Désirs d'avenir UK - Ségolène Royal 2007

Le Blog d'Outre-Manche de soutien à Ségolène Royal

22 août 2006

Remous chez les partisans d'Arnaud Montebourg

LE MONDE | 21.08.06 | 13h27

FRANGY-EN-BRESSE (SAÔNE-ET-LOIRE) ENVOYÉE SPÉCIALE

u congrès du Mans, en novembre 2005, Arnaud Montebourg, soutenu par une partie de ses partisans, avait refusé la "synthèse" proposée par le premier secrétaire du PS, François Hollande, aux socialistes pour ne pas avoir à renoncer au projet d'une VIe République qu'il appelle de ses voeux.

Cette décision avait alors provoqué l'éclatement du courant Nouveau parti socialiste (NPS) que M. Montebourg co dirigeait depuis 2002 avec Vincent Peillon. Dimanche 20 août, recevant Ségolène Royal, qu'il soutient dans la course à l'investiture du PS pour l'élection présidentielle de 2007, le député de Saône-et-Loire a fait un effort. "Avec tact", comme l'a, elle-même, souligné Mme Royal, il n'a pas évoqué la VIe République dans son discours, lui préférant le terme, approuvé dans le projet du PS, de "nouvelle République". " Est-ce que cette réforme va conduire à une VIe République ? Faisons d'abord les choses avant de les nommer, a proposé la candidate. Lorsque nous aurons tenu parole, nous saurons alors si nous avons su créer ou non une VIe République."

"MA LIGNE EST DROITE"

Le projet du PS prévoit notamment un renforcement des pouvoirs du Parlement, le non-cumul des mandats, et la responsabilité pénale du chef de l'Etat. Mais pour M. Montebourg, qui avait fait de la disparition de la Ve République son cheval de bataille, la concession, dans son propre fief qui est plus est, est importante.

Son ralliement à Mme Royal, partisane du oui à la Constitution européenne, autre pomme de discorde avec M. Montebourg, provoque des remous dans son nouveau courant baptisé Rénover maintenant. Une quarantaine de cadres ont fait connaître leur désaccord. Son secrétaire général, Michaël Moglia, vient d'envoyer une "lettre aux militants" dans laquelle il affiche sa décision de ne "pas soutenir" la candidature de Mme Royal. "Le choix d'Arnaud déboussole le courant et crée un profond malaise dans nos rangs", écrit-il.

"Ma ligne est droite, affirme M. Montebourg. Nous construisons une alliance parce que nous voulons nous rassembler autour d'une nouvelle donne générationnelle. Si nous ne l'avions pas fait, on me reprocherait de m'enfermer dans la marginalité." La réunion des militants de Rénover maintenant, prévue à Fouras (Charente-Maritime), les 23 et 24 août, pourrait être houleuse.


Isabelle Mandraud

Article paru dans l'édition du 22.08.06

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"Portée par l'opinion, elle est sur une vague durable"

Ségolène Royal, dans son discours hier, a appelé à l'unité. Elle est soutenue par Arnaud Montebourg. Aujourd'hui, le numéro deux du parti François Rebsamen a demandé à Jack Lang et à Dominique Strauss-Kahn de se retirer de la course. Peut-on dire avec assurance qu'elle sera la candidate du PS ?

- On ne peut pas le dire avec assurance. Ses concurrents n'ont pas encore renoncé. Lionel Jospin a devant lui une semaine chargée. La partie est bien engagée pour elle, mais on ne connaît pas encore le climat dans lequel se fera le vote au sein du parti socialiste. L'élection a lieu le 16 novembre c'est à dire dans 3 mois. Il serait imprudent de conclure trop vite. Elle est largement en tête. Elle est en effet portée par l'opinion. Est-ce que cette vague est durable jusqu'à la désignation du candidat PS? Je le pense. Mais elle a encore des obstacles à franchir. Son discours hier était limite. Aujourd'hui, elle engrange des soutiens. Celui d'Arnaud Montebourg est résiduel, car il ne pèse pas au sein du parti socialiste. Par contre, celui de François Rebsamen est beaucoup plus significatif. Il prouve que l'appareil du parti bouge. François Rebsamen n'a pourtant fait que répéter ce qu'il avait déjà dit dans les colonnes du Nouvel Observateur en mai dernier.

Marquée à la droite du parti pour son éloge au blairisme et son désir d'ordre, elle est aujourd'hui soutenue par une figure de la gauche du parti Arnaud Montebourg. Elle s'est aussi revendiquée hier dans la droite ligne mitterrandienne. Où se situe politiquement Ségolène Royal ?

- Elle est sur une ligne baroque qui mêle des influences et des références diverses. Lors de son entrée dans la course à la présidentielle, l'année dernière, elle a fait l'éloge du dynamisme de Tony Blair. Mais elle n'a jamais fait d'hommage à la politique économique de ce dernier. Elle avait aussi déjà fait référence à Mitterrand pour l'anniversaire des 10 ans de sa mort. Dans un discours à Arras, les références et les citations de Mitterrand étaient les mêmes qu'hier. De ce point de vue, elle résout les contradictions dans les appels à la synthèse. Ces discours sur l'ordre sont récurrents à gauche. Ils étaient déjà utilisés par Lionel Jospin lorsqu'il était encore au pouvoir. Ces discours consistent à dire que la droite incarne le désordre et la gauche l'ordre juste. Il n'y a d'ordre que dans la justice, notamment dans la justice sociale. Ce qui m'a frappé dans son discours, c'était les attaques frontales de la droite.

Justement, dans son discours de dimanche, elle a critiqué la droite mais n'a rien proposé. A-t-elle aujourd'hui la carrure d'une femme d'Etat, contrairement à ce que lui reproche ses principaux concurrents?

