04 octobre 2006
Les chiraquiens votent Royal sans se cacher
Et les sarkozystes méprisent la candidate socialiste, qu'ils jugent incompétente.
Par Vanessa SCHNEIDER
QUOTIDIEN : Mercredi 4 octobre 2006 - 06:00
«F ace à Nicolas Sarkozy, je voterai Ségolène Royal. Sans hésitation.» Pour la première fois, un ministre du gouvernement dit sans fard, mais sous couvert d'anonymat, ce que d'autres pensent à droite. A Sarkozy, «cet homme dangereux», ce chiraquo-villepiniste préfère la candidate à la candidature socialiste, «une femme qui n'est pas la femme d'un seul camp : elle est de gauche, mais issue d'une famille de droite, énarque mais provinciale, de parents catho, mais divorcés». Le même est persuadé que Jacques Chirac préférerait aussi voir la gauche gagner : «Parce qu'en cas d'ennuis judiciaires il aura moins de problèmes avec la gauche ; parce qu'il veut être l'homme de droite qui a gagné la présidentielle en dernier et, surtout, parce qu'il ne peut pas souffrir Sarkozy.» «Si elle arrive à cacher qu'elle est une garce ce que son physique l'aide à faire , elle a toutes ses chances», ajoute ce ministre, tout sourire.
«Tout rouge». La raideur de Royal irrite beaucoup à droite. Frédéric de Saint-Sernin, ancien député et conseiller à l'Elysée, ne revient toujours pas de sa rencontre avec elle il y a quelques années dans le TGV. «En bon catho vieille France, je me présente à elle en lui proposant de boire un café. Elle m'a répondu : "Je ne parle pas avec des gens de droite." J'en suis resté tout rouge.» L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui la connaît de Poitou-Charentes et supporte mal qu'elle lui ait succédé, est intarissable sur ses défauts. Dans un récent entretien aux Echos, il prévient que Royal pourrait entraîner les Français dans une «spirale séduction-illusion-déception». Mais les chiraquiens préfèrent globalement lui trouver des qualités.
Dominique de Villepin, qui a fait ses classes à l'ENA avec la députée des Deux-Sèvres, s'est dit, il y a peu, impressionné par «sa capacité à s'adapter à ce que demandent les Français». «Ce qui est intéressant, c'est la façon dont elle s'est métamorphosée, dans sa voix, dans sa façon de se tenir dans les salles, dans sa psychologie», a-t-il ajouté devant quelques journalistes.
Côté sarkozyste, le son de cloche est tout à fait différent. Le ministre de l'Intérieur parle la plupart du temps de Ségolène Royal sur le ton de la moquerie, pour bien signifier qu'il ne la prend pas au sérieux. Ricanant, méprisant, il ne cache pas qu'il la considère pour une idiote. En marge de l'université des jeunes UMP à Marseille, début septembre, il se gaussait du «vide sidéral» de son discours. Ses proches sont sur le même registre. Thierry Mariani, député (UMP) du Vaucluse, a ainsi ironisé à propos du voyage au Sénégal de la probable candidate: «Il est certainement plus important pour Mme Royal de retrouver avec émotion la maison sénégalaise des deux premières années de sa vie plutôt que de mettre en débat son projet pour la France et les Français.»
«Candidate de la bourgeoisie». Même ton condescendant chez Yves Jégo, secrétaire national de l'UMP, qui a affirmé que «les déclarations de Ségolène Royal concernant l'immigration et les régularisations des familles reflétaient une fois de plus sa méconnaissance consternante de ce dossier». Renaud Dutreil, ministre des PME, converti de fraîche date au sarkozysme, tente un nouvel angle d'attaque : «Ségolène Royal est la candidate de la bourgeoisie. Elle couve son capital de notoriété, elle thésaurise et elle ne risque rien. Elle est poussive maintenant, elle a cessé d'être intéressante.» Pas d'accord, Claude Goasguen, député (UMP) de Paris considère que ses amis «se trompent» : «C'est une très bonne candidate. Elle ne dit rien, mais ce n'est pas grave : dans une présidentielle, c'est la posture qui compte.»
http://www.liberation.fr/actualite/evenement/evenement1/208471.FR.php
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03 octobre 2006
Montebourg invite Lang à rallier Royal
Le porte-parole de la candidate a invité Jack Lang à rejoindre l'équipe de campagne de Ségolène Royal.
