Désirs d'avenir UK - Ségolène Royal 2007

Le Blog d'Outre-Manche de soutien à Ségolène Royal

17 octobre 2006

Francois Hollande sur LCI ce matin


Francois Hollande -LCI Matin
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Arnaud Montebourg sur Canal Plus


Arnaud - Canal - Dimanche Plus
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La conférence sur l'Europe


Segolene - presse europe - inside
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Economie et social : les propositions des candidats PS

file_207505_18233Voici les principales propositions des trois prétendants du PS sur les questions économiques et sociales, thème du premier match télévisé mardi 17 octobre au soir:

LAURENT FABIUS:
- Pouvoir d'achat: augmenter "immédiatement" le Smic de cent euros. "Réexaminer" l'ouverture à la concurrence du marché de l'énergie pour les particuliers au 1er juillet prochain, afin d'éviter une flambée de la facture de gaz.
- Entreprises: instaurer un principe "délocalisateur-payeur". Maintenir la taxe professionnelle des entreprises qui délocalisent "pendant deux ou trois ans". Supprimer les avantages fiscaux des stock-options, sauf pour les entreprises de moins de cinq ans.
- Santé et dépendance: suppression du jour férié non payé et création à terme d'une cinquième branche de la Sécurité sociale pour les personnes âgées et handicapées.

SEGOLENE ROYAL:
- Economie: elle préconise une "nouvelle donne" qui allie "agilité" pour les entreprises et "sécurité" pour les salariés.
- Emploi: elle n'exclut pas des assouplissements des 35 heures pour ceux "qui veulent travailler plus" ou "moduler" leur temps de travail. Elle préconise une réforme "profonde" de l'ANPE pour adapter les "qualifications" des salariés aux "besoins des entreprises".
- Entreprises: pour "effrayer les capitalistes", elle entend "taxer les entreprises qui délocalisent les emplois" et "taxer leurs produits lorsqu'elles les réimportent". Allégement des charges pour les entreprises qui embauchent des salariés non qualifiés, des jeunes sans expérience professionnelle, des chômeurs de longue durée ou des salariés âgés. "Réforme en profondeur" des stock-options.
- Social: elle veut faire "émerger un syndicalisme de masse". Elle a émis l'idée de rendre l'adhésion à un syndicat obligatoire.
- Retraites: réforme du régime de retraite des élus.
- Education: "assouplissement" de la carte scolaire pour laisser aux parents le choix entre deux ou trois établissements.

DOMINIQUE STRAUSS-KAHN:
- Social: engager une négociation sociale -intitulée le "pacte de l'Elysée"- sur les salaires, la création d'une Sécurité sociale professionnelle, les retraites et la santé au travail.
- Entreprises: permettre des "nationalisations temporaires" pour aider les entreprises en difficulté. Obliger les entreprises qui licencient alors qu'elles font des profits à continuer à payer la taxe professionnelle pendant trois ans.
- Emploi: les entreprises qui embauchent des jeunes venant de quartiers sensibles auraient des avantages financiers. Il s'agirait de "salariés francs", sur le modèle des zones franches.
- Education: l'Etat devra garantir la formation scolaire jusqu'à 18 ans. Les entreprises de plus de 200 salariés devront embaucher un quota d'apprentis. Les universités seraient mises en concurrence.
- Santé: gratuité des soins jusqu'à 16 ans, notamment "pour le million d'enfants pauvres". (AP)

© Le Nouvel Observateur

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La "compétition" au PS débute ce soir

Premier débat télévisé ce soir entre Laurent Fabius, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn.

Le premier secrétaire du PS François Hollande a expliqué mardi 17 octobre que les débats télévisés entre les trois candidats à l'investiture relevait d'une "compétition" entre eux, pas d'une "confrontation".
"On n'est pas dans une confrontation, on est dans une compétition démocratique. Il y a un choix à faire dans le même parti. Il n'y a pas d'adversaires au sein du PS", a-t-il dit sur LCI.
Les trois compétiteurs pour l'investiture à la présidentielle s'exprimeront mardi soir l'un après l'autre, puis répondront à des questions. Mais il n'y aura pas de débat contradictoire.
François Hollande a récusé l'idée que Ségolène Royal serait "peu à l'aise" dans les débats. "Pourquoi les autres seraient-ils plus à l'aise ? C'est peut-être l'inverse", a-t-il dit.
Il a prévenu que dans le mois de campagne interne, "ceux qui pourraient se comporter mal seront jugés sévèrement". "Ceux qui se comportent loyalement, fidèles à l'esprit qui doit être le nôtre, seront appréciés par les adhérents", a-t-il dit.

