Désirs d'avenir UK - Ségolène Royal 2007

Le Blog d'Outre-Manche de soutien à Ségolène Royal

30 septembre 2006

Allègre : Guigou appelle au "respect"

Elisabeth Guigou. Après les propos de Claude Allègre sur Ségolène Royal, l'ancienne ministre appelle à "préserver un certain respect" au sein du PS.

A la suite des propos de Claude Allègre sur Ségolène Royal, Elisabeth Guigou, députée PS de Seine-Saint-Denis, a appelé vendredi 29 septembre sur Public-Sénat "à préserver un certain respect" entre socialistes. "Je ne comprends pas les propos de Claude Allègre et je les désapprouve, parce que je trouve qu'entre socialistes, on n'a pas à parler comme ça", a déclaré Elisabeth Guigou, pourtant proche de Lionel Jospin. Claude Allègre avait jugé vendredi matin sur France Info que Ségolène Royal n'était capable ni de gagner, ni d'être président de la République". "Des propos pareils, qui d'ailleurs sont bien définitifs, parce que tout le monde peut toujours se révéler, ne sont pas acceptables", a-t-elle ajouté. "Entre socialistes, nous avons à préserver un certain respect. Je suis vraiment choquée par les attaques personnelles", a affirmé Elisabeth Guigou. "Si Ségolène Royal est investie par le Parti socialiste, nous devrons tous être là pour aider dans la campagne parce que notre seul adversaire, ça doit être Nicolas Sarkozy. Il faudra que les socialistes fassent bloc", a-t-elle conclu.

© Le Nouvel Observateur

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Discours de Ségolène Royal à Vitrolles

Seule, je ne peux rien, mais si nous sommes de plus en plus nombreux, alors tout devient possible !

Chers amis, chers camarades,

Merci d’abord pour le bonheur de votre présence.
Merci aux organisateurs de cette soirée, Eugène Caselli et Patrick Menucci, les artisans inlassables d’un soutien des premiers jours qui n’a jamais manqué.

Merci pour la présence de nombreux élus d’ici, de ce département, et d’ailleurs, que je reconnais dans la salle.

Et puis merci à toi, Jean-Noël, dont les mots justes et forts viennent de faire écho à ceux de Pierre Mauroy et de nombreux élus et militants du Nord qui m’ont rejointe hier. Beau symbole : le Nord et le Sud en mouvement pour nous entraîner vers 2007.

Vous m’avez déjà accueillie ici, il y a six mois, avec Guy Obino, le maire de Vitrolles, le 24 mars dernier. Et déjà : cet incroyable accueil, cette chaleur incomparable, cette énergie militante et fraternelle.

Ces retrouvailles avec les Bouches du Rhône interviennent tout près du vote au sein du Parti Socialiste. Dans quelques semaines, les militants désigneront celui ou celle qui aura le devoir de victoire. Pour faire gagner la gauche et faire avancer la France.

J’entends ces appels dont Jean-Noël a parlé.
Je ferai tout pour en être à la hauteur.
Je mesure, dans ces soutiens, l’honneur qui m’est fait.
Je n’en tire aucune gloire personnelle.
Seule, je ne peux rien, mais si nous sommes de plus en plus nombreux, alors tout devient possible !

Depuis des mois que je parcours la France et ma région, je vois ces foules sentimentales et joyeuses, comme ce soir, j’aperçois beaucoup, beaucoup de femmes, j’apprécie cette alliance entre les anciens et les jeunes, de nombreux, très nombreux jeunes : vous êtes notre avenir et avec vous, nous définirons une nouvelle donne.

Alors ici, au milieu des militants et des Français,
je réponds à ta question, Jean-Noël.
Avec simplicité. Avec gravité aussi.
Consciente du poids des mots et de l'importance de l'acte.
Oui, j'accepte d'assumer cette mission de conquête pour la France
et les épreuves qui vont avec, dont je veux protéger ma famille.
Et donc de me présenter au vote des socialistes,
puis, je l'espère, au jugement des Français
en gagnant, par le mérite, leur confiance en avril 2007.
Accomplir le changement profond espéré, incarner la nation, puis bien faire fonctionner l'Etat, telle est la tâche qui nous attend.

J’apprécie de m’adresser à vous dans cette ville, symbole de la reconquête républicaine par la gauche, pour vous parler de la nation qui tient fermement debout, de la République pour tous et de l’autorité d’un Etat efficace.

Vous le savez mieux que personne, Vitrolles a vécu le pire : l’arrêt brutal des solidarités municipales, la guerre déclarée à la culture et au mouvement associatif, les quartiers populaires mis à l’index, la tentative d’instaurer une politique familiale discriminatoire, le racket des contribuables et des usagers et, pour couronner le tout, la faillite financière ! Ce devait être le laboratoire de l’extrême-droite. Ce fut le révélateur de son incompétence haineuse.

Il faut que les Français le sachent : ce n’est pas en les dressant les uns contre les autres que l’on redresse le pays.
Ce n’est pas trahissant la République qu’on relève la nation.
Au contraire.

L’élection présidentielle va à l’essentiel :
la possibilité de choisir son destin
et de le maîtriser dans les turbulences du monde d’aujourd’hui.
Oui, la France peut reprendre la main !
Oui, elle peut se protéger efficacement contre les désordres qui l’assaillent. Croire suffisamment en elle, renouer avec le meilleur de son histoire, se projeter à nouveau dans l’avenir et construire un avenir commun.

Car les questions qui se posent aux Français nous les connaissons.
La pauvreté et la précarité sont-elles une fatalité ? Non !
Ces risques inédits, ces inégalités qui se creusent, ces fragilités qui déstabilisent même ceux qui se croyaient à l’abri, est-ce là le visage inéluctable de la modernité ? Non plus !
Ces jeunes qui désespèrent de pouvoir vivre un jour de leur travail,
ces salariés qu’on pousse vers la sortie bien avant l’âge de la retraite,
ces familles qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts, à se loger correctement, à élever leurs enfants, et qui s’endettent pour faire face aux dépenses courantes,
est-ce cela la condition promise aux millions d’ouvriers, d’employés, de salariés mais aussi d’artisans, de commerçants, de petits agriculteurs qui forment l’immense majorité du peuple français ?
La mondialisation sonne-t-elle le glas du rôle de l’Etat et condamne-t-elle la nation ? La globalisation financière met-elle forcément à bas les protections sociales ? Non !
Les socialistes ne le veulent pas et ce sont là les combats qu’il faudra mener.