Arnaud Montebourg a invité mardi 3 octobre Jack Lang, qui vient de se retirer de la course à l'investiture socialiste, à rejoindre l'équipe constituée autour de Ségolène Royal.
"Il devrait venir travailler avec nous", a estimé le porte-parole de la candidate sur LCI. Selon lui, après le retrait de Jack Lang, "c'est peut-être le moment de converger".
L'ancien ministre de la Culture "a une sagesse et une expérience qui ne se dément pas", a jugé Arnaud Montebourg. "Il a dans son bagage, dans son parcours, beaucoup de choses qui peuvent nous aider".
Ségolène Royal a d'ailleurs déjà "envoyé quelques signes" à Jack Lang, qu'elle a appelé au téléphone, a rapporté Arnaud Montebourg. Le député du Pas-de-Calais n'a pas précisé lequel des trois actuels candidats socialistes il soutiendrait.
Débat
Quant à Lionel Jospin, qui a lui aussi renoncé à briguer l'investiture socialiste tout en affirmant qu'il ne se rangerait pas derrière Ségolène Royal, il est nécessaire qu'il "nous aide à la victoire commune" plutôt que d'employer "des formules désagréables ou acides".
Arnaud Montebourg a par ailleurs affirmé que sa favorite "n'a jamais fui le débat" avec les socialistes, mais qu'elle estime "inutile" de débattre avec des gens avec qui elle est d'accord sur l'essentiel. Interrogé sur la faiblesse supposée de Ségolène Royal face à Nicolas Sarkozy, le très probable candidat de l'UMP, Arnaud Montebourg a assuré que "non seulement elle l'affrontera, mais je crois qu'elle en triomphera". (AP)
François Hollande : "Une candidature s'est incontestablement installée"
LE MONDE | 03.10.06 | 11h50
ourquoi avez-vous renoncé à être candidat ?
Comme premier secrétaire, j'ai toujours veillé au rassemblement des socialistes et je n'ai jamais confondu ma responsabilité à la tête du parti avec la préparation d'une candidature. Celle-ci n'avait de sens que si elle permettait le rassemblement de tous, car je suis au service du PS, et pas l'inverse. Mon seul objectif, c'est la victoire de la gauche en 2007, pas mon destin personnel.
Cette décision vous a coûté ?
Bien sûr qu'on pense toujours être le mieux qualifié, le plus légitime. Moi-même je pensais en avoir fait la démonstration pour avoir redressé le PS après le 21 avril 2002, gagné les élections régionales et européennes de 2004, réussi la synthèse autour du projet. Dès lors que d'autres solutions pouvaient se présenter et que je n'étais pas en situation d'être le candidat dans les conditions que je m'étais fixées, cette décision s'imposait. J'ai compris que mon rôle n'était pas d'être un de plus, mais celui qui devrait encore permettre le rassemblement des socialistes après leur vote le 16 novembre et, si c'est nécessaire, le 23. Ma mission sera, avec le ou la candidate, de conduire la gauche à la présidentielle, aux législatives, et de passer le moment venu la main comme premier secrétaire du PS.
N'aviez-vous pas votre légitimité de premier secrétaire ?