Test comparatif

A un mois du premier tour du vote des militants du PS, les trois prétendants à l'investiture socialiste -Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius- s'affrontent mardi soir pour la première de leurs trois grandes confrontations télévisées. Un match retransmis en direct qui risque de tenir davantage du test comparatif que du choc frontal.
Le thème: les questions économiques et sociales. Le but, pour les deux outsiders des sondages: faire exploser la "bulle" Royal en traquant la moindre imprécision ou le moindre faux pas de celle qui s'est affranchie plusieurs fois du projet du PS. Les "ségolénistes", qui ont le plus à perdre de ce match qu'ils n'ont accepté qu'à reculons, affichaient ces jours derniers une certaine fébrilité.

Loyauté

Ainsi Ségolène Royal a-t-elle menacé de ne pas participer à des débats "détournés de leur véritable destination", déclenchant l'ire de ses concurrents. "Nous n'avons jamais imaginé ne pas participer aux débats. Mais nous demandons la loyauté en retour", a rectifié lundi son porte-parole Arnaud Montebourg. "Il est hors de question qu'elle se laisse enfermer dans la marmite de la mauvaise foi ou cette tornade hystérique" de "la nouvelle coalition des éléphants".
Côte à côte, mais sans se parler: pour ce premier grand duel d'une centaine de minutes, chaque détail a été âprement discuté pour éviter tout "grand déballage". Debout derrière des pupitres dans un studio aménagé pour l'occasion, sans public, les trois candidats répondront tour à tour à 10 à 15 questions identiques. L'ordre de passage sera tiré au sort. Leur temps de parole sera limité à 30 minutes. Ils ne pourront pas se couper la parole. "Il ne faut pas que ce soit la télé avant l'ORTF!", a ironisé Laurent Fabius.

Suivi dans les fédérations

Les questions seront, pour ainsi dire, connues d'avance. Elles seront en effet tirées au sort sur le plateau parmi une cinquantaine de questions, qui auront été présélectionnées par une "commission" du PS parmi celles posées depuis plusieurs jours par les militants du PS sur le site internet du parti, librement consultables.
L'ensemble sera retransmis à partir de 20h35, en direct, sur les chaînes parlementaires LCP-AN et Public Sénat. Les militants socialistes pourront suivre l'échange dans leurs fédérations. Les prétendants se retrouveront ensuite jeudi soir à Clermont-Ferrand pour le premier de leurs trois grands débats régionaux, sans micro ni caméra cette fois. Deux autres matches télévisés auront lieu les 24 octobre et 7 novembre.

DSK en avance

Dominique Strauss-Kahn, qui dit sentir "comme un frémissement depuis quelques jours" et a reçu le soutien de Robert Badinter, a grillé la politesse à ses concurrents en exposant dès lundi matin ses propositions économiques et sociales à la presse. Il s'est engagé, s'il était désigné par le PS et élu président, à lancer un "pacte de l'Elysée" sur le pouvoir d'achat ou les retraites.
Il reste un mois aux quelque 200.000 militants du PS pour faire leur choix: ils voteront le 16 novembre dans leurs sections, et le 23 novembre si aucun candidat n'a atteint la majorité absolue. (avec AP)

© Le Nouvel Observateur

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Des candidats bien com' il faut

Les postulants ont un mois pour peaufiner leur message et leur image.