Ce désir de France que nous gardons au cœur n’est pas condamné à dépérir : il constitue un atout pour les combats d’aujourd’hui.
Et cette « passion de l’égalité », constitutive de notre identité, reste de nos jours le meilleur guide pour l’action.

Quand on demande aux Français ce qui, pour eux, symbolise le mieux la France, ce qui vient en premier ce ne sont ni les frontières ni la langue, c’est le drapeau tricolore et la sécurité sociale. L’emblème de la République et les outils de la solidarité : voilà ce qui cimente en premier l’appartenance commune.

Mais plus les insécurités sociales quotidiennes et la précarité gagnent du terrain, plus les Français ont mal à la France. Et plus ils s’inquiètent de la pérennité de la nation, moins ils sont portés à la vouloir généreuse avec les siens et hospitalière aux autres. Car, chez nous, on le sait, le social et le national marchent ensemble et c’est l’Etat qui est garant de leur alliance. Ce pacte républicain est aujourd’hui malmené, affaibli, parfois même frontalement remis en cause. Or les Français y sont attachés mais se demandent s’il est encore viable, et si oui, comment l’actualiser. Au nom de quelles valeurs, pour quelles sécurités nouvelles, en vue de quels équilibres ?

Je vous le dis : la campagne des élections présidentielles va permettre de refonder ce pacte républicain et d’apporter la preuve que la parole sera tenue. C’est pourquoi cette campagne devra être participative. Parce que ce pacte républicain doit être redéfini avec tous les Français. C’est parce que nous arriverons à faire lever leur parole pendant cette campagne que nous aurons ensuite l’obligation de respecter la parole donnée, qui a si souvent manqué au peuple français.

A toutes ces questions et à bien d’autres qui tenaillent les Français, à tous ces problèmes qui ne sont ni de droite ni de gauche – ce sont des problèmes, tout simplement - il y a bien des réponses de droite et des réponses de gauche.

Sur l’emploi stable, sur l’avenir de l’école, sur l’avenir des retraites, sur la santé, l’environnement, les conditions de travail, le logement, les transports, la culture, la sécurité publique et la lutte contre toutes les formes d’insécurité et de violence, dont le niveau jamais atteint est la marque de la faillite de la droite, oui, il y a des réponses efficaces et de gauche !

Le clivage droite-gauche n’a jamais été aussi pertinent qu’aujourd’hui, jamais aussi actuel. C’est à nous, à l’écoute des inquiétudes et des espoirs des Français, de construire avec eux et forts des orientations de notre projet socialiste l’alternative crédible à la politique de la droite dont le pays a besoin. Car les Français ne veulent pas d’une fausse rupture. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un vrai changement, appuyé sur un impérieux devoir d’invention, afin de construire le progrès pour tous et le respect pour chacun.

La droite et la gauche, cela vient de loin : de la naissance de la République. Cela structure de longue date deux visions du monde, deux attitudes opposées face au désordre des choses et aux injustices, deux conceptions du rôle de la puissance publique.

Pour la droite, au fond, les inégalités sont naturelles, elles sont le prix à payer pour le dynamisme du marché et chacun, d’où qu’il parte, est seul responsable de son point d’arrivée.
Pour nous, l’égalité ne se borne pas aux droits théoriques des citoyens devant la loi : le combat contre l’inégalité des chances et contre sa reproduction héréditaire est au cœur de notre engagement. Pour nous, « il faut subordonner , comme l’écrivait Jaurès, les lois brutales de la concurrence aux lois supérieures de la vie » et donner à chacun les moyens de prendre effectivement son existence en main. Voilà pourquoi, pour nous, la liberté et la responsabilité individuelle, qui sont aussi des valeurs de gauche quoique parfois trop délaissées, appellent le renforcement des solidarités et des garanties collectives et non pas leur affaiblissement. C’est cela qui nous distingue de la droite.

Le socialisme, c’est une histoire et une mémoire que nous avons reçues en héritage.
C’est une lignée dont nous sommes fiers.
Nous savons ce que les conquêtes sociales doivent aux luttes du mouvement ouvrier. Nous savons ce qu’il en a coûté de courage, de ténacité et de solidarités pour arracher une à une les premières lois sociales et aussi ce droit de grève, désormais garanti, mais qu’on voudrait, à droite et sous les acclamations du Medef, remettre en cause.

Ces luttes, si elles ont changé d’objectif, sont toujours d’actualité et plus que jamais nécessaires à l’échelle de la planète.

En célébrant cette année l’anniversaire du Front Populaire, nous nous souvenons de l’immense espoir de dignité et de vie meilleure qui souleva alors la France du travail. Une certaine droite de l’époque s’indigna des bals improvisés dans les usines. Mais le combat n’est pas moins respectable ou moins juste quand le plaisir et la fête sont aussi de la partie !

Pour nous, socialistes, un fil solide relie les espérances d’hier à celles d’aujourd’hui, ce qui n’empêche pas, comme le disaient les rappeurs marseillais d’IAM, «d’inventer le futur plutôt que sampler le passé ».

Bien sûr, le monde a changé.
Bien sûr, des questions nouvelles sont apparues depuis.
Etre fidèles au patrimoine vivant du socialisme, c’est faire dans le temps qui est le nôtre ce que nos prédécesseurs surent faire : ouvrir des droits nouveaux, créer des protections nécessaires, tenir ferme le cap du progrès social et inventer des libertés neuves.

Forts de leurs valeurs, nos grands anciens n’ont pas craint de porter sur leur époque un regard neuf car c’est aussi cela être socialiste : « le socialisme n’est pas une momie enveloppée de bandelettes doctrinales. Nous avons des idées directrices mais nous sommes un parti vivant, nous poursuivons notre œuvre de justice non dans le vide mais au travers des réalités multiples et diverses de la société présente ».
En regardant la réalité de la vie quotidienne.
Pour aller à contre-courant des pesanteurs et des frilosités.
François Mitterrand nous a rappelé que le socialisme n’est pas un dogme figé mais une méthode vivante.
Et nous sommes fiers, nous socialistes, de commémorer ces jours-ci le vingt-cinquième anniversaire de l’abolition de la peine de mort.

C’est parce que nous avons le courage de regarder la réalité en face que je crois, moi, la gauche plus capable que la droite d’assurer la sécurité des biens et des personnes tout en offrant aux jeunes qui dérapent autre chose que la prison pour les recadrer. C’est l’ordre juste et la sécurité durable.

Je crois, moi, que la gauche est plus capable que la droite de préparer l’avenir du pays, de faire éclore les activités et les emplois de demain en investissant massivement dans la formation, dans la recherche et dans l’innovation, qui ont été dramatiquement délaissées.