Le congrès du Mans aurait dû être le congrès d'investiture à la présidentielle à travers le choix du premier secrétaire. Mais, dès lors que ce congrès a été celui de la réconciliation nécessaire entre le"oui" et le "non" [à la Constitution européenne] au sein du PS, la question des candidatures a été laissée ouverte. La synthèse était à ce prix. J'observe que le seul premier secrétaire qui ait été investi comme candidat, c'est François Mitterrand, en 1974 puis en 1981. Il n'y a donc pas d'automatisme. Je pense néanmoins que le quinquennat nous oblige à changer nos procédures. La logique devrait être en effet que le congrès précédant l'élection soit celui de la désignation. Cela évitera à l'avenir cette interminable campagne interne.
Ségolène Royal avait dit que vous prendriez votre décision en couple. Cela a-t-il été le cas ?
Non et cela n'avait pas à l'être. Il y a eu des discussions, comme avec d'autres. Mais j'ai toujours considéré que nous devions, elle et moi, chacun agir en responsabilité et en liberté.
S'effacer au profit de sa compagne, c'est moderne ?
Je ne me suis jamais posé la question ainsi. Je me détermine en fonction de ce que je crois être l'intérêt général. Je n'ai jamais fait prévaloir un choix individuel ou personnel. Il n'y a là ni bravoure ni humilité.
Mais auriez-vous fait ce même choix si elle n'avait pas été en lice ?
Oui exactement le même. Il n'est pas lié aux personnes, mais au contexte. Une candidature s'est incontestablement installée.
C'est donc l'opinion qui a tranché ?
En démocratie elle compte forcément. A partir du moment où le Parti socialiste n'offrait pas une cohérence de candidature autour de son premier secrétaire, il était assez prévisible que ce que l'on appelle faussement l'opinion – c'est-à-dire nos sympathisants, nos militants – s'empare d'une personnalité correspondant à leur volonté de victoire. Paradoxalement, c'est la multiplication des candidatures qui a permis à l'une, moins prévue que d'autres, de surgir.
Cela affecte t-il la nature du Parti socialiste ?
Elle n'est pas en cause. Ce n'est pas parce qu'il y a 80 000 nouveaux adhérents que nous serions menacés de je ne sais quelle dérive. Ceux qui nous rejoignent sont depuis longtemps nos sympathisants, beaucoup nous ont suivi dans les campagnes électorales et certains ont eu le remords de ne pas l'avoir fait plus tôt. Ils appartiennent à notre culture politique. Il n'y a aucun risque quant à notre orientation. L'ouverture du Parti socialiste c'est sa chance. Non pas pour une candidature présupposée, mais pour un succès collectif en 2007. Je serai, comme premier secrétaire, le garant non seulement de l'unité des socialistes, mais de leur projet et de la ligne de leur parti.
C'est la date de clôture des candidatures. Appellez-vous au rassemblement derrière Ségolène Royal ?
Non. J'appellerai au rassemblement des socialistes derrière celui ou celle qui sera désigné. Je ne ferai pas connaître mon choix durant la période où les militants devront faire le leur. Et j'interviendrai comme premier secrétaire si l'essentiel me paraît en cause. Mon rôle, c'est d'être le garant de la clarté du débat et du respect : respect des candidats, du projet, des adhérents et, j'insiste, respect de leur vote. La démocratie ne doit pas être une procédure, mais une propulsion. J'ajoute qu'il n'y a pas trois socialismes en débat, mais trois conceptions de l'action politique. Les trois candidats en compétition ont siégé dans le même gouvernement, signé parfois les mêmes motions de congrès derrière moi, et ils ont approuvé le même projet. Le rassemblement, après le vote, en sera facilité.
Mais, dans la campagne, quel va être votre rôle ?
La référence, c'est celle de François Mitterrand en 1981. Le candidat peut avoir sa propre équipe, mais la définition stratégique de la campagne devra se faire autour du Parti socialiste pleinement impliqué dans la perspective du rassemblement de la gauche.
Si Ségolène Royal est désignée, ce ne sera pas la campagne des comités Désirs d'avenir ?