Par David REVAULT D'ALLONNES

QUOTIDIEN : Mardi 17 octobre 2006 - 06:00

Cultiver le fond sans pour autant négliger d'entretenir sa forme. Voilà les trois prétendants à l'investiture confrontés à la même équation : donner leur interprétation d'un projet commun tout en se démarquant des camarades. «C'est la main invisible de la télévision : l'espace d'un instant, tout le monde est sur le même rang», explique un député. Mais chacun, dans l'exercice, dispose de ressources propres à valoriser. De points faibles à corriger. Et d'un message à faire passer. Dans ce monde de la communication politique où tout est aussi affaire de contrats et de clients, tous nos interlocuteurs ont requis l'anonymat pour décrypter la méthode de leur «produit». Ou de la concurrence.

«Dans sa ligne». A l'approche de la première confrontation télévisée, les partisans de Laurent Fabius sont les plus bouillants. Car leur champion part de loin. «Pour l'instant, les militants ont entendu les sondages, pas les candidats. L'idée majeure, c'est sortir de l'apesanteur», glisse un proche. Exit les funestes enquêtes d'opinion, place au talent de l'orateur. Quant à l'épure, elle ne varie pas : à gauche toute. Avec un handicap : «L'excellence qui ne sert à rien, résume un communicant. Depuis le non au référendum, il creuse son sillon avec un talent certain, mais qui n'a aucun effet. Encéphalogramme plat. Il est obligé de courir dans sa ligne dans l'espoir que ses adversaires trébuchent.» Cette ligne de gauche, son atout maître, serait d'ailleurs devenue son principal problème, selon un communicant : «la proximité avec la cible qu'il vise», en l'occurrence les classes populaires. Voilà donc l'effort majeur à fournir : «Modifier le rapport à sa personne, tordre le cou à l'idée que c'est un homme qui ne dit pas ce qu'il pense. Et montrer que l'insincérité n'est pas là l'on croit...»

«Dans les clous». La perspective de Ségolène Royal est tout autre. L'élue des sondages a construit son image en s'affranchissant du dogme socialiste et en façonnant ses positions sur celles de l'opinion. Elle devrait désormais «en faire un peu plus dans la référence au projet, au parti, aux militants», estime un communicant politique. Nulle trace, d'ailleurs, dans sa profession de foi, de la carte scolaire ou des centres pour jeunes délinquants. La députée doit amorcer un virage. «Sa force, c'est d'être une femme, de briser les tabous, ne pas parler comme les autres, résume un consultant. Mais ce n'est pas la même chose que de revendiquer une légitimité sur la base d'arguments rationnels, construits et dans la tradition du PS.» Cette retouche, pourtant, présente un risque : «Sa synthèse, qui permet d'agglomérer des gens qui n'ont rien à voir, même au PS, est très fragile, analyse un communicant. En s'exprimant sur le contenu, elle risque de se fâcher avec une partie des gens dont elle fait la synthèse...»

«Séduction». Rien de tel chez Dominique Strauss-Kahn, qui, sur sa ligne sociale-démocrate, persiste et signe. «Aucune raison de changer notre communication, glisse un conseiller. On ne bougera pas.» A priori, l'ex-patron de Bercy ­ pour qui «la mère de toutes les batailles est économique et sociale», selon un autre proche ­ sera ce soir sur son terrain. Mais aussi parce que DSK, sur petit écran, passe bien. Trop bien ? «DSK utilise la télé comme outil de séduction, il surjoue souvent ses interventions, estime un communicant. Il est moins moderne que Ségolène Royal, qui, avec sa posture en retrait,évite les effets de manche.» Au-delà, se pose la question du désir : «Strauss-Kahn est sympathique et très brillant, mais les gens n'y croient pas, diagnostique un professionnel. A-t-il vraiment envie ? C'est comme au tennis, quand celui qui en veut le plus l'emporte au final sur le plus fort.»


http://www.liberation.fr/actualite/politiques/211097.FR.php

© Libération

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Pour Royal, la confiance règne

Parti Socialiste. Baromètre «Libération»-LH2. La présidente de Poitou-Charentes reste la plus crédible des trois.