- Elle est encore à huit mois de la présidentielle. Si elle ne dit rien sur ces questions-là jusqu'à cette échéance, il y aura un problème. Le jour où elle sera désignée, elle ne pourra plus échapper à ces questions. Elle est intervenue sur l'Europe dans son discours sur le futur traité constitutionnel, sur la méthode. La stratégie de Sarkozy et de la droite est de marteler qu'elle ne dit rien. Elle raisonne, mais elle n'abat pas toutes ses cartes.

Propos recueillis par Charlotte Lazimi
(le lundi 21 août 2006)
par François Bazin,
rédacteur en chef,
chef du service Politique
du Nouvel Observateur

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Lang, DSK, Mélenchon :Royal sème la zizanie

20050916Socialistes. Le fabiusien Jean-Luc Mélenchon (à droite) qualifie de "creux" le discours de rassemblement de Ségolène Royal. Il maintient son soutien à Laurent Fabius comme candidat du PS, rejoignant DSK et Jack Lang qui s'insurgent de l'appel lancé par le n°2 du parti à s'unir derrière Royal.

Le fabiusien Jean-Luc Mélenchon dénonce mardi 22 août le "discours creux" et les "bons sentiments" de Ségolène Royal, qui a appelé dimanche au "rassemblement de toutes celles et de tous ceux qui veulent que ça change".
"Son discours était creux", critique le sénateur socialiste de l'Essonne dans un entretien publié par Le Figaro. Il juge qu"'au niveau du degré de généralités qu'elle a exprimées, il n'y a pas de débat possible" entre Ségolène Royal et les autres candidats socialistes, priés de se retirer de la course à l'investiture du PS pour la présidentielle.
Le sénateur demande donc à Ségolène Royal de préciser notamment "le contenu qu'(elle) donne à la valeur travail", que la candidate à l'investiture socialiste a mise en avant dimanche. "La gauche d'habitude parle des relations sociales, de la qualification, des rémunérations", autant de précisions qui font "la différence entre les bons sentiments et une politique concrète", insiste-t-il.

Lang et DSK s'insurgent

Défendant à nouveau la candidature de Laurent Fabius, Jean-Luc Mélenchon affirme que le meilleur atout de l'ancien Premier ministre est "l'expérience". "C'est une valeur essentielle en période de troubles", répond-il à Ségolène Royal qui avait affirmé dimanche que l'expérience "ne suffit pas". "Ce qui compte, c'est la capacité à mobiliser l'expérience politique de toutes les volontés et de tous les talents d'un pays", avait-elle assuré.
Le "rassemblement" voulu par Ségolène Royal n'apparaît pas pour l'instant évident : pressés lundi par le N2 du PS et "sigoliste" Frangois Rebsamen de se retirer de la course à l'investiture du PS pour la présidentielle pour laisser le champ libre à la favorite des sondages, Jack Lang et Dominique Strauss-Kahn sont sortis de leurs gonds pour dénoncer une "fatwa".
"J'appelle Dominique et Jack à se retirer", invite le N2 du PS dans Le Parisien lundi. Ils ont certes "un rôle important à jouer demain", mais "la mieux placée c'est Ségolène Royal", assène-t-il. Quant à Lionel Jospin, qui s'est exprimé dans l'après-midi sur la crise au Liban lors d'un colloque à Santander (Espagne), "je ne pense pas qu'il soit aujourd'hui le recours", tranche François Rebsamen.

Lang : "Nous ne sommes pas des toutous"

Des propos qui ont mis le feu aux poudres, au lendemain de la rentrée très médiatisée de la probable candidate et alors que les "éléphants" se retrouvent vendredi à La Rochelle en université d'été. Déterminés à se présenter, Jack Lang et "DSK" ont aussitôt dénoncé des "pressions", alors même que la période de dépôt des candidatures au PS n'a pas démarré (du 28 septembre au 3 octobre).
"Nous ne sommes pas des toutous auxquels sur un coup de sifflet l'on pourrait intimer l'ordre de rentrer au chenil. L'injonction caporaliste n'est pas nécessairement la meilleure méthode pour favoriser le nécessaire rassemblement des socialistes", s'est indigné Jack Lang dans un courrier adressé lundi au patron du PS François Hollande, dénonçant une "fatwa à l'égard de camarades".

"Motion d'ordre"

François Rebsamen "a dépassé la ligne jaune! On est dans un parti qui devient presque totalitaire", s'est alarmée Michèle Sabban, proche de "DSK". Elle comptait défendre mardi soir une "motion d'ordre" lors du bureau national de rentrée du PS pour exiger de François Hollande que son N2 "retire sa déclaration publiquement". Pas visés par les propos de François Rebsamen, les fabiusiens l'ont également soupçonné de vouloir "contourner les militants", qui éliront le candidat du PS les 16 et 23 novembre.
Sommé de rétablir l'équité entre les présidentiables face à une "privatisation" du parti en faveur de sa compagne, François Hollande est resté muet. Son directeur de cabinet, Stéphane Le Foll, a mollement pris ses distances avec François Rebsamen en souhaitant que la compétition interne se déroule dans la "sérénité". Pour autant, "il serait souhaitable qu'il y ait moins de candidats", a-t-il glissé.

"Décantation"

Début juillet, François Hollande avait, il est vrai, évoqué l'idée d'un sommet réunissant les présidentiables du PS fin septembre pour opérer une "décantation". Le Premier secrétaire du PS reste lui-même discret sur ses intentions présidentielles.
De nouveau au cœur des critiques de ses rivaux, Ségolène Royal n'en reste pas moins en pole position dans les sondages à moins de trois mois du vote des militants socialistes. Selon une enquête CSA publiée lundi, 54% des Français jugent qu'elle serait la meilleure candidate du PS, soit 12 points de plus que fin juin. Selon un autre sondage publié dimanche par "Ouest-France", elle serait même la seule socialiste capable de battre Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle, avec 55% contre 42% pour le président de l'UMP. (AP)

© Le Nouvel Observateur

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21 août 2006

La presse salue le "phénomène Ségolène" mais pointe ses ambiguïtés

LEMONDE.FR | 21.08.06 | 10h20

n prenant de vitesse ses concurrents à l'investiture socialiste pour l'élection présidentielle et en occupant le terrain médiatique, Ségolène Royal a bien entamé sa rentrée politique, dimanche 20 août, à Frangy-en-Bresse, estimait lundi matin la presse quotidienne. Une analyse confirmée par Le Parisien/Aujourd'hui en France, qui titre en une: "Cette fois, elle s'envole". Selon un sondage réalisé pour le quotidien et la chaîne i>télé, 54 % des Français lui accordent leur préférence parmi tous les prétendants socialistes.