Je crois, moi, que la gauche est plus capable que la droite d’instaurer un ordre économique juste fondé sur un pacte à trois – entre les entreprises, les salariés et les pouvoirs publics – qui soutienne la compétitivité en misant sur le facteur humain, sur la formation professionnelle tout au long de la vie, sur la sécurité sociale professionnelle et sur l’excellence environnementale.

Je crois, moi, que la gauche est la seule capable de remettre l’éducation au cœur de tout, de remettre l’école d’aplomb, de remettre de la culture partout, sur tout le territoire, de donner à chaque enfant le droit à la culture et à une ambition scolaire ainsi qu’à la récompense de l’effort.

Je crois, mes chers camarades, que nous pouvons être des socialistes la tête haute, fiers de notre identité, sans sectarisme mais sans complexe.

Le parti socialiste devient - et deviendra pendant cette campagne - « un de ces lieux d’exception où l’on sait remettre en chantier l’examen du réel ». La feuille de route me convient. A vous aussi, j’en suis sûre.

Alors, quelle est elle notre responsabilité ?
C’est redresser le pays et lui redonner toutes ses chances.
Lui donner cette fierté sans arrogance qui l’aidera à rassembler ses forces et à écrire, avec tous les siens, une nouvelle page de l’histoire.

Car nous croyons à la France, à ses talents, à son potentiel, à sa jeunesse, à son goût d’entreprendre et à la solidité toujours actuelle de la nation, de l’Etat et de la République.

La France, je la vois créative, innovante mais bridée de trop de lourdeurs bureaucratiques et fragilisée par un Etat qui se désengage.

Je la sens en avance sur ceux qui la gouvernent et se plaignent injustement de son immobilisme. Non, les Français ne sont pas hostiles au changement ! Ils l’attendent même désespérément. Mais ils ne sont pas disposés, et ils ont bien raison, à accepter des décisions qu’on leur impose sans les y associer. Ils ne sont pas partants pour des sacrifices mal compris et mal repartis, qui pèsent toujours sur les mêmes. C’est pourquoi la démocratie participative est une façon de répondre à la crise démocratique.

La droite a le toupet d’appeler « réforme » - les mots n’ont plus de sens ! - le démantèlement des protections sociales et l’avènement d’une société du précariat, avec le CNE et sa tentative de CPE.
Mais cela, les Français n’en veulent pas et ils ont bien raison !
Car ce n’est pas moderniser le pays : c’est défaire la France.

Ils nous répètent que le pouvoir échappe à la nation,
que la volonté politique ne peut plus grand chose,
que ce n’est plus l’Etat-Providence mais l’Etat-minimal, faiblement protecteur, qui serait dans le sens de l’histoire.
Nous ne sommes pas d’accord !

Ils nous disent que la mondialisation a disqualifié la nation
et que l’aspiration croissante à l’autonomie individuelle
se ferait forcément au détriment du collectif national.
Nous ne sommes pas d’accord !

Ma conviction est à l’inverse de cette idéologie insidieuse :
c’est en restant au service des valeurs de justice et de progrès que nous pourrons résister le plus efficacement aux vents mauvais d’un libéralisme sans foi ni loi et saisir ensemble les opportunités d’une mondialisation qui porte dans ses flancs le pire comme le meilleur, selon ce que nous saurons en faire.

Je crois que la nation, dans le monde d’aujourd’hui, est protectrice des individus et doit apporter à chacun le renfort dont il a besoin pour maîtriser sa vie.

Cette nation remplissant son devoir à l’égard de tous ses membres, je ne la veux pas frileuse, apeurée, défensive, doutant d’elle-même, mais au contraire, porteuse d’un projet collectif et solidaire, d’un devoir d’invention qui lui donne tout son sens et tout son allant !

Imaginer la France, c’est vrai, ne va plus de soi et nous devrons le faire ensemble. Mais ne lui renvoyer que l’image de son déclin et la sommer sans cesse de renoncer à son « exception » pour se banaliser et s’aligner sur les pays où, paraît-il, le marché sans entrave pourvoirait au bonheur de tous, c’est rendre à la France un bien mauvais service et attiser l’exaspération des Français.

Je crois qu’il y a beaucoup à corriger dans le fonctionnement de nos systèmes de solidarité mais certainement pas pour les amoindrir : pour les rendre plus efficaces et plus justes. Je crois que nous devons incarner l’ambition d’une France économiquement dynamique et socialement plus solidaire.

Imaginer la France ne va plus de soi parce qu’elle s’est beaucoup transformée, pluralisée, diversifiée et colorée sans encore admettre totalement ce qu’elle est devenue.
Pour en tirer parti et fierté, la France, je vous le dis, doit achever de reconnaître comme ses enfants légitimes ceux dont les familles sont venues d’ailleurs et qui sont aujourd’hui des Français à part entière quoique toujours exposés aux discriminations.
Oui, la France doit non seulement les reconnaître comme ses enfants légitimes, mais s’appuyer sur eux comme sur tous ses enfants.
La France doit écouter ce qu’ils lui disent, notamment les moins nantis. Elle doit même comprendre ce qu’ils ne lui disent pas.

Jusqu'à quand parlera-t-on de 2ème, de 3ème ou de 4ème génération pour certains descendants d’immigrés alors qu’on ne le fait jamais pour ceux dont les parents sont originaires d’Europe ?
Jusqu’à quand parlera-t-on de Français « de souche » comme si les autres étaient… de feuillage ou de branchage ?
C’est cela aussi la tâche de la gauche : aider la France à se reconnaître comme elle est et à se reconnaître dans cette diversité humaine, une formidable chance pour nous tous.

L’honneur de la République, la fidélité de la France à ses idéaux, c’est aussi la lucidité d’une histoire partagée, dans une France respectueuse de toutes les mémoires, et accueillante à tous les siens, nés ici ou ailleurs.
C’est une France qui reconnaît, en 2001, l’esclavage comme crime contre l’humanité.
C’est une France qui demande, à juste titre, pardon pour la Rafle du Vel d’Hiv’ et le régime de Vichy.
C’est une France qui refuse de reconnaître des « aspects positifs » dans la colonisation, système de domination et d’asservissement.

Ce n’est jamais quand elle oublie ses valeurs mais, au contraire, quand elle les prend au mot et reste fidèle à elle-même que la France peut aussi, au-delà de ses frontières, parler du monde et au monde.
Car la Nation, pour la gauche, est indissociable d’une perspective plus large.
Car nous sommes de ce pays, la France, où l’on « vota la liberté du monde », où l’on fit une Constitution en pensant à l’univers entier.
Car «c’est en donnant aux peuples l’exemple et le signal de la justice » que la France se ressemble et se rassemble.