Pour Royal, la confiance règne

Par Renaud DELY

QUOTIDIEN : Mardi 17 octobre 2006 - 06:00

Ségolène Royal, la candidate qui ne s'use pas, même quand on s'en sert. Fini le temps des poses énigmatiques et des sourires sur papier glacé, la présidente de la région Poitou-Charentes s'est retrouvée depuis plusieurs semaines plongée, parfois malgré elle, au coeur du chahut socialiste pour décrocher l'investiture élyséenne. Et qu'il pleuve des salves de critiques de la part de ses adversaires, ou qu'il vente des inquiétudes jusque dans les rangs de ses partisans, le constat est immuable : la députée des Deux-Sèvres, impériale, continue de régner sur les sondages, loin devant Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. Au matin du premier des six débats qui doit l'opposer à ses deux concurrents, et à un mois tout juste du vote des militants, elle dispose d'une avance impressionnante qu'illustrent les résultats de l'Observatoire de l'opinion Libération - LH2 (1).

Désespérant. Pourtant, cette enquête a été effectuée au sortir d'une semaine délicate pour Ségolène Royal : elle a d'abord été incapable de donner son opinion sur l'éventuelle adhésion de la Turquie à l'Union européenne avant de rechigner à participer aux débats internes, de peur d'être «ballotée» aux yeux de tous. Une fois de plus, ces faux pas ne semblent pas lui causer de tort dans l'opinion. Du moins pas encore.

Intouchable, Ségolène Royal le demeure sur son terrain de prédilection : les enjeux touchant à la vie quotidienne. Elle est ainsi jugée, de loin, la plus crédible pour «lutter contre les inégalités sociales» (49 % contre 18 % pour DSK et 12 % pour Fabius), «réduire l'insécurité des biens et des personnes» , «lutter contre le chômage», et même «accroître le pouvoir d'achat» (36 %), DSK recueillant 24 % tandis que Fabius, malgré ses efforts pour se repeindre en «candidat du pouvoir d'achat», doit se contenter d'un désespérant 16 %. Donnée gagnante dans la plupart des sondages d'intentions de vote pour la présidentielle, Ségolène Royal est, comme attendu, considérée comme la «meilleure candidate pour battre la droite».

Inaltérable. Plus étonnant, ses hésitations et ses silences sur certains grands enjeux, notamment internationaux, ne l'empêchent pas d'être jugée comme la «meilleure présidente de la République» et même comme la «meilleure pour débattre à la télévision avec Nicolas Sarkozy». Sur ce dernier point, DSK jouit d'une crédibilité certaine et réduit l'écart (34 % contre 38 %).

De même, ancien locataire de Bercy au temps béni d'une croissance florissante et d'une baisse rapide du chômage, DSK talonne Royal pour «dynamiser la croissance». Quel que soit le sujet, Fabius semble, lui, hors course. Mais Royal trouvera sans doute encore plus matière à se rassurer en observant que son avance est beaucoup plus large encore parmi les sous-échantillons de sympathisants de gauche et de sympathisants socialistes. Si les adhérents du PS, qui seuls voteront le 16 novembre, ressemblent à leurs cousins électeurs socialistes, Ségolène Royal peut dormir tranquille. Inaltérable sous le feu de la critique adverse, elle n'a peut-être, finalement, plus qu'une seule véritable adversaire à dompter sur le chemin conduisant à l'investiture: elle-même.

(1) Réalisé les 13 et 14 octobre auprès d'un échantillon représentatif de 1 003 personnes (dont 462 sympathisants de gauche, parmi lesquels 245 sympathisants socialistes).


http://www.liberation.fr/actualite/politiques/211098.FR.php

© Libération

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16 octobre 2006

Ségolène Royal devance toujours Nicolas Sarkozy

SEGOROSESelon un sondage TNS-Sofres, la candidate socialiste l'emporterait dans tous les cas de figure au second tour.

La candidate à la candidature socialiste Ségolène Royal remporterait l'élection présidentielle de 2007 au deuxième tour, qu'elle soit opposée à Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin ou Michèle Alliot-Marie, selon un sondage TNS Sofres à paraître lundi 16 octobre dans le Figaro.
Devancée au premier tour par le seul Nicolas Sarkozy, avec 34% des intentions de vote contre 36% au président de l'UMP, Ségolène Royal recueillerait en revanche au deuxième tour 51% des voix, contre 49% à Nicolas Sarkozy.
Contre Dominique de Villepin, la candidate socialiste enregistre un score de 60 contre 40 et son affrontement éventuel à Michèle Alliot-Marie la ferait gagner avec 63% des voix contre 37%.
Au premier tour, Ségolène Royal obtiendrait 39% des voix contre Dominique de Villepin (18%) et 40% contre Michèle Alliot-Marie (17%).

