretien être passé sur scène lors de Jamel! C'est FAUX. Pour avoir vu le spectacle de JAMEL, qui fut au passage excellent, Lang n'est jamais venu et il n'a encore moins reçu de 'Lang Président' par 50 000 jeunes !"
Confirmation à Ouest France
Cette version était en outre confirmée par Laurent Frétigné, journaliste à Ouest France, qui faisait partie de l'équipe qui a couvert le festival des Vieilles Charrues. Laurent Frétigné et plusieurs de ses confrères sont catégoriques: "Jack Lang n'est jamais monté sur scène pour saluer Jamel Debbouze. Il est certes venu au festival le week-end des 22 et 23 juillet. Il a bien assisté au concert de Raphaël puis au concert de Cali le samedi, à la suite duquel Jamel est monté sur scène faire son show, mais en aucun cas il n'est, lui, monté sur scène et ne s'est donc fait acclamer par 50.000 jeunes". Le compte-rendu du spectacle par Ouest France indique d'ailleurs que Jack Lang se trouvait dans la tribune VIP. "De toute façon, commente Laurent Frétigné, les organisateurs n'auraient jamais laissé faire. Ils sont assez vigilants sur le fait que la scène ne devienne pas une tribune politique".
La lettre de Lang à Hollande
Voici l'intégralité de la lettre envoyée par Jack Lang au Premier secrétaire du PS, François Hollande, après l'appel du n°2 François Rebsamen au retrait de sa candidature au profit de Ségolène Royal.
"Paris, le 21 août 2006
Cher François,
Les propos surprenants du n°2 du Parti Socialiste, François Rebsamen, au sujet des candidats à la candidature à l'élection présidentielle mettent gravement en cause le contrat moral de la majorité du Mans et surtout l'esprit même de notre parti.
Deux questions méritent d'être clairement posées.
La première est la suivante : quelle est la légitimité de celui qui profère une telle fatwa à l'égard de camarades ? Si avec un certain nombre de hauts responsables du Parti Socialiste comme Martine Aubry, Bertrand Delanoë ou Dominique Strauss-Kahn et beaucoup d'autres, nous ne nous étions pas battus corps et âme pour notre victoire commune au Congrès du Mans ou si chacun d'entre nous avait présenté sa propre motion, la configuration de la majorité eût été tout autre et François Rebsamen dont j’apprécie les grandes qualités n'aurait peut être pas été en situation d’être porté à la fonction de n°2. Sa responsabilité actuelle lui impose donc des devoirs particuliers vis-à-vis de l'ensemble des camarades qui ont construit cette alliance et qui ont contribué à notre succès. La direction du Parti Socialiste n'est pas la propriété de tel ou tel d'entre nous. Elle est une équipe. Ou alors que l'on proclame que cette majorité du Mans a cessé d'être.
La deuxième question qui se pose est celle de la nature même de notre mouvement. La fatwa renouvelée par François Rebsamen à l'égard des camarades candidats tourne le dos à notre culture socialistes et à nos valeurs communes.
Elle porte d'abord atteinte au respect mutuel que se doivent les militants de notre formation. Le mépris est contraire à notre éthique. Comment faire croire à nos concitoyens qu'ils seront demain mieux respectés par la gauche si nous donnons entre nous un exemple aussi navrant du non-respect de la dignité des uns et des autres.
Quand ils exerçaient les fonctions de Premier secrétaire, François Mitterrand et Lionel Jospin n'auraient jamais accepté que des camarades soient traités avec une telle désinvolture.
Nous ne sommes pas des toutous auxquels sur un coup de sifflet l'ont pourrait intimer l'ordre de rentrer au chenil. L’injonction caporaliste n’est pas nécessairement la meilleure méthode pour favoriser le nécessaire rassemblement des socialistes.
Je voudrais ajouter une autre considération qui n'est pas la moins importante. Si demain nous décidions de faire bloc autour d'un candidat ou d'un autre, ce ne peut être en fonction des pressions médiatiques ou de sondages prédictifs, le plus souvent déjoués par les circonstances. Ce serait en raison de sa capacité à rassembler la gauche et à gouverner le pays.
Bénéficiant depuis longtemps de la confiance populaire et récemment encore d'un sondage positif de l'Ifop me donnant gagnant contre Nicolas Sarkozy auprès des jeunes de 18 à 25 ans à 70% contre 30%, je peux aisément affirmer que la valeur de Ségolène ne résulte pas des sondages du moment mais de ses qualités propres : son expérience, son intelligence, sa créativité. Serait-elle minoritaire dans l'opinion qu'elle mériterait la même considération.
J'ai rejoint l'équipe de François Mitterrand en 1978 au moment où il était au plus bas dans les sondages et abandonné par beaucoup. Une seule considération l'emportait dans mon esprit. Il était un homme d'envergure incarnant avec puissance l'idéologie progressiste qui plaçait l'éthique de conviction au-dessus de la théologie de l'opinion.
Le courage est la première vertu d'un homme de gauche qui conduit parfois à braver l'impopularité apparente d'une décision.
Au-delà de considérations circonstancielles, la question posée est celle de la nature même de notre mouvement et de ses valeurs. Il est le fruit d'une histoire, d'une culture, d'une mémoire, d'un patrimoine commun. L'autorité morale de notre parti a été forgée par les combats menés par l'ensemble de nos dirigeants et de nos militants. Nul n'en est le dépositaire unique. Chacun d'entre nous, par son œuvre, son action, ses engagements, a contribué à donner à notre parti la force et le rayonnement sans lesquels l'espérance de victoire en 2007 serait nulle. Nous sommes tous porteurs d'une aventure collective. Dès lors que les règles de vie en commun ne sont plus respectées, je me demande si nos raisons de travailler ensemble dans la même maison n'ont pas été altérées. C'est l'avenir de notre formation qui est ici en cause. Dans l'immédiat, c'est la procédure même du choix de notre candidat qui peut être entaché de suspicion.
Je résumerai ma pensée par un seul mot : oui au rassemblement, non à l'assujettissement à un quelconque diktat.
Au nom du combat commun que nous menons ensemble depuis quatre ans, sans ménager notre temps, notre énergie et notre dévouement, je te demande de rétablir au plus vite un climat de respect mutuel. Et de mettre un terme à ces disfonctionnements s'il en est encore temps.
Bien à toi,
Jack Lang"