"MANIER DES FORMULES, MAIS NE RIEN DIRE"

Certains éditorialistes critiquent cependant le manque de propositions concrètes dans son discours tenu lors de la la Fête de la rose à Frangy-en-Bresse. Pour Gaëtan de Capèle, dans Le Figaro, "on attendait naturellement la trame d'un programme, l'esquisse d'un projet". Mais "fidèle à une recette qui [...] fait sa fortune politique" , elle a continué à "occuper le terrain avec une ligne de conduite simple et efficace : parler beaucoup, manier des formules, mais ne rien dire".

Toutefois, estime Jean-Michel Thénard de Libération, malgré "son parler pauvre sur la crise au Proche-Orient", "le succès de sa candidature de proximité la protège de ses insuffisances". "L'opinion n'attend plus des prétendants à l'Elysée qu'ils changent le monde, poursuit Thénard, mais bien qu'ils changent leur vie."

Dans les colonnes de L'Est républicain, Pierre Taribo estime lui aussi n'avoir "pas eu le souffle coupé par le discours-programme de la présidente de Poitou-Charentes, qui a juste présenté un canevas". Mais, selon l'éditorialiste, il y a "d'un côté un discours ni très consistant ni très entraînant"  et "de l'autre, un phénomène Royal qui veut que quoi qu'elle dise ou qu'elle fasse, tout lui profite".

UNE BOUSCULADE DIGNE DES ROCK STARS

En effet, la Fête de la rose a été "une confirmation éclatante de la popularité de Ségolène Royal", qui a provoqué à Frangy "une bousculade digne de celles que suscitent les rock stars", selon Jacques Guyon, de La Charente libre. Hervé Chabaud, dans L'Union, parle quant à lui d'un "succès bourguignon digne d'un concert champêtre des Rolling Stones"  et affirme que ses "concurrents et non moins camarades du PS"  ont été "ringardisés" et "ses ralliés vont les atomiser dans les semaines qui viennent".

Désormais, face à la "bulle médiatique qui prend de la consistance", le vrai problème n'est plus de savoir "si Ségolène Royal a ou non 'l'étoffe' d'une candidate à la présidentielle, si elle a ou non un vrai programme et des idées", analyse Jacques Camus dans La République du Centre. Il s'agit de savoir "comment les autres prétendants socialistes à la magistrature suprême pourront désormais empêcher la députée des Deux-Sèvres d'être la 'championne' du PS", poursuit-il.

Ségolène Royal "occupe la scène médiatique avec brio" et "ses rivaux [...] comptent essentiellement sur un faux pas de leur principale concurrente, ce qui est inconfortable", observe Francis Laffon dans L'Alsace. Mais si, "au plan tactique, en surfant sur la vague des sondages", la députée a "fait jusqu'ici un sans faute", "au plan stratégique, c'est autre chose". "Elle commence tout juste à esquisser un embryon de programme" , estime l'éditorialiste , qui souligne "son art de l'ambiguïté".


Avec AFP

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A la Fête de la rose, Ségolène Royal donne un coup d'accélérateur à sa campagne

LEMONDE.FR | 20.08.06 | 18h08  •  Mis à jour le 21.08.06 | 09h22

égolène Royal a lancé dimanche 20 août un appel au rassemblement non seulement des socialistes mais h_9_ill_804909_sego"de toutes celles et tous ceux qui veulent que ça change" lors de la prochaine élection présidentielle. "Nous avons envie de voir en 2007 la France se relever et concrétiser ce désir d'avenir et de changement que nous voyons monter dans le pays. C'est même un devoir, une obligation morale de gagner", a déclaré la "présidentiable" socialiste lors de son discours de rentrée, à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire).

"Cette victoire et cette réussite, nous devons patiemment les construire car rien n'est gagné d'avance. La bataille sera rude mais exaltante. Je lance ici à Frangy un appel au rassemblement de toutes celles et toux ceux qui veulent que ça change et que la France se redresse. Avec vous, j'ai confiance", a-t-elle souligné devant plus de 2 000 personnes réunies à l'occasion de la Fête de la rose.

"Ce que je vous propose, ce n'est pas une politique au rabais, sorte de gouvernance aseptisée réduite à la simple gestion du désordre des choses. C'est de mieux partager l'exercice du pouvoir pour que la France saisisse toutes ses chances, en assumant cette passion de l'égalité qui est la sienne", a-t-elle expliqué.

"DANS CETTE BOURGOGNE QU'IL AIMAIT TANT..."

Elle avait auparavant évoqué l'héritage de François Mitterrand "dans cette Bourgogne qu'il aimait tant", revendiquant "la lignée mitterrandienne". Citant une de ses dernières déclarations, en 1993, elle a fait la liste des valeurs qu'il défendait : "le devoir d'unité", "le courage", "la nécessité de changements profonds". "C'est ainsi que je conçois l'exercice de la responsabilité politique et le rôle d'un chef de l'Etat", a-t-elle dit.

L'ancienne ministre s'est toutefois accordé le droit, non pas de faire "l'inventaire" des années Mitterrand comme l'avait réclamé Lionel Jospin, mais celui de "revisiter" son héritage afin de "l'actualiser à la lumière de tout ce qui (...) a changé dans notre pays et dans notre monde".