Je veux, avec vous, une France forte, qui retrouve sa place dans le monde et dans l’Europe. Parce que la France a besoin d’Europe pour mieux faire face aux dérives de la mondialisation. La France a besoin d’Europe pour être en paix à l’intérieur et sereine à l’extérieur, sans agressivité mais sans concession non plus sur ce que doit être son rôle.

Je m’oppose à une diplomatie rhétoricienne, sans crédit.
Je veux une diplomatie du partenariat exigeant, libre dans sa parole parce qu’un allié authentique est quelqu’un à qui on peut dire la vérité.

Je veux une France juste à l’extérieur de ses frontières car, dans un monde qui se déchire, hanté par les conflits de civilisation, la justice est ce à quoi nous aspirons tous à l’échelle de la planète, de Badgad à Kaboul ou à Guantanamo.
Pour agir efficacement pour la paix et la sécurité dans le monde,
pour agir contre la faillite des Etats et contre les trafics de toutes sortes,
il faut mettre le développement, la santé et l’éducation au cœur de notre politique étrangère.

Chers amis, chers camarades, le chemin sera long jusqu’à la victoire,
même si, somme toute, six mois c’est assez vite passé.
Mais c’est aujourd’hui un beau jour pour partir vers cette victoire,
portés par une cause plus grande que nous.

Rassemblons-nous,rassemblons la gauche,mobilisons-nous,
demandons nous ce que nous pouvons faire pour notre pays,
imaginons une France qui aura le courage d’affronter les mutations
sans renoncer à son idéal de liberté, d’égalité, de fraternité et de solidarité, pour un ordre juste, des énergies positives et des libertés nouvelles.

Pour tirer le pays vers le haut, il faut bien sûr comprendre les changements du monde alentours, mais il faut d’abord aimer la France, afin que les Français se retrouvent, heureux, en elle, avec un vrai désir d’avenir.

C’est à cela que je vous invite.
Tous ensemble, volonté et courage, en avant !

Vitrolles
29 septembre 2006

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29 septembre 2006

PS : les candidats auront bien leurs parrainages

Selon le secrétaire national aux élections du PS, Laurent Fabius, Jack Lang, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn, auront les 30 parrainages requis pour être candidats à l'investiture socialiste.

Laurent Fabius, Jack Lang, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn seront prêts pour la course socialiste. Bruno Le Roux, secrétaire national aux élections du PS, a annoncé vendredi 29 septembre que les quatre présidentiables PS auront les 30 parrainages requis pour être candidats à l'investiture socialiste.
"La question des trente parrainages nécessaires pour être candidat à l'investiture pour 2007 est réglée", a déclaré Bruno Le Roux.
Rappelant que les parrainages avaient été imaginés "comme mesure politique pour éviter les candidatures bidons", il a affirmé que cette exigence ne pouvait "être le prétexte à mettre à terre" un des quatre candidats potentiels et que si Jack Lang n'a pas encore les trente signatures, "il les aura".
Vendredi matin, Dominique Strauss-Kahn a été le premier à se lancer en annonçant officiellement sa candidature depuis son fief de Sarcelles (Val d'Oise), se présentant comme le "meilleur rempart contre la droite".
Ségolène Royal est plus que jamais favorite depuis que Lionel Jospin a annoncé jeudi qu'il jetait l'éponge.

© Le Nouvel Observateur

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Les clés de "l'ordre juste"

Ségolène Royal a esquissé par petites touches ces derniers mois ses principales idées pour instaurer un "ordre juste" où "tout se tient: emploi, sécurités, famille, école". Inventaire:

20060119ECONOMIE ET EMPLOI: "reconstruire la valeur travail"

- Elle préconise une "nouvelle donne" économique qui allie "agilité" (elle préfère le mot à "souplesse") pour les entreprises et "sécurité" pour les salariés, sur le modèle scandinave. Les salariés seraient couverts par une "Sécurité sociale professionnelle", prévue par le projet du PS, qui les protégerait en cas de perte d'emploi.

- Chômage: réforme "profonde" de l'ANPE pour adapter les "qualifications" des salariés aux "besoins des entreprises". "Personne ne devrait être payé à ne rien faire", juge-t-elle par ailleurs.

- 35 heures: elle n'exclut pas des assouplissements pour ceux "qui veulent travailler plus" ou "moduler" leur temps de travail "selon les étapes de la vie". Elle dresse un bilan "mitigé" des lois Aubry.

- Allégement de charges pour les entreprises qui embauchent des salariés non qualifiés, des jeunes sans expérience professionnelle, des chômeurs de longue durée ou des salariés âgés.

- Fiscalité: "réforme en profondeur" des stock-options.

SECURITE: "une sécurité durable"

- Les parents seraient contraints à faire des "stages" dans des "écoles de parents" au "premier acte20060610 d'incivilité" de leur enfant en primaire.

- Les "perturbateurs" des collèges seraient placés "d'office dans des internats-relais".

- "Deuxième poste d'enseignant" dans les classes difficiles.

- Placement "d'office dans un service à encadrement militaire à vocation humanitaire ou pour apprendre un métier" pour les jeunes de plus de 16 ans, dès le premier acte de délinquance.

- Mise sous tutelle des allocations familiales des parents défaillants, comme le prévoit déjà une loi de 1966.

- Soutien scolaire individuel gratuit pour les enfants en difficulté.

- "Tutorat" des étudiants de deuxième cycle sur ceux du premier cycle pour les aider.

20060911IMMIGRATION (voir aussi http://www.segoleneroyal2007.net/article-3948642.html): "partagée" et non "choisie"

- Contre une régularisation massive, elle préfère un règlement "au cas par cas" et déplore la suppression du système de régularisation au bout de dix ans. Elle veut mettre en regard les autorisations de séjour et les besoins des entreprises, mission qui incomberait aux préfets.

- Elle propose un "visa saisonnier régulier" pour les travailleurs saisonniers.

- Expulser "systématiquement" à leur sortie de prison les "délinquants dangereux" arrivés "depuis peu" en France.

- Accroître l'aide au développement des pays pauvres, en leur apprenant notamment à utiliser l'énergie solaire.

file_200208_71094SOCIETE:

- Homosexualité: initialement réservée sur le mariage et l'adoption par les couples homosexuels, elle a promis des "avancées". Mais "sur ces questions de société, il faut rassembler une majorité de Français" et ne pas "déchaîner les passions", a-t-elle nuancé. Elle s'est toutefois prononcé en faveur de l'égalité des droits et de l'homoparentalité.