Non, dans l'intérêt même de la candidate si c'était elle qui était choisie. Le parti est une force majeure dont nul ne peut se passer et le projet socialiste n'est pas un boulet à traîner mais un atout pour convaincre. Celui ou celle qui l'oublierait commettrait une faute : rappelons que le premier tour est avant le second.
Les jeux seront-ils faits au soir du premier vote des militants, le 16 novembre ?
Le vote doit être clair, voilà ce que je demande.
Ne craignez-vous pas de disparaître en cas de victoire de Ségolène Royal ?
Je suis député depuis 1988 et maire depuis 2001. Ce seront les électeurs qui décideront de mon futur.
Propos recueillis par Isabelle Mandraud et Caroline Monnot
PS : Hollande commente la candidature de Ségolène
Pour le premier secrétaire du PS, "c'est la multiplication des candidatures qui a permis à l'une, moins prévue que d'autres, de surgir". Renoncer lui "a coûté".
François Hollande se confie un peu. Dans un entretien au Monde daté de mercredi 4 octobre, le premier secrétaire du PS revient sur sa décision de ne pas se porter candidat pour l'investiture socialiste à la présidentielle et observe que parmi les présidentiables socialistes, "une candidature s'est incontestablement installée" dans une allusion à celle de sa compagne Ségolène Royal.
"C'est la multiplication des candidatures qui a permis à l'une, moins prévue que d'autres, de surgir", ajoute François Hollande.
Alors que Ségolène Royal avait dit il y a un an qu'elle-même et François Hollande prendraient leur décision en couple, le premier secrétaire du PS précise que cela n'a pas été le cas. "Et cela n'avait pas à l'être", affirme-t-il.
"Il y a eu des discussions, comme avec d'autres. Mais j'ai toujours considéré que nous devions, elle et moi, chacun agir en responsabilité et en liberté", insiste François Hollande.
"On pense toujours être le mieux qualifié"
Le numéro un du PS précise qu'il ne fera "pas connaître (son) choix durant la période où les militants devront faire le leur", les 16 et éventuellement 23 novembre.
Il admet qu'avoir renoncé à se porter candidat lui "a coûté". "On pense toujours être le mieux qualifié, le plus légitime", dit-il en rappelant "avoir redressé le PS après le 21 avril 2002, gagné les élections régionales et européennes de 2004, réussi la synthèse autour du projet".
Il réaffirme que sa mission sera, "avec le ou la candidate, de conduire la gauche à la présidentielle, aux législatives, et de passer le moment venu la main comme premier secrétaire du PS".
"Mon seul objectif, c'est la victoire de la gauche en 2007, pas mon destin personnel", souligne-t-il.
Il suggère toutefois de modifier à l'avenir le processus de désignation du candidat socialiste. "La logique devrait être en effet que le Congrès précédant l'élection soit celui de la désignation" du candidat, pour éviter "cette interminable campagne interne".
"Le projet socialiste n'est pas un boulet"
Interrogé sur la campagne, il déclare que "le parti est une force majeure dont nul ne peut se passer" et que "le projet socialiste n'est pas un boulet à traîner mais un atout pour convaincre". "Celui ou celle qui l'oublierait commettrait une faute", selon lui.
"Le candidat peut avoir sa propre équipe, mais la définition stratégique de la campagne devra se faire autour du PS", prévient-il.
Investiture au PS :la course est lancée
NOUVELOBS.COM | 03.10.06 | 11:24![]()
Après l'abandon de Jack Lang, il reste trois candidats déclarés : Ségolène Royal, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn. Fin du dépôt des candidatures à 15h.
J ack Lang se retire de la course à la présidentielle. "Dans un esprit de discipline collective, je consens à accomplir ce sacrifice", a-t-il annoncé lundi 2 octobre au soir à quelques heures de l'expiration du délai pour le dépôt des candidatures à l'investiture socialiste.