L'arrivée de Ségolène Royal à la Fête de la rose de Frangy-en-Bresse avait provoqué dans la journée une énorme bousculade, avec trois blessés légers chez les sympathisants. "Frangy connaît sa première émeute", lançait Arnaud Montebourg, patron de la fête, qui a rallié au cours de l'été le camp de Ségolène Royal. Quelque 3 000 militants et plus de 80 journalistes, français et étrangers (contre une vingtaine les autres années), étaient venus écouter la candidate supposée à l'investiture présidentielle socialiste, dans ce petit village de 600 habitants qui invite chaque année à sa fête une personnalité nationale du parti.

MONTEBOURG CONQUIS

"Notre espérance c'est que, comme François Mitterrand le fit, tu organises la conjugaison de nos idées", a lancé Arnaud Montebourg. Avec Ségolène Royal, se matérialise "l'espérance concrète qu'un autre monde, une autre France s'organise sous nos yeux", a-t-il estimé. Avant de conclure, lyrique : "Frangy, Ségolène, t'attend, Frangy t'écoute, Frangy, je crois, t'aime déjà".

Mais les partisans de Montebourg se montraient plus prudents. Sur les bancs installés dans le stade de football du petit village bourguignon, un des militants du mouvement "Rénover maintenant" (RM) expliquait :"Je ne vois pas ce que cela va apporter au courant d'Arnaud sur le fond. Je pense que lui-même doit se poser des questions ce soir."

Tenant la tribune pendant une trentaine de minutes, le député de Saône-et-Loire a expliqué: "Nous avons besoin plus que jamais de faire travailler nos forces [...], de marcher d'un seul bloc comme un rouleau compresseur face au danger des ultras qui ont pris la droite." Il a enjoint les socialistes à "remettre les mains dans le cambouis de la machine économique", réclamé la suppression des stock-options, dénoncé les délocalisations et les "retraites-chapeau"  et prôné le "réarmement de la politique". Son discours, très applaudi, visait tout particulièrement Nicolas Sarkozy, que le député a comparé à Fouché, "sinistre ministre de la police"  de Bonaparte."N'oubliez jamais qu'un homme qui piétine ainsi l'Etat de droit ne peut jamais en devenir le garant", a-t-il lancé à ses partisans.

"J'APPELLE DOMINIQUE ET JACK À SE RETIRER"

Le succès de cette Fête de la rose a rassuré le camp des "ségolistes". Dans un entretien au journal Le Parisien/Aujourd'hui en France paru lundi 21 août, François Rebsamen, numéro 2 du Parti socialiste, appelle Dominique Strauss-Kahn et Jack Lang à se retirer de la candidature à l'investiture PS pour la présidentielle.

"En Bourgogne, ce week-end, il était essentiel pour moi de vérifier la capacité de rassemblement de Ségolène. C'est fait, explique l'actuel maire de Dijon. Ma conviction, c'est qu'aujourd'hui [...] la mieux placée, c'est Ségolène Royal, a-t-il rajouté. J'appelle Dominique et Jack à se retirer. [...] Quel que soit notre candidat, le rassemblement est nécessaire. Et cette démarche sera plus dure à opérer si les candidatures sont nombreuses."


Avec AFP et Reuters

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Le programme en pointillés de Ségolène Royal

Dans son discours hier, la favorite pour la candidature PS en 2007 a parlé famille, effort, unité, respect...

Par Muriel GREMILLET

QUOTIDIEN : Lundi 21 août 2006 - 06:00

Frangy-en-Bresse envoyée spéciale

file_199594_46349«Si je suis en situation...» Ségolène Royal a esquissé hier ce qui pourrait être un programme, lors de la fête de la Rose à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire). Une méthode, des mots clés et encore beaucoup à prouver. Pourtant, le public présent est acquis à sa cause. Mais il peine à s'enthousiasmer. La candidate était attendue au virage à gauche. Elle a lancé un appel au rassemblement de tous ceux qui «veulent que ça change». Elle a cogné la droite mais elle est obstinément revenue à ses thèmes favoris : respect de la valeur travail et des valeurs familiales. Sur le terrain des valeurs de gauche, son discours a paru fade après celui d'Arnaud Montebourg. Son hôte s'est en effet montré sans pitié pour le capitalisme : «Il nous faut remettre les mains dans le cambouis de la machine économique, en finir avec l'impuissance.» Applaudissements nourris. «Réarmer le politique, en interdisant les stock-options, en pouvant s'opposer aux OPA, en éloignant la précarité des salariés.»

Ségolène Royal reste Ségolène Royal. Elle parle de «construire sa vie et le bonheur des siens». Elle souhaite lutter contre les inégalités, mais en parlant de «responsabilité individuelle». Elle parle de «reconstruire la valeur travail», là où simplement on s'attendait à une charge contre la précarité et le chômage. Habilement, elle ne propose pas grand-chose d'autre que de taper sur la droite. «Car, enfin, qui licencie pour doper les cours de Bourse ? Qui considère les hommes et les femmes au travail comme de simples variables d'ajustement ?» «La droite», reprend laborieusement la foule. «La France ne veut plus de l'arrogance de gouvernement et du règne de l'argent-roi.» Là encore, applaudissements. Elle fustige Sarkozy et son concept d' «immigration choisie» . Après avoir «pillé les matières premières» des pays en développement, la droite, lance-t-elle, organise aujourd'hui «le pillage de la matière grise» .

Elle renvoie à la famille, aux valeurs de l'effort. A l'individu protégé par l'action publique. C'est la clé du «royalisme», «l'emploi, la sécurité, la famille, l'école, tout se tient», dit-elle. Sur certains sujets, d'un coup, l'armure craque un peu. Quand elle parle des inégalités entre les jeunes filles et les garçons en matière de salaire, des femmes «trop victimes du cancer du sein» ou des atteintes à l'environnement, une grande oratrice apparaît. Et son programme devient crédible pour la foule.