Le Pen à 11%

Dans l'hypothèse d'une candidature unique de Nicolas Sarkozy, Jean-Marie Le Pen fait un score de 11%, François Bayrou de 7%. Olivier Besancenot est à 4%, Arlette Laguiller à 3%, Marie-George Buffet à 2%, comme Philippe de Villiers, et Dominique Voynet à 1%.
Sur les questions concernant ce premier tour, 20% des personnes interrogées ne se prononcent pas.
En cas de double candidature Sarkozy-Villepin, la candidate socialiste recueillerait 33% des suffrages, le président de l'UMP 30% et le Premier ministre 5%. Dans l'hypothèse Sarkozy-Alliot-Marie, elle obtient 34% des voix, contre 31% au président de l'UMP et 5% au ministre de la Défense.

- Sondage réalisé par téléphone les 12 et 13 octobre auprès d'un échantillon national de 1000 personnes, représentatif de l'ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas par région et catégorie d'agglomération).

© Le Nouvel Observateur

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14 octobre 2006

A la Réunion, la droite pour cible

A 10 000 km de Paris, Royal a esquivé la polémique socialiste.

Par Laurent DECLOITRE

QUOTIDIEN : Samedi 14 octobre 2006 - 06:00

Saint-Joseph (la Réunion) envoyé spécial

A 10 000 km de Paris, dans le «Sud sauvage» de la Réunion, Ségolène Royal préfère esquiver la polémique avec ses «amis» socialistes restés à Paris. Alors que les proches de Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, candidats eux aussi à l'investiture, veulent croire qu'elle est fébrile ( Libération de vendredi), l'entourage de la députée se dit «blindé». Pas question de répondre à ses détracteurs. C'est donc la droite qu'elle met dans son viseur.

Nicolas Sarkozy, tout d'abord, et ses propositions de la veille sur la République : «C'est incroyable : il donne l'impression de s'apprêter à reconquérir le pays. Mais il est déjà à la manoeuvre ! S'il a des idées, qu'il les applique ! Ne rien faire du pouvoir dont on est dépositaire, c'est une forme de trahison.»

Dominique de Villepin, ensuite, et ses 120 millions d'euros promis pour relancer le logement social outre-mer : «Les gens ne croient plus aux vastes plans, ils croient aux actions sur le terrain. Or que constatent-ils ? Les écarts se creusent entre le manque de logement social et la spéculation foncière. J'attends du gouvernement qu'il fasse respecter la loi sur la solidarité urbaine.» Jacques Chirac, enfin, qu'elle «interpelle solennellement» sur l'épidémie de chikungunya, l'an dernier. Aujourd'hui, celle-ci est en sommeil. Mais, rappelle Royal, «le temps est compté avant le retour de l'été austral, dans un mois. Jacques Chirac doit taper du poing sur la table, c'est à lui de réagir pour que le gouvernement prenne des mesures. Le gouvernement ne pourra pas dire deux fois qu'il n'était pas au courant.»

De quoi ravir les 2 000 personnes qui ont assisté à son meeting, hier soir au son du maloya, à Saint-Joseph, seule commune socialiste du département. «Moin lé fier d'être avec zot ce soir !» (1), lance-t-elle d'abord. Et de revenir sur son thème fétiche, «l'écoute du peuple», qu'elle privilégie «malgré les quolibets» de ses adversaires de droite ou de gauche. «Je tiendrai bon, c'est ma façon de lutter contre la crise démocratique et morale. Les Français sont les meilleurs experts de ce qu'ils vivent, j'ai confiance en eux.» Elle termine la soirée sur un : «Mes amis, allons bouge ensamb.» Sûr que l'accueil de ses camarades de métropole sera moins chaleureux...