L'ancien Premier ministre Lionel Jospin et le Premier secrétaire François Hollande ayant également renoncé à se présenter, les militants socialistes devront donc départager le 16 novembre prochain trois candidats à la candidature déclarés: Dominique Strauss-Kahn, Ségolène Royal et Laurent Fabius. Ils doivent déposer leur candidature officiellement d'ici mardi 15h, le bureau national du PS devant ensuite se réunir dans la soirée pour faire le décompte des 30 parrainages nécessaires pour valider leur candidature.
Jack Lang a expliqué sur TF1 avoir renoncé à la demande du Premier secrétaire du PS. "Ce matin encore, François Hollande m'a demandé explicitement de ne pas ajouter la division à la division en multipliant les candidatures", a-t-il expliqué. 
"Ma ligne de conduite, c'est d'assurer plus que jamais l'unité des socialistes, car il n'y aura de victoire qu'à travers un rassemblement des énergies et des capacités des uns et des autres".
"Amicalement"
"Il faut éviter toute forme de déchirement", a-t-il insisté, en se présentant en "serviteur de cette unité des socialistes". Jack Lang s'est défendu "d'obéir à une instruction, à une injonction". François Hollande "me l'a demandé à plusieurs reprises, amicalement, sans me donner aucun ordre".
Le député socialiste a refusé de préciser quel candidat à la candidature il pourrait désormais soutenir, préférant se "donne(r) un peu de temps". En tout état de cause, il choisira "celui d'entre nous qui incarnera le mieux une gauche authentiquement révolutionnaire". Car "plus que jamais je vais me battre, je serai en première ligne", a-t-il assuré. Et "je choisirai le moment venu celui qui me paraîtra le mieux incarner cet idéal de transformation".
"Mon obsession, la seule, c'est faire gagner la gauche en mai prochain", a-t-il affirmé, récusant le "tout sauf Ségolène" pratiqué par certains au PS.
Lui prône plutôt le "tout sauf la droite, tout sauf Sarkozy, tout sauf l'échec en mai prochain, tout pour gagner".
"Bon chiffre"
Jack Lang plafonnait à 8% d'intentions de vote des sympathisants socialistes dans les sondages et subissait de nombreuses pressions pour qu'il renonce à se présenter. "Je ne pense pas que Jack Lang ait vocation à représenter le Parti socialiste", avait ainsi estimé lundi matin le député PS Bruno Le Roux, proche du Premier secrétaire François Hollande. "Trois (candidats à la candidature), ça semble un bon chiffre", avait-il ajouté.
Le doute avait même plané sur sa capacité à réunir les 30 parrainages nécessaires. Dimanche, il avait toutefois assuré avoir obtenu "la poignée" de parrainages qu'il lui manquait.
En 1995 déjà, Jack Lang, après avoir songé à se porter candidat à la candidature pour la présidentielle, avait dû renoncer. Il s'était effacé avant le scrutin, cédant la place à Henri Emmanuelli et à Lionel Jospin. En 2001, il avait également renoncé in extremis à briguer la mairie de Paris, convoitée par Bertrand Delanoë. (AP)
02 octobre 2006
Discours de Vitrolles: Déclaration de candidature
Segolene candidate - Vitrolles
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Jack Lang annoncera sa décision mardi
L'ancien ministre attend de consulter la fédération socialiste du Pas-de-Calais avant d'officialiser sa candidature.
Jack Lang a annoncé dimanche 1er octobre qu'il officialiserait mardi matin sa décision quant à sa candidature à l'investiture du PS pour la présidentielle.
"J'officialiserai ma décision mardi", a dit l'ancien ministre sur Canal+. Alors que certains laissaient sous-entendre que l'ancien ministre de la Culture n'avait pas réuni les 30 parrainages des membres du conseil national nécessaires pour présenter sa candidature, Jack Lang a assuré sur Canal+ qu'il avait obtenu "la poignée" de parrainages qu'il lui manquait.