Puis, il faut bien parler d'Europe. Frangy est une terre du non au traité constitutionnel européen. Comment réconcilier nonistes et ouistes ? Par une prouesse : finalement, le oui, le non, c'est pareil. «Nous voulions, les uns et les autres, une Europe plus concrète, plus protectrice, plus citoyenne, plus sociale et plus politique.» Et de proposer «un texte court visant à mieux organiser, démocratiser, responsabiliser les instances européennes», soumis ensuite à référendum. Et l'Europe dont rêve la candidate n'est pas plus protectrice en matière économique ou plus interventionniste. Non, elle est l' «Europe de l'environnement et de la recherche». Qui permettra de lutter contre «les crises sanitaires, les problèmes de santé ou le réchauffement climatique».

Et puis, il faut aussi parler des institutions. La marotte de Montebourg, qui promeut la VIe République. Ségolène Royal, qui n'a jamais fait mine d'en vouloir, en parle. Et le bruit des applaudissements, d'un coup, monte d'un cran. Elle évoque une république du «respect», plus «représentative, plus participative, pas une politique au rabais», dit-elle. Elle ne va pourtant pas jusqu'à prôner la réforme constitutionnelle totale. Mais cela a le mérite de donner le change à son allié et hôte du jour. Voilà donc comment gagner : «La bataille sera rude mais exaltante», dit-elle. Y compris dans son propre parti.

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/199594.FR.php

© Libération

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PS : Rebsamen appelle DSK et Lang à se retirer

20050309Le numéro deux du PS a pu "vérifier la capacité de rassemblement" de Royal ce week-end. Il appelle donc ses deux rivaux à se ranger derrière elle.

Le numéro deux du Parti socialiste, François Rebsamen, a appelé lundi 21 août Dominique Strauss-Kahn et Jack Lang à abandonner leur candidature à l'investiture, dans une interview au Parisien/Aujourd'hui en France.
"Ma conviction, c'est qu'aujourd'hui, explique François Rebsamen, Dominique n'est pas le mieux placé pour faire gagner la gauche. La mieux placée, c'est Ségolène Royal". Et de poursuivre: "donc je regarde cela, et j'appelle Dominique et Jack à se retirer... surtout pour provoquer la réflexion".
"J'invite chacun à bien réfléchir. Quel que soit notre candidat, le rassemblement est nécessaire. Et cette démarche sera plus dure à opérer si les candidatures sont nombreuses", explique le numéro deux du PS.
"En Bourgogne, ce week-end, il était essentiel pour moi de vérifier la capacité de rassemblement de Ségolène. C'est fait", affirme-t-il.

© Le Nouvel Observateur

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REVUE DE PRESSE 21/08/06

Ségolène Royal


Les éditorialistes reviennent, lundi 21 août, sur le discours de Ségolène Royal lors de la Fête de la Rose.

LIBERATION
Jean-Michel Thénard

"(...) Paradoxe de la mondialisation, l'opinion n'attend plus des prétendants à l'Elysée qu'ils changent le monde, mais bien qu'ils changent leur vie. Que Ségolène Royal se revendique, hier, du Mitterrand qui voulait 'changer la vie' en 1981, est donc tombé à pic. Mais elle a aussi placé sa 'révolution démocratique' sous les auspices de la
deuxième gauche, celle qui se plie au 'concept exigeant de la responsabilité politique'. Autant dire qu'elle ratisse large pour arracher en novembre l'investiture des militants socialistes. Elle n'est pas en mauvaise 'situation' pour la décrocher: l'opinion l'applaudit, les ralliements d'élus se multiplient et Sarkozy l'a suffisamment désignée comme adversaire principal pour rassurer ceux qui la voudraient plus à gauche. Mais rien n'est plus difficile que de transformer sa popularité en suffrages, ils sont quelques-uns à le savoir. Le plus dur pour elle commence."

LA CROIX
Dominique Gerbaud

"En bonne élève de François Mitterrand, Ségolène Royal n'en fait qu'à sa tête, impose son calendrier et ses thèmes à ses concurrents socialistes. C'est sa manière à elle de prendre ses distances, de se distinguer des autres et de prouver qu'elle a non seulement une ambition mais aussi une personnalité. (...) On aimerait connaître sa position sur la place de la France au Liban et sur quelques grands dossiers difficiles qui attendent les candidats à la présidentielle. Pourquoi son silence - et celui des autres candidats à la candidature - sur la manière de combler le déficit attendu concernant les retraites ? Tout le monde sait qu'il faudra prendre des mesures impopulaires, mais personne n'en parle. Le bilan que nous dressons de la loi Fillon est à cet égard révélateur. La réforme de 2003 a certes permis d'économiser cinq milliards d'euros, ce qui n'est pas rien, mais il faut en trouver quatre autres. (...)"

LE COURRIER PICARD
Jean-François Montémont

"(...) La souris verte court rapide comme l'éclair dans la prairie d'éléphants patauds qui n'en peuvent plus de se faire ridiculiser à travers les enquêtes d'opinion. La messe serait-elle dite pour autant et la prochaine université d'été de la Rochelle serait-elle le top départ d'une épopée qui s'achèverait immanquablement à L'Elysée ? Halte là. Il faut se méfier comme de la peste des emballements et des mouvements de foule même si l'on doit constater qu'à Frangy c'est un véritable discours de portée nationale - et même internationale - qu'a prononcé la compagne de François Hollande. À huit mois de la présidentielle elle bouscule les lignes, provoque interrogations et même inquiétude du personnel politique. Nul ne contestera qu'il se passe quelque chose de peu commun, quelque chose qui ressemble à une révolution des idées et à une mutation silencieuse. Comme si le verbe avait enfin réussi à épouser la réalité."