- Education: "assouplissement" de la carte scolaire pour laisser aux parents le choix entre deux ou trois établissements.
Du « soutien scolaire gratuit aux enfants, au bon moment, quand ils en ont besoin », une mission que les étudiants pourraient être incités à mener moyennant « des points supplémentaires, des unités de valeur » dans leur propre cursus. Ce « travail d'encadrement » serait étendu aux universitaires de troisième et quatrième année : « Tous devront faire du tutorat » auprès de leurs cadets de première et deuxième année.

- Syndicats: faire "émerger un syndicalisme de masse". Elle a émis l'idée de rendre l'adhésion à un syndicat obligatoire.

- Retraites: réforme du régime de retraite des élus.

- Internet: création d'un "système de licence globale forfaitaire" pour financer en partie la création.

- Drogues: pas de dépénalisation.

- Faire de la France le pays de "l'excellence environnementale".

h_9_ill_789066_royal_soissonsINSTITUTIONS: une "République du respect"

- Instaurer le vote obligatoire, le non-cumul des mandats, la reconnaissance du vote blanc, une décentralisation "radicale".

- Démocratie "participative" pour que les citoyens prennent part aux décisions qui les concernent.

- Faire respecter la parité.

DIPLOMATIE:

- Etats-Unis: elle refuse de s'"agenouiller" devant George W. Bush, dont elle juge la théorie de l'Axe du mal "simpliste". Elle considère que "les guerres préventives aggravent les problèmes".

- UE: elle veut faire l'"Europe par la preuve" en lançant des "programmes européens" sur "l'après-pétrole" ou "la recherche".

Avec AP

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Le système Ségolène

Et si les éléphants étaient défaits par un coucou ?

Le système Ségolène

adce71ff7646f5f50997a13b53bb0f670_midElle a tout fait à l'envers. Elle a commencé seule. Toute seule. Sans véritable troupe ni appareil. Avec juste sa popularité. Aujourd'hui, alors que les présidentiables du PS tentent de lui barrer la route, la présidente de Poitou-Charentes aligne son état-major et ses réseaux. Mais à sa manière, surprenante, comme toujours. Comment met-elle en marche sa machine de guerre ? Comment recrute-t-elle chez les hauts fonctionnaires, les anciens briscards du mitterrandisme, les internautes ou les militants de base ? Et surtout comment a-t-elle su profiter de l'évolution du PS pour s'imposer ? Enquête de François Bazin, Agathe Logeart, Claude Askolovitch et Matthieu Croissandeau

Ce matin-là de septembre, elle montre ses muscles et elle aime ça. A l'Assemblée nationale, Ségolène Royal a réuni, comme chaque mardi, la petite troupe de ceux qui, au sein du PS, forment son état-major de campagne. Des élus, des responsables de fédération, des hommes d'appareil - très peu de femmes ! Ils sont une soixantaine et la candidate favorite des Français a tenu à ce que cela se sache. Au fond, c'est la seule nouveauté. Cet aréopage a désormais un nom ronflant : « conseil politique ». Voilà en fait quatre mois qu'il se réunit chaque semaine. Il s'est progressivement étoffé au fil des ralliements. Ony parle plus organisation que stratégie. Ony commente plus qu'on y décide. Dans lesystème Ségo, ce n'est pas là que les grandes décisions se prennent. Mais qu'importe. Désormais, il faut faire masse.
C'est l'enjeu de la période. Faire comme les autres. Faire comme les grands. Aligner des troupes. Donner des listes. Et sur ce terrain-là, les ségolénistes ne sont pas les plus manchots. 30 porte-parole, 3 secrétaires fédéraux - pour commencer ! -, 250 experts rebaptisés «personnes ressources», 400 comités locaux du club Désirs d'avenir, des amis à la pelle, des têtes de réseau comme s'il en pleuvait, des people - réels ou supposés. N'en jetez plus. Au début de l'année, une étoile est née. Huit mois plus tard, une machine se met en branle. En terme de com, c'est très bien fait. Pourtant, quand on y regarde de près, la planète Ségolène est un ensemble à la fois moins structuré, plus informel, plus souple aussi que ses inspirateursne veulent bien le dire. C'est peut-être d'ailleurs aussi la vraie raison de son efficacité. Pour comprendre, il faut aller à l'essentiel :une femme, son histoire et ses modes degouvernement.