"J'ai rempli une première mission importante à mes yeux: obtenir que le premier secrétaire du PS François Hollande tienne l'engagement qu'il avait pris à l'égard des leaders: obtenir que des parrainages me soient accordés pour être en mesure d'être candidat", a expliqué le député PS du Pas-de-Calais.
Les parrainages obtenus, sa décision d'être candidat "n'est pas encore officielle". "Depuis (samedi), j'ai obtenu les parrainages (...) Maintenant, j'ai besoin de consulter mes amis du Pas-de-Calais", a expliqué Jack Lang.
"Mon seul adversaire, c'est Sarkozy"
"Ma décision est en voie d'être prise", a-t-il ajouté en précisant qu'il allait consulter les dirigeants de la fédération socialiste du Pas-de-Calais avant d'annoncer sa décision.
Le premier secrétaire de la fédération du Pas-de-Calais Serge Janquin, qui a apporté à Jack Lang son parrainage, note dans Le Journal du Dimanche que "Jack a fait une pré-campagne interne très digne. Mais je lui ai recommandé de prendre en compte le vote des militants du Pas-de-Calais, qui vont chercher à voter utile, avant de prendre sa décision. Ce serait fâcheux qu'il ne fasse pas un bon résultat dans sa circonscription".
Selon Jack Lang, "il peut le dire". Mais, "je n'ai aucun doute" sur le vote des militants du Pas-de-Calais. Et de marteler: "Ma volonté est d'être candidat, si je suis en pleine harmonie avec mes amis du Pas-de-Calais".
Interrogé sur un éventuel ralliement à un autre candidat, Jack Lang a précisé que pour l'instant, sa volonté, "c'est que la gauche gagne au mois de mai (...) Mon adversaire, ce n'est pas tel ou tel camarade (...) Mon seul adversaire, c'est Sarkozy, c'est la droite et je veux la battre par tous les moyens".
(Avec AP)
Officiellement candidate!
Ségolène Royal a officiellement annoncé vendredi soir sa candidature à l'investiture du Parti socialiste pour l'élection présidentielle, à l'occasion de son premier grand meeting de campagne à Vitrolles (Bouches-du-Rhône).
"Ici, au milieu des militants et des Français, je réponds à ta question avec simplicité, avec gravité aussi: consciente du poids des mots et de l'importance de l'acte, oui j'accepte d'assumer cette mission de conquête pour la France et les épreuves, dont je veux protéger ma famille, et donc de me présenter au vote des socialistes, puis je l'espère au jugement des Français en gagnant par le mérite leur confiance en avril 2007", a-t-elle répondu à une question posée par le président du conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini.
AP
Après DSK, Ségolène Royal entre dans la danse de la candidature
«J'accepte cette mission de conquête», a-t-elle lancé depuis Vitrolles en officlalisant sa candidature à l'investiture socialiste à la présidence •
Par P.Q.
LIBERATION.FR : Vendredi 29 septembre 2006 - 20:49
C'était attendu. Comme annoncé par son entourage, Ségolène Royal a officialisé vendredi soir lors d'un meeting à Vitrolles sa candidateure à l'investiture socialiste pour la présidentielle de 2007.
«Ici, au milieu des militants et des Français, je réponds à ta question avec simplicité, avec gravité aussi: consciente du poids des mots et de l'importance de l'acte, oui j'accepte d'assumer cette mission de conquête pour la France et les épreuves, dont je veux protéger ma famille, et donc de me présenter au vote des socialistes, puis je l'espère au jugement des Français en gagnant par le mérite leur confiance en avril 2007», a-t-elle répondu à une question posée par le président du conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini
Auparavant c'est DSK qui avait fait la même chose. «Je suis candidat. Aujourd'hui les choses commencent. Nous sortons du virtuel, nous rentrons dans le réel», a-t-il lancé depuis sa commune de Sarcelles, dans le Val d'Oise,
Ségolène Royal devrait l'imiter vendredi soir lors d'un meeting à Vitrolles (Bouches-du-Rhônes). Laurent Fabius attendra lui dimanche. Il se déclarera officiellement en marge du rendez-vous «Sauver la recherche» organisé ce week-end à Fleurance (Gers) où il a été invité avec d'autres présidentiables à s'exprimer.