L'ALSACE
Francis Laffon

"Autant le savoir: jusqu'en mai 2007, la présidentielle ne quittera plus l'actualité. Quant au pronostic final, les éditions antérieures invitent à la prudence, tant se multiplièrent rebondissements et surprises. Il y en d'ailleurs déjà une, puisque, voici un an encore, nul ne donnait Ségolène Royal en favorite du PS. Or, tel est le cas, aujourd'hui et les troupes socialistes se bousculent - et pas seulement au sens figuré du terme - pour l'approcher, de la même manière que des mouvements de foule se produisent, à droite, autour de Nicolas Sarkozy. (...) Au plan tactique, en surfant sur la vague porteuse des sondages, Ségolène Royal a fait, jusqu'ici, un sans faute. Au plan stratégique, c'est autre chose. Elle commence tout juste à esquisser un embryon de programme et seul est vraiment net... son art de l'ambiguïté. (...) A une telle distance de l'arrivée, le flou peut encore apparaître comme habile. L'esquive, néanmoins, ne peut tenir lieu durablement de politique... "

La PROVENCE
Georges Latil

"On appelle communément cela un grand oral. Dans le cas de Mme Royal, il s'agissait aussi d'un véritable examen de passage. Non seulement envers ses pairs mais aussi de l'opinion publique. En ancienne énarque rompue à l'exercice, force est de constater que celle qui a été de façon trop légère ou franchement machiste qualifiée de 'madonne des sondages', a franchi le cap brillamment. Et pan, tout d'abord, sur la trompe des éléphants ! Des vieux pré-retraités assoupis à ceux qui rêvent encore d'un destin national, sans oublier celui qui joue l'éternel retour, chacun en a pris pour son grade. Contrairement à d'aucun qui revendiquait un devoir d'inventaire et n'osait pas s'avouer socialiste en 2002, M. Royal a clairement fixé les règles du jeu. Sa candidature est de gauche, dans le droit fil de la lignée mitterrandienne, dans un souci de cohérence et d'identité politique. (...) Il y a quelques jours, M. Sarkozy avait relégué ses rivaux de droite à des années lumière. Hier, Mme Royal a renvoyé les siens à leurs atermoiements et à leurs contradictions politiciennes et idéologiques. La suite, vite !"

LA REPUBLIQUE DU CENTRE
Jacques Camus

"(...) Force est de reconnaître que Ségolène Royal a admirablement réussi son OPA sur l'investiture élyséenne. Hier à Frangy-en-Bresse, chez Arnaud Montebourg, elle a franchi un pas de plus vers son 'présidentialisme'. Loin d'avoir explosé, la 'bulle médiatique' a pris de la consistance. Une semaine avant l'université d'été du PS à La Rochelle, Ségolène Royal a 'grillé' avec candeur tous ses concurrents qui vont devoir se situer par rapport à elle. Ils n'auront rien à gagner à l'agresser ou à la brocarder. Que ce soit vrai ou non, Ségolène incarne le renouveau. Aujourd'hui, elle se pose en 'rassembleuse' de la gauche, dans la tradition mitterrandienne tout en revendiquant ce socialisme puritain qui plaît jusqu'à droite. Les ralliements qu'elle a suscités au PS prouvent que sa stratégie était la bonne: elle a contourné l'appareil pour séduire les militants. Qui, maintenant, osera s'en prendre à la +rosière+ de Frangy-en-Bresse?"

MIDI LIBRE
Michel Noblecourt

"'Si je suis en situation'. La formule a été utilisée hier par Ségolène Royal à la Fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire). Il ne fait pourtant guère de doute que la présidente de la région Poitou-Charentes, forte du ralliement d'Arnaud Montebourg et, plus encore, du soutien de François Rebsamen, numéro deux du PS, sera candidate à l'investiture socialiste. Mme Royal a donné deux signes forts de cette volonté de 'voir en 2007, la France concrétiser ce désir d'avenir et de changement'. Elle a livré, pour la première fois, un discours programme, fustigeant la 'brutalité de la droite' et 'insupportable' immigration choisie de Nicolas Sarkozy, abordant la politique internationale et parlant de la 'nécessité de révolutions'. Loin d'un copier-coller du projet du PS, le propos relevait de la profession de foi. (...)"

LE TELEGRAMME
Christine Clerc

"(...) Hier, en tout cas, à la fête de Frangy-en-Bresse, la présidente de Poitou-Charentes a tenu à mettre ses pas dans les traces de l'ex-président socialiste et à revendiquer son héritage : la lutte contre 'le règne de l'argent roi', l'attachement à la France des territoires, mais aussi la foi dans une Europe sociale, la colère contre une droite qui fait 'exploser le nombre de travailleurs pauvres', la dénonciation d'un ministre de l'Intérieur inventeur de l'immigration choisie pour 'piller les richesses humaines'. Tout y était, sauf le lyrisme du tribun Mitterrand qui savait, comme personne, soulever son public avant de le caresser d'une voix basse, en étreignant son pupitre. Bien droite, articulant son texte avec application, posant des questions à ses élèves en levant le doigt, madame Royal, elle, faisait davantage penser à une institutrice qu'à un tribun. (...)"

L'EST REPUBLICAIN
Pierre Taribo

"A Frangy-en-Bresse, on a vu monter la première marée du ségolisme triomphant. Une vague d'enthousiasme qui déferle et propage le bruit de l'échec pour les autres prétendants du PS. Ceux-là disent que le ségolisme n'est que du vent. Ils oublient simplement que beaucoup de socialistes l'ont déjà choisi. Et, s'ils en doutaient encore, les voilà dessillés. Certes, on n'a pas eu le souffle coupé par le discours-programme de la présidente de Poitou-Charentes qui a juste présenté un canevas, sans se déclarer vraiment candidate. Mais a-t-elle besoin de dévoiler ses intentions alors que, fascinée par son image, l'opinion l'a hissée en tête des présidentiables ? (...) Au fond, on s'aperçoit que Ségolène Royal ne s'appartient plus. D'un côté, il y a un discours ni très consistant, ni très entraînant. De l'autre, un phénomène Royal qui veut que quoi qu'elle dise ou qu'elle fasse, tout lui profite. C'est un peu comme si -l'ayant choisie- les médias, l'opinion et les sondeurs ne supportaient pas qu'on s'interpose devant elle."