h_9_ill_804909_segoQuand tout commence, à la fin de l'année dernière, elle est seule. Toute seule. Un présidentiable qui ne soit pas, au préalable, chef de courant ou de clan : dans l'histoire du PS, on n'a jamais vu ça. D'abord des troupes, ensuite une crédibilité, enfin une popularité : c'est le cursus classique des prétendants à l'Elysée. De Mitterrand à Jospin, la voie a été tracée. Ségolène Royal, elle, va tout faire à l'envers. Qui est-elle en effet au moment où, en quelques semaines, éclate son ambition et enflent les sondages qui la portent ? Un électron libre, à coup sûr, symbole depuis le printemps 2004, à la présidence de la région Poitou-Charentes, du renouveau socialiste. Une ancienne ministre aux méthodes décoiffantes mais sans aucune expérience des fonctions régaliennes où, dit-on, se forge le caractère des grands de la politique. La compagne du chef enfin - et pourquoi le nier ? -, protégée et marginalisée à ce titre par un appareil qui ne l'accepte qu'à condition qu'elle reste dans l'ombre du premier secrétaire.
C'est avec ça - donc pas grand-chose... - que Ségolène Royal a noué sa pelote sous l'oeil incrédule des éléphants et des professionnels du circuit. Le noyau initial du ségolénisme est un agrégat qui résume son parcours. Sa base stratégique est alors à Poitiers, au siège du conseil régional. Quand elle s'y est installée, à la hussarde, elle avait fait venir de Paris quelques fidèles en qui elle avait toute confiance : l'un de ses anciens directeurs de cabinet, Jean-Luc Fulachier, ainsi que sa vieille amie Sophie Bouchet-Petersen, qui fut, au ministère de la Famille, sa conseillère spéciale. Bon pour la région ! Bon pour la course à l'Elysée.... «Avec ses collaborateurs, si ça marche, c'est à la vie à la mort. Sinon ça gicle», explique l'un de ses proches. C'est le côté presque familial du système. Un autre de ses piliers, Christophe Chan-tepy, est un conseiller d'Etat, bon connaisseur du PS, dont il fut un temps délégué national. Lui aussi a dirigé l'un de ses cabinets ministériels. Petit monde !
C'est le temps des origines. C'est le temps des copains et des bouts de ficelle. Jacques Attali, qui en 1981 a parrainé son entrée très discrète dans les équipes Mitterrand, offre sa vraie spécialité : les relations publiques dans les dîners en ville. Nathalie Rastoin, une pro de la com, est également là, mais à titre purement amical. De même que l'avocat Jean-Pierre Mignard, le complice de toujours, l'ami de Ségolène et de François, homme de réseau s'il en est. Et puis il y a Juju - comprenez Julien Dray - et ses derniers potes dont l'influence, au coeur du PS, est inversement proportionnelle à leur nombre et dont le ségolénisme latent n'attendait que la première occasion pour se manifester au grand jour. Est-ce ainsi qu'on opère le hold-up politique du siècle ?
Le plus étonnant dans cette aventure à nulle autre pareille, c'est donc qu'elle a longtemps prospéré sur des bases quasi SEGOROSEartisanales. Dans le saint des saints du système, les apports nouveaux se comptent sur les doigts d'une seule main. Ce sont tous des hommes de parti et de campagne : Patrick Mennucci, pur produit des Bouches-du-Rhône, incorporé en marge d'un voyage au Chili, ou Thierry Lajoie, un ex-chef de cabinet de Fabius, revenu dans le circuit après un long exil et repéré dans un groupe d'experts. Derrière les organigrammes destinés à impressionner, il y a ici la réalité du ségolénisme politique. C'est celui qui se réunit en tout petit comité, souvent le dimanche matin, au domicile privé de Ségolène Royal, à Boulogne-Billancourt, autour de Sophie Bouchet-Petersen, Christophe Chantepy, Nathalie Rastoin et Thierry Lajoie. Trois anciens pour un nouveau ! Dans un dispositif élargi, c'est celui qui le 14-Juillet dernier s'est retrouvé pour un séminaire de travail au siège de l'association des présidents de région, boulevard Saint-Germain à Paris.
20 personnes, pas davantage : l'équipe du Poitou, les amis proches et une poignée d'élus locaux tels le maire de Lyon, Gérard Collomb, le maire de Bondy, Gilbert Roger, ou le président de la Lorraine, Jean-Pierre Masseret, qui fut longtemps le patron de la fraternelle Ramadier, où se trouvent tous les parlementaires socialistes et francs-maçons. Ce jour de fête nationale, quelques chars revenus des Champs-Elysées sont passés à grand bruit sous les fenêtres du séminaire. Tout le monde s'est alors mis au balcon, la candidate la première. Une répétition générale pour une future présidente et de futurs ministres ?
La planète Ségolène, pour l'essentiel, c'est cela. Du baroque resté un tantinet familial avec des protections renforcées pour résister aux coups dans la procédure de désignation interne. Tout autour, en orbite, il y a toutefois un autre univers, beaucoup moins politique, au sens traditionnel du terme, qui lui aussi révèle les méthodes de travail de Ségolène Royal. C'est celui des réseaux, comme disent certains de ses proches. Même si, en l'occurrence, le mot est sans doute un peu fort. Bien sûr, Ségolène Royal n'est pas moins douée que ses concurrents du PS pour les entretenir, voire y planter des jalons. Le 25 avril dernier, quand elle a réuni pour la première fois la petite troupe de ses experts, curieux mélange de vieux briscards des cabinets du premier septennat mitterrandiste et de jeunes pousses souvent venues du privé, c'était pour installer onze groupes de travail aux dénominations ségoléniennes en diable : « Apprendre à travailler », « Entreprises et société », « Protéger sans entraver »... Avec, dans chacun d'entre eux, les têtes de pont des grands réseaux universitaires ou administratifs de la République. Du classique, en l'occurrence.
L'originalité de Ségolène Royal est en fait moins dans sa gestion des réseaux que dans l'usage qu'elle en fait. Plus que des relais, elle recherche des palpeurs. Autant que des soutiens, elle vient soutirer intuitions et infos. La méthode, chez elle, est ancienne. Longtemps, comme le dit joliment un de ses amis, «madame Ségo a fait son marché avec son grand cabas». Toute seule et au flair. Un auteur, un chercheur, un acteur de terrain : quand elle repérait quelqu'un qui lui semblait intéressant, elle prenait rendez-vous pour aller l'interroger et faire chez elle, à son retour, une synthèse à la fois personnelle et concrète de ce qu'elle avait entendu.
Dans les dîners qu'on lui organise, notamment avec les milieux culturels, Ségolène Royal reste dans cet état d'esprit. Elle pille plus qu'elle n'instrumentalise. On l'a vu au printemps dernier dans la manière dont elle a recyclé pour son compte des recherches et des analyses tirées de la collection de « la République des idées ». Dans un tout autre registre, c'est avec une modestie un brin cynique qu'elle évoque, par exemple, ses contacts avec Jamel Debbouze. «Je l'ai vu deux fois. Pourquoi chercher à l'embrigader? Il n'a pas besoin de moi pour dire l'essentiel, c'est-à-dire tout le mal qu'il pense de Sarkozy.»
20060911Tout Ségolène Royal est dans cette distance intéressée et curieuse qui explique la manière dont elle fait tourner sa planète. D'un côté, elle l'utilise comme un instrument de combat. De l'autre, elle s'en sert comme source d'inspiration. Désirs d'avenir, dont elle a confié la gestion à son fidèle Chantepy, est en ce sens l'expression presque parfaite de ce double visage. A la fois club chargé d'aiguillonner localement les sections socialistes avec des troupes fraîches et enthousiastes, et site internet destiné à faire remonter, sujet par sujet, cette «expertise citoyenne» dont la candidate se régale au point d'en truffer ses discours.
L'autre dimanche, alors qu'à Marseille Sarkozy venait à peine d'achever son show, c'est à Florac, en Lozère, que Ségolène Royal a peut-être donné l'aperçu le plus achevé de cette manière de faire pour construire la machine qui demain, peut-être, la fera gagner. Derrière elle, à la tribune, les poids lourds de l'appareil, Georges Frêche en tête. Dans la salle, les bataillons de militants et de sympathisants. Dans son discours, un mélange à nul autre pareil d'appel aux «valeurs», de provocations calculées et de «choses vues ou entendues» sur le terrain, dont le petit groupe qui l'entoure persiste à penser qu'il est le cocktail du succès. «Mes vedettes, c'est vous», a-t-elle lancé. La planète, en tout cas, c'est bien elle !