(1) «Je suis fière d'être avec vous ce soir !»


http://www.liberation.fr/actualite/politiques/210629.FR.php

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«Nul besoin de caricaturer Ségolène Royal à ce point»

Par David REVAULT D'ALLONNES

QUOTIDIEN : Samedi 14 octobre 2006 - 06:00

L

es partisans de Ségolène Royal haussent le ton. Proche de la candidate, Julien Dray, porte-parole du Parti socialiste et député de l'Essonne, réplique à l'intensification de l'offensive de ses concurrents.

Ségolène Royal se «réserve le droit» de ne pas participer aux débats. Fuirait-elle la confrontation ?

Ségolène Royal est une femme libre. Si certains veulent la faire passer sous la toise, ils en seront pour leurs frais. Le débat doit servir à éclairer les militants, non à multiplier les crocs-en-jambe, les vacheries et les comparaisons totalement déplacées. Quand Ségolène Royal dit : «Le contrat social est un élément constitutif de la Nation», on n'a pas besoin de lui faire un cours sur l'internationalisme, voire de laisser entendre qu'elle est socialiste-nationale. Nul besoin de la caricaturer à ce point. Je rappelle que, après le débat entre socialistes, il y aura une confrontation avec la droite. Et c'est la seule valable.

Sur l'insécurité, Laurent Fabius a appelé le PS à ne pas «courir» après Nicolas Sarkozy...

On peut penser que parler d'insécurité, c'est aller sur le terrain de la droite. Mais pas besoin de sous-entendus blessants pour l'affirmer ! Imaginez que ceux qui ne partagent pas les conceptions de Laurent Fabius lui rétorquent qu'il court après Arlette Laguiller... Dire qu'il y a des ghettos, que la tâche prioritaire des socialistes est de défendre les plus pauvres, premières victimes d'une violence de plus en plus dure, tenter de trouver des solutions alternatives à l'enfermement des mineurs, envisager deux enseignants dans les classes les plus défavorisées, cela n'a rien à voir avec le discours de Nicolas Sarkozy. Ségolène est populaire parce que, depuis longtemps, aucun dirigeant socialiste n'avait parlé sincèrement et honnêtement des problèmes quotidiens vécus par ces populations, les plus touchées par le système libéral.

Beaucoup ont trouvé un peu courte sa position sur l'adhésion de la Turquie, qui serait «celle du peuple français» ...

J'ai écouté l'ensemble de ses propos, non une phrase sortie de son contexte. Ségolène Royal a expliqué que le processus était ouvert, et qu'il faudrait beaucoup de pédagogie pour convaincre nos concitoyens. Qui est contre cette position ? Quand au fait de critiquer qu'un dirigeant socialiste s'en remette à la volonté populaire, les bras m'en tombent ! A moins d'avoir peur du vote de nos concitoyens. Mais j'avais justement compris, au soir du 29 mai, qu'il nous fallait désormais plus et mieux écouter...

Pourquoi Ségolène Royal n'a-t-elle pas, jusqu'ici, répliqué aux attaques ?

Il n'y a qu'un seul adversaire pour des gens de gauche : la droite. Revenir sur les dégâts de cette dernière vaut mieux que mille batailles internes où l'on cherche à vérifier la pureté des uns et des autres. Quand autant de nouveaux adhérents rejoignent le parti, ne leur donnons pas envie de repartir ! Je n'ai d'ailleurs pas aimé cette suspicion à l'égard de ces derniers, comme s'il fallait leur faire passer un examen «en robe de bure».

Les négociations autour des débats furent rocambolesques...

Plutôt précises et détaillées. Et c'est normal : il vaut mieux des règles fixées dans les moindres détails plutôt que de constater après coup les dégâts d'un débat qui aurait tourné au combat de catch.

Soutenue par nombre de hauts dirigeants du PS et de premiers secrétaires fédéraux, Ségolène Royal, qui s'est montrée la plus libre quant aux dogmes socialistes, est-elle finalement la femme de l'appareil ?

Le soi-disant «appareil» ne pèse pas : ce n'est pas parce que tel ou tel député prendra position que la «base» suivra comme des moutons. Penser l'inverse serait bien méprisant à l'égard des militants.


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