LE REPUBLICAIN LORRAIN
Camille Ollivier

"(...) Bref, à droite, ce n'est plus comme à la veille de l'été, Nicolas Sarkozy et le désert. (...) Et voilà que, sur la scène publique française, Ségolène Royal le devance dans le coeur, et peut-être, dans le vote des Français. C'est que l'été a aussi contribué à accentuer la bipolarisation autour de ces deux personnalités. Elles se choisissent mutuellement désormais comme adversaires pour l'Elysée, ce qui ne fait pas du tout l'affaire des concurrents de la présidente de Poitou-Charentes. L'accueil de star qu'elle a reçu hier en Saône-et-Loire montre que le phénomène Ségolène, loin de s'atténuer, ne fait que s'amplifier. Plus le temps passe, moins l'on arrive à imaginer ce qui pourrait stopper son irrésistible ascension vers la candidature socialiste à la présidentielle."

LE JOURNAL DE LA HAUTE-MARNE
Patrice Chabanet

"Fille de militaire, Ségolène Royal le sait bien : plus le succès s'affirme, plus les ralliements se multiplient. Et plus les ralliements se multiplient, plus la favorite
des sondages saute la case de la désignation officielle par le PS pour s'imposer déjà comme la candidate socialiste à la présidentielle. Son discours, hier, dans le fief d'Arnaud Montebourg, ci-devant adversaire caustique de celle qu'il comparait à une météorite, constitue la feuille de route d'une présidentiable, et non plus d'une candidate à la candidature. Comme si la présidente de Poitou-Charentes voulait obtenir des Lang, Strauss-Kahn et Fabius leur abandon par jet de l'éponge et d'eux aussi un ralliement rédempteur. (...) Dès hier, Nicolas Sarkozy, probable candidat UMP a répondu à Ségolène Royal, probable candidate du PS, sur l'épineux dossier de l'immigration et de la régularisation des sans-papiers. Ce n'est plus la fable du lièvre et de la tortue, mais l'histoire des deux lièvres. (...)"

DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE
Olivier Picard

"Ça y est. Cette fois, elle a franchi le pas. Plus qu'une surprise pour le petit monde politique - après tout, elle n'a rien dit de surprenant - c'est une étape décisive pour elle-même. Dans sa tête, elle est candidate. (...) Reine des sondages, certes, elle a poussé son avantage en ralliant, semaine après semaine, plusieurs cadors du parti comme son numéro deux, François Rebsamen, ou le patron du groupe parlementaire, Jean-Marc Ayrault, ou encore le trublion des rénovateurs, Arnaud Montebourg. Elle réussit le luxe de rassembler un mouvement congénitalement divisé. De sections en sections, elle s'impose, comme naguère son mentor Mitterrand, comme un choix incontournable. La séduction en plus, même sans bikini turquoise. Ensuite, ce sera une autre paire de manches. Si on en juge par le phrasé laborieux de son discours d'hier, la campagne électorale, où elle aura beaucoup à perdre, ne sera pas une partie de plaisir."

CHARENTE LIBRE
Jacques Guyon

"Il y a peu encore, face aux barrissements jaloux des éléphants du parti, elle se disait gazelle. Mais aujourd'hui, au jeu du portrait chinois, on la dirait plutôt tortue. La tortue de La Fontaine qui regarde les lièvres dans son rétroviseur et a toutes les raisons de moquer ceux qui expliquaient qu'elle était partie trop tôt et qu'elle exploserait en vol au prétexte qu'elle manquait de ce souffle politique dont ils estimaient, eux, être les seuls dépositaires. Hier à Frangy-en-Bresse, Ségolène Royal avait en effet toutes les raisons d'afficher un large sourire: pour elle, tous les clignotants sont au vert avant l'université d'été du PS ce week-end à La Rochelle et surtout avant le vote des militants socialistes fin novembre pour désigner leur candidat(e...) à la présidentielle. Un sondage Ifop paru le matin-même dans 'Ouest France' la propulse encore plus haut et en fait la seule capable de battre sans coup férir Nicolas Sarkozy: 55 % d'intentions de vote contre seulement 42 % au président de l'UMP. (...)"

L'UNION
Hervé Chabaud

"Elle veut être plébiscitée par les militants pour mieux l'être par les Français ! Oui, Ségolène Royal veut l'Elysée comme Jeanne d'Arc voulait Charles VII pour le faire sacrer à Reims. Peu lui importent les handicaps. Martiale, elle croit en son étoile politique et brille de sa différence de femme. (...) Après son succès bourguignon digne d'un concert champêtre des Rolling Stones, ils sont hors de la scène et auront bien du mal à reprendre pied. Royal les a ringardisés et ses ralliés vont les atomiser dans les semaines qui viennent. Mieux vaut être ségoliste par les temps qui courent. Personne n'aurait imaginé il y a un an qu'elle aurait une telle popularité et pourrait dérouler les premiers messages de sa campagne forts d'une condamnation sans appel de la politique d'immigration de son probable adversaire de l'UMP, d'une redéfinition des relations sociales pour en briser l'archaïsme, d'une nouvelle politique européenne. A huit mois de la présidentielle, Ségolène se porte comme un charme. Mais il reste encore huit mois."

NICE MATIN
Marc Chevanche

"(...) L'attraction que la candidate à la candidature socialiste exerce sur les militants s'amplifie chaque jour. Elle est portée par cette donnée simple que Ségolène Royal apparaît non seulement comme le meilleur porte-drapeau socialiste à l'élection présidentielle, mais encore comme celle qui, seule, pourrait battre Nicolas Sarkozy, du moins si l'on en croit le dernier sondage Ifop-Ouest France. (...) On est ainsi supposé attendre d'elle, maintenant, qu'elle dise quelque chose de 'consistant' et qu'elle se transfigure en +femme d'Etat+. Et si l'électeur n'en avait cure ? Et si son attente ne le portait pas plutôt, demain, vers des personnages ordinaires pour une présidence banalisée ? Ce serait, en tout cas, amusant qu'il revienne à une femme de sonner le glas de l'intimidante figure de +l'homme d'Etat+ dont on ne ferait plus qu'invoquer les mânes."