François Bazin

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Savary répond à Allègre sur Ségolène Royal


NOUVELOBS.COM | 29.09.06 | 15:03

savaryGilles Savary. Le porte-parole de Ségolène Royal dénonce les "bouffées de haine publique de Claude Allègre" contre Ségolène Royal. L'ancien ministre de l'Education nationale avait affirmé que la députée des Deux-Sèvres n'était "capable ni de gagner, ni de présider".

L e porte-parole de Ségolène Royal, Gilles Savary, a dénoncé, vendredi 29 septembre, dans un communiqué les "bouffées de haine publique de Claude Allègre" contre la candidate socialiste à la candidature.
Elles "sont minables et dégradantes pour lui", lâche-t-il, en lui conseillant "de délivrer ses oracles empoisonnés à l'intérieur du Parti socialiste, à moins qu'il n'ait décidé de faire le jeu de la défaite de son propre camp".
"Dans ce cas, Claude Allègre ajouterait à l'offense à Ségolène Royal, une offense aux militants de son propre parti politique", conclut vertement Gilles Savary.
Ségolène Royal "appartient à la troisième gauche, celle qu'on situe mal sur l'échiquier politique", affirme notamment l'ancien ministre (jospiniste) de l'Education Claude Allègre dans l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur paru jeudi.

"Capable ni de gagner, ni de présider"

Claude Allègre, ancien ministre de l'Education nationale proche de Lionel Jospin, a, par ailleurs affirmé vendredi sur France Info qu'il pensait que Ségolène Royal n'était "capable ni de gagner, ni d'être président de la République". Concernant la décision de Lionel Jospin de ne pas briguer l'investiture socialiste pour la présidentielle, Claude Allègre a souligné qu'on était allé cherché l'ex-Premier ministre "à commencer par le premier secrétaire du PS (François Hollande) en son temps". "Il l'a encouragé il y a un an et demi à être présent dans cette opération", a-t-il dit.

Sondages "manipulés"

"Des tas de personnes" ont "encouragé" Lionel Jospin, a poursuivi Claude Allègre citant Daniel Vaillant, Bertrand Delanoë, Martine Aubry et lui-même. Il a regretté que Dominique Strauss-Kahn "ait décidé de se maintenir" alors qu'"on aurait pu penser qu'il se rallie" à une candidature Jospin.
L'ancien ministre de l'Education a indiqué qu'il ne se rangerait pas derrière Ségolène Royal, favorite des sondages, dans la primaire socialiste.
"Je ne pense pas qu'elle soit capable ni de gagner, ni d'être président de la République", a-t-il jugé.
Il a exprimé la crainte de voir les sondages, dont certains sont "manipulés", décider des candidats.

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Le tiercé final en ordre de bataille

0704segsQUOTIDIEN : Vendredi 29 septembre 2006 - 06:00

Ségolène Royal

La favorite de l'opinion

Age : 53 ans.

Mandat : députée des Deux-Sèvres, présidente de la région Poitou-Charentes.

Soutiens : Pierre Mauroy, François Rebsamen, Julien Dray, Bruno Le Roux, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, 40 fédérations (dont le Nord, les Bouches-du-Rhône et l'Hérault), 80 parlementaires, 8 présidents de région dont Michel Sapin, Alain Rousset, Jean-Jack Queyranne.

«Candidate du socialisme rénové» , pour son porte-parole Arnaud Montebourg, ou «sociale-populiste» , selon ce proche de DSK ? Innovante et porteuse pour ses partisans, iconoclaste et périlleuse pour le parti d'Epinay aux yeux de ses concurrents, la méthode de Ségolène Royal, comme son discours, fait débat. Davantage que sur le projet socialiste, son positionnement semble fondé sur une série de «valeurs» martelées avec insistance : «l'ordre juste, la sécurité durable, la reconquête du lien de confiance, l'excellence environnementale, la République du respect» . Et, surtout, la «démocratie participative» . Ses adversaires y voient des concepts attrape-tout, dignes d'un marketing politique bien éloigné des traditionnelles valeurs socialistes.

Reste que le souci de s'adresser au «peuple», et d'entretenir avec lui une relation différente, suscite chez les militants une véritable empathie. Royal incarne également une nouvelle génération de quinquas socialistes, impatiente d'accéder aux responsabilités. Quant à son positionnement dans la compétition entre socialistes, l'élue des sondages a toujours misé sur une posture au-dessus de la mêlée, avec un succès certain : «Je m'efforce, parce que je suis devant, pour l'instant, en termes d'adhésion populaire, de ne pas répondre» , a-t-elle martelé mardi à Dakar. Mais les libertés prises avec les positions et usages du parti se révèlent davantage un élément de différenciation avec ses concurrents. Comme l'affirme un opposant, «le vieux parti et ses grandes fédés monolithiques la soutiennent» . Ce qu'elle aura l'occasion de démontrer dès ce soir, à Vitrolles, où elle doit officiellement lancer sa campagne.


http://www.liberation.fr/actualite/politiques/207503.FR.php

© Libération

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Vitrolles : Royal doit annoncer sa candidature

20060504A l'occasion d'un déplacement dans les Bouches-du-Rhône, la députée des Deux-Sèvres devrait annoncer qu'elle est candidate à l'investiture socialiste.

Selon France Inter, Ségolène Royal devrait annoncer sa candidature à l'investiture socialiste pour la présidentielle 2007, à l'occasion d'une réunion publique à Vitrolles ((Bouches-du-Rhône) vendredi 29 septembre. Jean-Noël Guérini, président du Conseil général, Eugène Caselli, Premier secrétaire fédéral, et Guy Obino, maire de Vitrolles doivent accueillir la présidente de la Région Poitou-Charentes à Vitrolles. Ce meeting interviendra quelques heures avant l'ouverture du délai de dépôt des candidatures au PS, qui débute le 30 septembre à 0h, et non plus le 28 septembre comme initialement prévu.
La réunion se tiendra à la salle des fêtes de Vitrolles, qui peut accueillir 1.500 personnes. "On en attend un peu plus", mais "elle n'a pas voulu faire un énorme meeting", a expliqué à l'AP Eugène Caselli, qui co-anime le comité politique de Mme Royal.
Interrogé sur la possibilité que la "gazelle" en profite pour déclarer officiellement sa candidature à la primaire du PS et lancer sa campagne, Eugène Caselli a esquivé: "Je ne sais pas ce qu'elle en fera (...) Ce qu'elle va dire, je n'en sais rien".
"Au jour d'aujourd'hui, il n'y a pas à Vitrolles un rendez-vous qui est pré-établi", a complété Gilles Savary, porte-parole de la députée des Deux-Sèvres. "Ca ne veut pas dire que ça ne se fera pas", a-t-il nuancé, précisant que Ségolène Royal ne lui avait pas fait part de ses intentions. AP

© Le Nouvel Observateur

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Délinquance: Ayrault approuve Royal

arnNOUVELOBS.COM | 29.09.06 | 10:00

L'encadrement militaire pour des délinquants multirécidivistes ? "Pourquoi pas", affirme le président du groupe PS à l'Assemblée nationale.