Jack Lang, lui, poursuit pendant ce temps sa quête de parrainages: le député du Pas-de-Calais n'a semble-t-il pas encore recueilli les 30 signatures de membres du conseil national nécessaires pour pouvoir se présenter. Le secrétaire national aux élections du PS, Bruno Le Roux, a annoncé vendredi en fin d'après midi que les quatre présidentiables auront les parrainages nécessaires, ce qui laisse entendre que Jack Lang pourra concourir. Les candidats ont jusqu'à mardi pour se déclarer.
Alors que le retrait de Lionel Jospin favorise a priori la présidente de la région Poitou-Charentes, Dominique Strauss-Kahn a affirmé ce matin qu'il fallait «s'attendre à des surprises» et que «les choses ne sont pas jouées d'avance». Les sondages réalisés «des mois avant, ne donnent jamais le vainqueur», a observé celui qui s'assume depuis quelques semaines comme le candidat «social-démocrate» .
Tandis que Ségolène Royal reste en tête dans les enquêtes d'opinion et continue d'engranger des soutiens au sein du PS, DSK a «la conviction que les socialistes d'abord et les Français ensuite se rendront compte que je suis le meilleur rempart contre la politique de la droite». Son entourage plaidait il y a quelques semaines qu'il était le «meilleur candidat anti-Sarko».
http://www.liberation.fr/actualite/politiques/207584.FR.php
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Candidate déclarée, Ségolène Royal exalte la nation
LE MONDE | 30.09.06 | 14h22 • Mis à jour le 30.09.06 | 14h22
VITROLLES (Bouches-du-Rhône) ENVOYÉE SPÉCIALE
mmobile, statufiée, "habitée" comme elle se décrit parfois, Ségolène Royal reste plantée à la tribune, sans mot dire, derrière son pupitre, pendant quatre minutes. Elle fixe la foule qui lui fait face avec ses panneaux "Pour nous, c'est elle", et ne sait pas trop en retour comment réagir.
Au terme de son discours, la présidente de la région Poitou-Charentes est devenue officiellement, vendredi 29 septembre, à Vitrolles (Bouches-du-Rhône), candidate à l'investiture présidentielle du PS pour 2007. "Avec simplicité, avec gravité aussi, consciente du poids des mots et de l'impact de l'acte, oui, j'accepte d'assumer cette mission de reconquête pour la France et les épreuves qui vont avec, et dont je veux protéger ma famille", a-t-elle lancé.
Une ovation l'interrompt. Elle reprend : "Oui, j'accepte d'assumer cette mission, et donc de me présenter au vote des militants, puis, je l'espère, au jugement des Français en gagnant par le mérite leur confiance en avril 2007."
Orchestre de la Banda du dock, écrans géants, la première grosse fédération ralliée à Mme Royal avait fait les choses pour bien accueillir le 38e déplacement, décisif, de la favorite des sondages depuis le début de sa précampagne commencée en février. Pendant trente-cinq minutes, devant quelque 1 800 militants et sympathisants et de nombreux élus locaux réunis dans la salle des fêtes d'une ville "symbole", reconquise par la gauche à l'automne 2002 sur l'extrême droite, elle s'est adressée aux "millions d'ouvriers, de salariés, d'employés et de petits commerçants", aux "anciens et aux jeunes" qui attendent un "vrai changement".
Tout au long de son discours, Mme Royal a exalté la nation et appelé à "refonder le pacte républicain". "Plus les insécurités quotidiennes et sociales et les précarités gagnent du terrain, a-t-elle déclaré, plus les Français ont mal à la France et plus ils s'inquiètent de la pérennité de la nation, moins ils sont portés à la vouloir généreuse avec les siens et hospitalière avec les autres."