© Le Nouvel Observateur

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Investiture PS : les Français pour Royal

20060820

Un sondage publié lundi indique que 54% des Français préfèrent Ségolène Royal comme candidate PS en 2007

Royal comme candidate à la présidentielle de 2007, devant Dominique Strauss-Kahn (23%) et Lionel Jospin (20%), selon un sondage CSA/Le Parisien/Aujourd'hui en France/i-Télé rendu public lundi 21 août.
La présidente de Poitou-Charentes améliore encore son score selon ce sondage réalisé en août alors que dans la précédente enquête de juin elle recueillait 42% d'opinion, devant Lionel Jospin (22%) et DSK (13%).
Jack Lang recueille quant à lui 19% (12% en juin), Laurent Fabius 11% (contre 12%), et François Hollande 10% (contre 3%). 16% des sondés, qui pouvaient donner deux réponses, ne se sont prononcés pour aucun des candidats (25% en juin).

"La plus compétente"

Ségolène Royal apparaît aux yeux des sondés comme "la plus compétente" des présidentiables PS pour ce qui est des questions de protection sociale-santé (32%), environnement (31%), pouvoir d'achat (28%), emploi (23%), immigration (22%), sécurité (21%). Mais avec 14%, elle est battue par Dominique Strauss-Kahn sur les questions internationales (il recueille 21%), tandis que Jack Lang est plébiscité sur les questions d'éducation (37%).
Par ailleurs, 49% des Français estiment que si le projet du Parti socialiste était appliqué, il permettrait "d'améliorer la situation de la France" (contre 40% qui pensent le contraire). 43% trouvent que le programme socialiste est réaliste (42% pensent le contraire), 42% estiment qu'il prend "en considération leurs préoccupations" (48% pensent l'inverse).

Sondage réalisé par téléphone les 17 et 18 août auprès d'un échantillon représentatif de 802 personnes âgées de 18 ans et plus selon la méthode des quotas.

© Le Nouvel Observateur

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Les principaux points du discours-programme

Voici les principaux points du discours-programme prononcé par Ségolène Royal, dimanche 20 août.

PRESIDENTIELLE
La bataille sera rude. Je lance ici à Frangy un appel au rassemblement de toutes celles et de tous ceux qui veulent que ça change et que la France se redresse. Avec vous, j'ai confiance. (...) Nous avons envie de voir en 2007 la France se relever et concrétiser ce désir d'avenir et de changement que je vois monter dans le pays.

LES SOCIALISTES
Pour mener la bataille de l'avenir, nous avons le devoir d'assurer l'unité des socialistes dans le respect de cette diversité et le rassemblement de la gauche. Les socialistes semblent souvent rechigner à faire bloc mais finissent, eux, toujours par serrer les rangs. C'est pourquoi il faut prendre avec philosophie les débats qui nous animent. (...) Nous savons que pour convaincre et entraîner les Français, nous devons commencer par regrouper nos forces.

L'HERITAGE DE MITTERRAND
Je revendique cette ligne mitterrandienne et j'en suis fière. (...)
Comme souvent, les paroles de François Mitterrand allaient droit à l'essentiel. Nous pouvons retenir:
- le devoir d'unité: sans elle, rien n'est possible
- le courage requis pour une cause qui nous dépasse
- la nécessité de mener des révolutions au sens de changements profonds pour que la justice l'emporte sur les égoïsmes et les routines

LA POLITIQUE D'IMMIGRATION DE NICOLAS SARKOZY
Voyez ce qu'organise le ministre de l'Intérieur, l'immigration choisie, mais qu'est ce que cela veut dire ? On irait piller la matière grise de ces pays après avoir pillé pendant des années et des années leurs matières premières en tant que pays colonisé ? Mais c'est insupportable. (...) Nous avons dans notre propre intérêt à favoriser le co-développement.

RELATIONS SOCIALES
Les Français ne sont pas fâchés avec la valeur travail mais profondément insatisfaits des conditions dans lesquelles ils travaillent. (...) La France doit sortir de l'archaïsme de ses relations sociales. J'ai vu, en Suède, un autre état d'esprit et des pratiques bien différentes, grâce à un syndicalisme de masse.

EUROPE
Notre horizon, c'est l'Europe sociale, l'Europe politique, et l'Europe de l'environnement. Il n'est évidemment pas question, pour les socialistes, de proposer à nouveau la ratification d'un traité constitutionnel que le peuple français a rejeté. Notre projet prévoit de proposer l'élaboration d'un texte court, visant à mieux organiser, démocratiser et responsabiliser les instances européennes. (...) Une fois négocié, il devrait être soumis à un référendum populaire. (...) Je vois deux chantiers majeurs pour cette Europe par la preuve: l'environnement et la recherche

LA POLITIQUE AMERICAINE
Les guerres préventives aggravent plus les problèmes qu'elles prétendent traiter. Il n'y a plus que Bush pour penser que le monde est plus sûr depuis l'occupation de l'Irak. Et le conflit au Liban vient de confirmer l'expérience de l'impuissance de la force. (...) Dans ce monde là, ni la peur ni le simplisme telle la théorie de l'Axe du mal ne sont bons conseillers.

LA POLITIQUE ETRANGERE DE LA FRANCE
Dans ce monde-là, la France n'a pas le droit de jouer un rôle effacé, d'abord parce qu'elle est membre du Conseil de sécurité et parce que sa géographie et son histoire la mettent au contact de l'Afrique, de l'Asie et du Moyen-Orient, d'où viennent certes
des menaces, mais aussi de solides amitiés. (...)
Le classement international place la France au 18ème rang sur 21 pays en matière d'aide au développement. Cela nous fait honte. Non seulement l'aide que nous apportons aux pays pauvres est parmi les plus faibles, mais elle va à des pays peu démocratiques. (...) La France est qualifiée de particulièrement performante pour la vente d'armes aux dictatures.

© Le Nouvel Observateur

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