Interrogé par la Chaîne parlementaire, Jean-Marc Ayrault a jugé jeudi 28 septembre que l'encadrement militaire proposé par Ségolène Royal pouvait être une réponse pour des délinquants multirécidivistes. "Pourquoi pas", "c'est une idée parmi d'autres", a déclaré le député-maire de Nantes, questionné sur la proposition lancée à grand bruit en mai par la favorite socialiste des sondages.
Il s'agit de "donner une nouvelle chance", a dit le président du groupe PS à l'Assemblée nationale, "au jeune mineur en détresse qui va pourrir sa vie". "Il y a des cas, s'ils sont auteurs d'un crime, où la sanction est la prison", a observé Jean-Marc Ayrault. "Si ça n'est pas la bonne solution, il faut trouver d'autres réponses", a-t-il poursuivi, prônant "la réponse éducative, avec un encadrement".
Comme on lui demandait s'il devait s'agir d'un encadrement militaire, il a répondu: "ça peut être par cette voie-là, pourquoi pas ?". "Elle (Ségolène Royal) a dit: il y a un problème, je ne baisse pas les bras devant ce problème", a observé Jean-Marc Ayrault, tout en reconnaissant que lui-même n'aurait "pas fait cette proposition".

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L'élue des sondages sur la voie royale

file_207505_18233Les militants PS choisiront leur candidat le 16 novembre, sans Lionel Jospin. Son retrait de la course renforce le statut de favorite de Ségolène Royal.

Par Jean-Dominique MERCHET, David REVAULT D'ALLONNES

QUOTIDIEN : Vendredi 29 septembre 2006 - 06:00

L'impasse Jospin débouche-t-elle sur le boulevard Royal ? A vingt-quatre heures de l'ouverture du dépôt des candidatures, il est encore trop tôt pour le savoir. Dans l'avion qui la ramenait de Dakar, mercredi soir, Ségolène Royal s'affirmait «préparée à toutes les configurations», quel que soit le nombre de candidats. Mais ses partisans ne cachaient pas, hier, leur satisfaction après le retrait de la course de l'ancien Premier ministre.

«L'éloignement définitif de Jospin est une très bonne nouvelle et un premier pas décisif vers la rénovation du Parti socialiste, se réjouit Arnaud Montebourg, porte-parole de la candidate. Nous sortons du formol de 2002 pour aborder enfin la question de l'avenir.» «Si Jospin était monté sur le ring, il aurait cogné fort et je me demande dans quel état nous serions ressortis collectivement de cette campagne», ajoute Jean-Pierre Masseret, président de la région Lorraine.

Nombreux sont les socialistes à pronostiquer une campagne interne empreinte d'une plus grande urbanité. «Place aux vrais débats. Les personnalités vont s'effacer devant les projets», se réjouit-on chez les partisans de Dominique Strauss-Kahn. «Cette décision va permettre d'apaiser le débat interne dans les six semaines à venir, diagnostique le patron d'une grande fédération. Il est sage et responsable que Jospin n'ait pas été embarqué dans une candidature de division...»

L'abdication de l'ancien Premier ministre a-t-elle donc radicalement changé la donne ? «Cela modifie le climat de la campagne, mais pas les rapports de force. Avec le candidat Jospin, les déchirements auraient été plus profonds, et la dramatisation de la confrontation porteuse de davantage de divisions», précise un élu proche de Ségolène Royal. La preuve : chez Laurent Fabius comme chez DSK, le retrait est accueilli avec joie, une fois prononcées les politesses d'usage sur le retrait de Lionel Jospin. Claude Bartolone (pro-Fabius) et Jean-Christophe Cambadélis (pro-DSK) partagent à peu près la même analyse. «Ce que Jospin va désormais dire contre Ségolène sera beaucoup plus audible par les militants», affirment-ils en substance. En espérant, de bonne guerre, que cela profitera à leur héros. En ce qui concerne d'éventuels reports de voix, en revanche, l'incertitude demeure. «Ce que va dire Jospin va-t-il avoir une influence décisive au-delà de son entourage proche ?» s'interroge, dubitatif, François Miquet-Marty, directeur des études politiques de l'institut de sondage LH2.

Dans l'entourage de la députée des Deux-Sèvres, on reste très serein. Ses soutiens à la direction du parti s'attendent même à une élection dès le premier tour, le 16 novembre. Son camp s'est encore renforcé hier avec le soutien officiel de l'ancien Premier ministre Pierre Mauroy et d'une centaine de responsables socialistes du Nord... à l'exception de Martine Aubry. Face à ces ralliements, Jean-Christophe Cambadélis fait contre mauvaise fortune bon coeur : «Sur la base des sondages, l'appareil est en train de faire mouvement vers Ségolène Royal, qui va finir par apparaître comme la candidate des éléphants socialistes ! Il n'est pas sûr que cela plaise aux militants.» Cruelle ironie, alors que la favorite des sondages avait construit sa popularité contre l'appareil du parti...

Exit Jospin, donc, après que s'est éloignée l'hypothèse d'une candidature de François Hollande. Même si Jack Lang ne renonce pas encore totalement, il ne reste réellement que trois candidats de poids pour l'investiture présidentielle. Trois candidats qui, dans un jeu désormais clarifié, incarnent trois cultures politiques différentes (lire ci-contre). «Une sociale-populiste qui joue l'opinion, un social-démocrate et une ligne de gauche socialiste», résume Jean-Christophe Cambadélis. Les candidatures devront être enregistrées entre samedi matin et mardi après-midi. D'ici là, Dominique Strauss-Kahn s'exprimera aujourd'hui dans sa commune de Sarcelles (Val-d'Oise) et Ségolène Royal le fera ce soir à Vitrolles (Bouches-du-Rhône). Laurent Fabius attendra dimanche, au cours d'une réunion avec les militants dans le Gers.


http://www.liberation.fr/actualite/politiques/207505.FR.php

© Libération

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