"LE NATIONAL ET LE SOCIAL"
Elle poursuit : "Le drapeau tricolore et la sécurité sociale, l'emblème de la République et les outils de solidarité, voilà ce qui cimente en premier lieu l'appartenance commune (...). Car chez nous, on le sait, le national et le social marchent ensemble, et c'est l'Etat qui est garant de cette alliance."
Pour cette "nation remplissant son devoir", qu'elle appelle de ses voeux, "innovante et non pas bridée de trop de lourdeurs bureaucratiques", Mme Royal a soulevé la question de son identité, en appelant la France à "reconnaître tous ses enfants". "Jusqu'à quand parlera-t-on de deuxième, troisième, quatrième génération ? Jusqu'à quand parlera-t-on de Français de souche comme si les autres étaient de feuillage ou de branchage ?", s'est-elle exclamée.
L'éducation, "la réussite scolaire, la récompense de l'effort", la sécurité, avec le projet de proposer "aux jeunes qui dérapent autre chose que la prison pour les recadrer", font partie des priorités de Mme Royal, pour qui "être fidèle au patrimoine vivant des socialistes, c'est faire ce qu'ont fait nos prédécesseurs : inventer des droits nouveaux, des libertés nouvelles".
"Le socialisme, a-t-elle ajouté, ce n'est pas une momie enveloppée de bandelettes doctrinales. Nous avons des idées directrices, mais nous sommes un parti vivant."
Mme Royal a ensuite ouvert le chapitre de la France dans le monde. "Je m'oppose à une diplomatie rhétoricienne, sans crédit. Je veux une diplomatie de partenariat", a-t-elle souligné. "Dans un monde divisé, hanté, de Bagdad à Kaboul ou Guantanamo, par les conflits de civilisations", elle veut "mettre le développement, la santé, l'éducation au coeur de notre politique étrangère." Lundi, elle devrait rencontrer Nicolas Hulot pour parler de "l'excellence environnementale", citée dans sa "feuille de route".
Isabelle Mandraud
"DSK" : "Rien n'est joué"
A Sarcelles, Dominique Strauss-Kahn a annoncé, vendredi 29 septembre, sa candidature en présence d'une cinquantaine de personnes. Il s'est présenté comme "le meilleur rempart contre la droite". Malgré les sondages favorables à Ségolène Royal, il estime que "rien n'est joué". "Je ne vais pas lui faire peur, a-t-il assuré, et elle ne me fait pas peur. Tout commence." Cinq cents militants et élus du PS ont lancé un appel en sa faveur. M. Strauss-Kahn tiendra son premier grand meeting à Alfortville (Val-de-Marne) le 4 octobre.
Jack Lang ne sera pas "empêché" d'être candidat
"La question des parrainages (...) est réglée", a assuré, vendredi 29 septembre, Bruno Le Roux, secrétaire national du PS chargé des élections. La signature de 30 membres du conseil national ne peut "être, a-t-il expliqué, le prétexte à mettre à terre" l'un des candidats potentiels.
Si M. Lang ne les possédait donc pas encore, ces précieux sésames, "il les aura", a-t-il ajouté. L'ancien ministre, qui en appelait à François Hollande pour sortir de cette difficulté, en insistant sur les "engagements" pris à son égard par le premier secrétaire du PS, aurait aussi reçu le renfort de partisans de M. Jospin.
Après Dominique Strauss-Kahn, Ségolène Royal et Laurent Fabius, il serait le quatrième candidat à l'investiture du PS. Sa déclaration, a-t-il confirmé, devrait intervenir lundi 2 octobre. M. Hollande a, lui, annoncé, samedi, dans un entretien au Dauphiné libéré qu'il ne sera pas "un candidat de plus" à l'investiture. Il annoncera sa décision officiellement le 3 octobre.
Article paru dans l'édition du 01.10.06
